Archives par mot-clé : Londres

Ghost Culture, le renouveau de la techno analogique

Ghost Culture affine depuis 2013 une techno analogique contemporaine.

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Groupe à suivre : Empathy Test, les anglais branchés de Londres

Découverts sur Twitter, espace où ils mènent une campagne de promotion assidue, on a trébuché et on s’est acclamé devant le son de deux meilleurs amis londoniens qui jouent sous le pseudonyme d’Empathy Test. Détail.

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Benjamin Clementine, un premier album dévorant

Lundi 12 janvier, la France l’ignore mais cette journée sera poétique. En ces jours maussades et tristes, un jeune Londonien viendra émerveiller ce début de semaine avec son premier album At Least For NowSon nom, vous le connaissez peut-être déjà, sa voix se murmure au son de Condolence ou Nemesis. Après ses derniers extended play Glorious You et CornerstoneBenjamin Clementine nous livre, avec la maison de disques Barclay, une œuvre sans pareil. Continuer la lecture de Benjamin Clementine, un premier album dévorant

The Kooks – Listen : la mort de l’indie

the_kooks_listen-portadaThe Kooks sortait son 4ème album Listen le 1er Septembre. Entre nouvelle époque, mort de l’indie et renaissance soul, voici notre review

 

Il fut une époque, celle de nos 15 ans, où nos goûts musicaux étaient une terre nouvelle où se battaient anciens et modernes ; c’était l’époque des grandes découvertes, c’était l’époque de The Kooks. Persuadés que nous avions enfin de bonnes références musicales, nous tombions amoureux de ce groupe indie mené par un Luke Pritchard tout en cheveux déraisonnables et en accent cockney. The Kooks avait l’air gentil et papa comme maman approuvaient notre nouveau flirt musical. Le groupe a tenu trois albums sur ce chemin évident de l’indie propre, et à vrai dire on en attendait pas plus, tant il est difficile pour un groupe anglais des années 2000 de passer dans le monde merveilleux de 2014. Luke et ses copains, c’était un jambon-purée un lendemain de cuite, un truc doux et bon qui fait du bien.

Mais The Kooks a eu une révélation, et dans un élan vital admirable, a décrété la fin de The Kooks pour créer un nouveau groupe : The Kooks 2.0. Ainsi, leur nouvel album Listen entre dans le monde de la pop dansante, les guitares et les rythmes sont funky et il y a toujours quelqu’un pour taper des mains sur leurs nouveaux morceaux : le groupe est entré dans une nouvelle décennie, certes un peu tard, mais peut être était-il encore temps.

Sur Around Town, le second single de Listen, la batterie comme la guitare se met au service d’une soul volontaire et bien exécutée, mais ce que l’on remarque surtout, c’est la constance du chant de Pritchard. Finalement, si tout a changé, la voix du chanteur et ses intonations sont les mêmes que sur les trois précédents albums, et nous sommes obligés de nous poser la question : n’a t’il pas toujours voulu réaliser précisément cet album? S’il nous est permis de douter de ce changement brutal, de cette orientation au timing étrange et quelque peu dérangeant, reste qu’un morceau tel que Around Town est efficace et entêtant, taillé comme un tube qui ne laisse pas insensible et qui ne s’oublie pas si facilement. On alterne donc entre approbation et  perplexité, les chants féminins quasi gospel et les basses groovy comme sur Forgive & Forget étant de bons exemples de changement, et bien que nous n’ayons plus 15 ans, il n’est pas certain que les fans du groupe soient capables d’accepter la fin de leur flirt de jeunesse. Soyons clair, pour apprécier Listen, il faut de la résilience, il faut admettre que dorénavant on entendra Pritchard chanter « Down down diggy » ou encore « doo doo doo doo doo » comme sur le single Down, qu’il y aura des nappes de synthés, du groove, des boucles r’n’b et des riffs disco dans leurs morceaux (Westside, Bad Habit). Plus encore, The Kooks aborde maintenant des sujets sérieux à l’image du morceau It Was London, qui traite des émeutes londoniennes. Un flirt musical, un groupe léger et sympa peut il toucher aux questions de société? Peut il transmuter complètement sans s’abandonner? Et quand bien même, quel en est l’intérêt?

The Kooks n’est plus notre béguin adolescent, et si Listen reste un album réussi et osé, il n’est pas certain que nous fassions le deuil si facilement. S’il fallait un jugement, une sentence, The Kooks est mort, un autre l’a remplacé, et tout aussi bon qu’il soit, il n’effacera pas la nostalgie de nos jeunes années musicales. Voilà ce qu’est la pop, elle est parfois éphémère, condamnée à n’être plus qu’un souvenir. The Kooks est mort. Vive The Kooks.

Lucy Mason, la neige en Australie

Lucy Mason avec White As SnowDe vacances en France jusqu’en Italie, nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions à la belle chanteuse Lucy Mason venue d’Australie et établie à Londres. Après quelques covers comme High Hopes de Kodaline et In The Air Tonight de Phil Collins, Lucy Mason nous présente son premier single du nom de White As Snow.

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Roo Panes : « J’aime l’idée qu’il n’y a aucune règle et que tu peux écrire une chanson sur quoi que ce soit, sur n’importe quoi »

Le 12 Juin, j’ai eu le privilège d’interviewer Roo Panes avant son concert à LondresRoo Panes de son vrai nom Andrew Panes ce n’est pas seulement un chanteur qui a une belle voix, c’est bien plus que ça. Il prend toujours soin de dévoiler des messages importants et de partager sa philosophie avec ses auditeurs. Hier vous avez pu découvrir la première partie de l’interview réalisé. Je partage donc avec vous la deuxième partie de cet entretien, qui est consacrée surtout à son futur album, à la réalisation de son dernier clip et à la tournée.

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Roo Panes : « Je voulais rappeler aux gens qu’il y a cette beauté dans le monde »

Le 12 juin, j’ai eu le privilège d’interviewer Roo Panes avant son concert à Londres. Roo Panes de son vrai nom Andrew Panes ce n’est pas seulement un chanteur qui a une belle voix, c’est bien plus que ça. Dès la première écoute, on le sent très inspiré par la nature mais surtout très investi dans sa musique. C’est un artiste qui parle avec son coeur et qui nous délivre son âme.

En tant que bonne mélomane et amatrice de ses trois EP, j’étais heureuse de pouvoir l’interroger sur sa musique. Je partage donc avec vous la première partie de cet entretien très intéressant empli d’une philosophie de vie enrichissante avec un artiste vraiment très sympathique et très disponible que j’ai pris plaisir à écouter parler. 

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La folk de Roo Panes se pose à Londres

Le 12 Juin dernier avait lieu à Londres, plus précisément au Ace Hotel, le concert du britannique Roo Panes. Autant vous dire que je ne pouvais pas louper cette occasion. Je vous avais déjà parlé il y a quelques mois de mon coup de cœur pour cet artiste de folk talentueux aux mélodies poétiques envoûtantes, respirant un amour profond pour la nature.

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So Long, See You Tomorrow : le retour clinquant des princes de Bombay Bicycle Club

Bombay Bicycle Club, aujourd’hui nom référent de la scène indie rock anglaise, a su se constituer son public français au fil de ses dernières années. Et pour cause, difficile de rester indifférent à la voix si singulière de Jack Steadman. En trois albums, le groupe londonien nous raconte mille et une histoires, toujours avec poésie et sincérité. Autant dire que pour le quatrième, le défi était bien là.

L’album annoncé pour début février se fait attendre et laisse échapper quelques bribes de son univers dès la fin de l’année 2013. Le groupe nous tease avec les très mélodieux Carry Me, Luna et un peu plus tard, It’s Alright Now. Il n’y a plus aucun doute, le groupe est de retour avec de nouveaux sons et de nouvelles directions, tout ça illustré par un sublime artwork, très catchy et différent des visuels des précédents albums.

So Long, See You Tomorrow, c’est l’histoire de ruptures orageuses, de longs adieux sur un quai de gare, de retrouvailles poignantes. C’est Overdone qui donne le départ, avec des voix en demi-teintes mais un riff entêtant. Je suis là, absorbée et inspirée, déjà sûre d’en faire mon morceau préférée. Les morceaux s’enchaînent et jouent aux montagnes russes, du très touchant mariage des voix sur Home By Now aux touches orientales de Feel. Mon coup de cœur revient à Eyes Off You, ce piano-voix surréaliste dont la dernière note nous fait retenir notre souffle.

Une ligne de basse qui prend aux tripes, des textes plein d’images et la boucle est bouclée. Le voyage est intense et vertigineux, et pourtant nous invite à revenir très vite. Si le public français reçoit cet album avec pudeur et réserve, nos amis d’Outre-Manche, eux, sont toujours enthousiastes et passionnés, et je me place certainement de ce côté.

Bombay Bicycle Club – So Long, See You Tomorrow

Sous le label Island. Sorti le 03 février 2014

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Breton – War Room Stories

 (C) Believe Recordings

Breton avait son chez soi, son squat londonien, Breton avait son lab, cet endroit secret et personnel depuis lequel les musiciens étaient à l’abri, là où ils avaient construit Other People’s Problems. Le Lab a été détruit, Breton se devait de reconstruire. Pour leur second album, War Room Stories, le collectif a déménagé en Allemagne, à Funkhaus, au milieu de nulle part, dans le ciment brut, loin de la lumière, seul ; à vide.

Breton livre donc un album sorti du laid, de la dureté, comme un produit post-apocalyptique. On est là face à un disque à l’apparence industrielle, souvent chaotique, toujours expérimental et pourtant, incroyablement structuré. D’Envy à Fifteen Minutes, il y a continuité, c’est un album construit, emprunt d’une éblouissante alchimie. Les cinq musiciens m’inspirent dans ces nouveaux morceaux un paradoxe formidable, parce qu’ils n’ont rien perdu de la rage, la rage urbaine, méchante et criarde que balancent les cordes, les nappes de synthés superposées, la voix râleuse de Roman Rappak. Pourtant c’est un disque fashionable, au potentiel tubesque incroyable, sublime, à la Foals.

Faire de la musique c’est être barge, fou à lier, savoir tout perdre et considérer que c’est une victoire, toujours. Sur son premier morceau, Envy, Breton affirme son existence, son pouvoir, son contrôle, capable d’envoyer un tube funky, dansant, comme un hymne festif et entêtant. Maitriser le chaos, c’est savoir utiliser couplet/refrain, slogans abruptes, sans laisser tomber ce râle, cette plainte du chant, cette identité nécessaire.

Breton puise dans les bruits ambiants, plonge dans les sonorités psychés, synthétisées et lunaires. War Room Stories prend les codes électro, le distorter effect, les samples housy et part en guerre, vers le rock, dans le rock dur, qui fait mal, qui blesse, à l’image de S4, morceau cyclique, répétitif, torturé. Il s’agit je crois pour le collectif d’une aventure, de la mobilisation de cinq barges en transe qui superposent nappes sur nappes, capables de livrer une ballade house comme Legs & Arms. On parle évidemment de surréalisme, influence à l’origine de leur nom. Surréaliste parce qu’ils sont partis, ailleurs, qu’ils abordent la pop comme une jolie fille dans la rue, qu’ils bouleversent les cordes et le piano. War Room Stories, c’est comme plonger dans une dépression et sortir vainqueur, être devenu le lauréat, parce que Breton s’énerve, se frappe, possède son bordel musical entre colère et repos, rage et pacifisme, à l’image de National Grid. Le collectif prouve qu’il est capable de faire un tube, de contrôler, du funk de Search Party au lyrisme trip-hop de Brothers.

A l’écoute de l’album, je décolle, seule, un peu perdue dans une cave où les notions d’espoir et de désespoir ont disparu, avec la sensation d’avoir compris quelque chose que je ne sais pourtant pas. Breton réussi donc sa mélancolie bilieuse, puissance électronique d’un collectif qui se fout du résultat de la guerre qu’ils annoncent.

Sortie prévue le 3 février, d’ores et déjà en écoute sur Spotify.