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Fakear : « Si j’étais une maladie, je serais le syndrome d’asperger ou un truc un peu autiste »

   Est-il encore nécessaire de présenter Fakear ? Après nous avoir offert une mise en bouche des plus appréciables avec « Asakusa », son dernier EP, le jeune caennais était, samedi 1 er août, le premier artiste électro jamais programmé au festival du Bout du Monde. Nous l’avons rencontré, en plein burn out annuel, épuisé mais impatient de partager sa musique avec le public breton. L’occasion pour nous de confronter Théo aka Fakear à un portrait chinois remasterisé. Continuer la lecture de Fakear : « Si j’étais une maladie, je serais le syndrome d’asperger ou un truc un peu autiste »

L’Entrevue de Manuele Fior : de l’amour au clair obscur

ENTREVUE-PREFLASH

 Dernière bande dessinée de l’italien Manuele Fior − illustrateur, dessinateur et architecte − paru chez Futuropolis en avril dernier, L‘Entrevue suit des chemins et des traits plus sombres que ses précédents albums comme Cinq mille kilomètres par seconde ou encore Mademoiselle Elise. Italien devenu Parisien, Manuele Fior nous immerge dans un nouvel univers qui entre-mêle romantisme, érotisme et beauté ténébreuse.

Le synopsis:

  En Italie, dans un futur proche. Parce qu’il pense avoir aperçu un vaisseau spatial dans le ciel, Raniero, un psychologue âgé d’une cinquantaine d’années, est victime d’un accident de la route. En instance de divorce, la voiture cassée, son cou maintenu par une minerve, il reprend le travail et fait la connaissance d’une nouvelle patiente, Dora, qui prétend avoir vu également le vaisseau spatial, et pouvoir communiquer par télépathie. 

L’Entrevue, c’est l’histoire même du clair obscur, animée par la présence fantasmagorique d’un vaisseau spatial. C’est aussi le récit d’une double rencontre entre un psychologue, Raniero − un quadra à la moustache brune − et ces triangles lumineux qu’il découvre en pleine nuit. Puis c’est sa rencontre avec une jeune patiente du nom de Dora.

L'entrevue - Manuele Fior

A la première case, notre œil suit la ligne ferroviaire qui nous mène vers cette ville fortement lumineuse, contrastant avec l’énigmatique et imposant chaîne de montagne noire. Ces paysages jouent un rôle majeur. Ils imposent un silence, un temps à la réflexion et à l’observation. Quand les pages ne se noircissent plus, la beauté du clair obscur laisse place à la découverte de cette ville tantôt futuriste et moderne avec l’apparition de bâtiments aux inspirations 70’s, plongeant dans le monde de Star Trek, légèrement galbés et épurés, puis droits et ciselés (une occasion pour Manuele Fior de laisser place à son talent d’architecte). Alors que l’autre monde, parallèle et pourtant attaché au premier, marque l’apparition pérenne des campaniles, des monuments religieux soutenus par la présence de la Vierge Marie ou des ponts en arche moderne. Ce contraste n’est pas qu’architectural, il fait écho à la relation les deux protagonistes Raniero et Dora. Ces deux êtres que l’âge oppose se construisent une amitié qui tend à l’attirance et à la sexualité baignées dans le noir mystique. Dora, qui prétend avoir vu ces triangles incandescents et fantomatiques, qui se dit en connexion avec ces apparitions et télépathe semble attirée par son psychologue imposé par ses parents pour cause d’hallucination. Raniero se prend d’affection en gardant sa moue renfrognée. Une attirance qui va le confronter avec ses propres désirs, sur la réflexion de sa situation maritale et surtout le mettra face à cette nouvelle génération qui redéfinit le mot amour. Sa jeune patiente fait partie de la « Nouvelle Convention », convention qui abolit la dépendance amoureuse, laisse place à l’amour libre. Tandis que Raniero est enraciné dans la bourgeoisie des sentiments, par la vision de notre propre époque que le psychologue représente.

L'Entrevue - Manuele Fior

Bien qu’il s’agisse de science-fiction, « L’Entrevue est un récit (…) qui n’explore pas les étoiles mais le délicat et fragile univers intérieur des relations, des sentiments et des affections de chacun de nous« . Ce récit est aussi l’occasion de découvrir la collaboration avec Anne-Lise Vernejoul pour ses effets spéciaux. Difficile de ne pas succomber par la magie de cette bataille entre les deux couleurs aux antipodes l’un de l’autre. Les scènes plongées dans le noir sont empreintes de mystère, parfois d’érotisme. Il arrive parfois de se sentir frustré, de n’avoir le temps de respirer, d’observer au lieu de passer case par case, de sentir les traits de Manuele Fior nous charmer. L’envie de commettre une seconde lecture est insoutenable, presque obligatoire pour comprendre ce qui n’a pas été vu, pour admirer chaque détail et détendre son œil brûlant.

Dora nous observe la tête basse, alors laissons-la nous narrer son histoire, et celle de son psychologue Raniero.

Juveniles : « On verrait bien Augustin des Concrete Knives dans notre groupe »

L’Echonova, sept heures moins dix. J’arrive (un peu) à la bourre pour l’interview prévue avec le groupe. Maité, la gentille chargée de communication m’annonce qu’ils sont en retard eux aussi et pour cause: ils sont en pleine balances (séance de répétition). 20 minutes après c’est terminé, on m’annonce qu’on doit faire vite parce qu’après il y a le repas et tout ça. Thibaut le batteur se pointe, la bise, Jean-Sylvain le chanteur après lui, la bise aussi. Ce sont des mecs bien sympathiques, confirmé par la  réputation qui les précède et ce fut une interview  frappante de complicité entre les deux membres du groupe. Juveniles, ça va durer croyez-moi.

EC: Tout le monde vous décrit comme des mecs sympathiques en toute circonstance. Vous avez une recette ?

T: Je pense qu’on est tout simplement…nous-mêmes.

JS: Je voulais répondre un truc horrible comme ça. (Rires) C’est gentil qu’on pense ça de nous. Je pense qu’on est comme ça à la base, on n’est pas vraiment des connards, et puis même, on est bien entouré. Il y a des gens qui nous ont toujours dit d’être gentils et de garder le sourire avec les gens qui t’accueillent. On est vraiment fatigué à force, mais on essaye de toujours prendre sur nous et faire un effort.

Du coup vous pensez que c’est important de garder les pieds sur terre ?

JS: Après tu vois tout est question d’échelle, il y a des artistes qui sont plus petits que nous, à un stade où on était, et d’autres qui sont plus grands que nous. Quoi qu’il arrive, faut jamais s’enflammer, c’est une connerie d’envoyer chier tout le monde et d’arriver comme une grosse star. Enfin même à la base si t’es une grosse star, les gens se rappelleront toujours d’une personne qui était sympa avec eux qu’un connard qui s’enferme dans les loges et qui râle parce qu’il avait pas la bouteille qu’il voulait avec lui.

T: Tu deviens pas une star ou un artiste sans les autres non plus. Donc nous ouais, on est des mecs simples, on traine avec nos potes à Rennes dans les bars et puis voilà.

Si vous deviez intégrer un nouveau membre dans votre groupe, qui serait-ce ?

JS: Ce serait Augustin Hauville… (Rires) Non en fait concrètement on a déjà intégré Ousseynou qui est le quatrième musicien qui est arrivé il y a pas longtemps depuis le début de notre tournée. Et comme on est assez fan des live, on pense peut-être intégrer des nouveaux musiciens. Notamment Augustin [bassiste] des Concrete Knives [et ex The Lanskies].

Très sérieusement ?

JS: Ah non mais oui vraiment, je l’ai vu hier soir et il sait ce que je pense !

Il serait donc sur plusieurs projets ?

JS: Il a toujours été sur deux projets en même temps. Il a beaucoup de talent, si jamais il est pas occupé sur Concrete Knives ce serait un plaisir de l’avoir avec nous. Maintenant… s’il est pas dispo on prend les deux congueros d’Arcade Fire quand leur tournée sera terminée ?

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« On est de la génération du Roi Lion »

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Revenons à vos débuts. Il y a 15 personnes dans la salle, aujourd’hui avec le recul, comment réagiriez-vous ?

T: Déjà au début de cette tournée on a été en Écosse et on a eu qu’une dizaine de personnes, avec une première partie. Il y a pas si longtemps on a pas eu grand monde, je pense à l’Open Mirabeau [Paris] et après tu kiffes ce que tu fais, on s’amuse bien ensemble et puis même si t’as que 5 personnes, t’as envie de faire ton concert pour ceux qui ont payé…

JS: T’achète des congas, voilà. Non mais quand tu arrives au point d’être blasé, faut arrêter je pense.

Vous avez déjà songé à arrêter ?

T: Ben moi justement j’en profite pour… (Rires)

Si je vous dit pop française, vous faites rimer la fin avec quoi ?

JS: Aline !

T: Il y a nos copains les Superets dont on a écouté leur nouvel EP.

JS: O Safari… En fait tout Rennes.

Décrivez votre public breton sans utiliser les mots galettes-saucisses-bières.

JS: On a adoré les Vieilles Charrues cette année !

Vous êtes les Juveniles, alors on ne peut pas s’empêcher de poser la question jeunette. Parmi les dessins animés, vous êtes plutôt la bande des Aristochats unie qui aime s’éclater partout et n’importe comment ou Peter Pan qui refuse de grandir ?

T: Clairement les chats. Toute la phase de jazz des Aristochats, c’est trop bien.

JS: Plutôt Les Aristochats ouais, Le Livre de la Jungle, et Robin des Bois, les classiques. Je crois que ce sont les 3 qui sont sorti en même temps et ce sont les meilleurs. C’est autre chose que Tara et le Chaudron Magique. Nous on est de la génération du Roi Lion !

T: Dernièrement j’ai vu Rebelle, le 3D là, l’histoire est vide, elle est nulle. Dans l’histoire il y a rien, rien !

JS: Attends, je me suis fait le film Raiponce, c’est naze aussi. Monstres & Co, là on parle.

T: Moi Moche et Méchant le deuxième, est bien là aussi.

2014 égal à ?

JS: A un deuxième album, je pense. On est déjà rentré en studio. On a commencé à travailler un peu.

Quelle chanson vous préférez interpréter en live ?

JS: Elle n’est pas sur l’album mais c’est celle avec Yuksek qui s’appelle Truth.

Allez, un petit mot pour la fin, une passion secrète à nous révéler ?

T: On va te trouver un truc ! (Rires)

JS: J’ai toujours aimé les consoles vidéo depuis tout petit.

T: On a vu aussi le match de foot avec la France contre l’Ukraine l’autre jour, on était bien à donf. On aime vraiment bien le foot, ouais.

JS: Et sinon on aime bien la faire la fête. En plus chez nous à Rennes ça regorge vraiment pas mal de soirées électro et on y va tout le temps.

T: En fait, quand on est pas chez nous on fait la fête et quand on est chez nous, on fait la fête.

Merci au groupe pour le moment, pour leur folie ambiante, et merci à l’homme-machine pour la setlist.

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