Archives par mot-clé : la vie d’Adèle

BANG GANG, une histoire d’amour moderne : le teen movie libertin

Certains doivent se dire : encore un film érotico-romantique sur la jeunesse dépravée, aux antipodes de la réalité. Bang Gang se situe en effet dans cette lignée de films qui inaugurent un changement dans le traitement des relations amoureuses au cinéma. Devenues bien plus érotiques voir provocatrices, ces jeunes romances deviennent presque symptomatiques de notre époque. Incarnée par Larry Clark et sublimée par Gaspard Noé dans Love ou Abdelatif Kéchiche dans La vie d’Adèle, Eva Husson suit cette tendance avec justesse et féminité.

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Les nominations des Césars du point de vue de Louise

CINÉMA – Beaucoup d’entre vous l’ont peut-être déjà noté en gros sur leur calendrier : les Césars de l’année 2014 (les 39e) arrivent dans près d’un mois à compter d’aujourd’hui. Les nominés ont été annoncés la semaine dernière, et même si certains films étaient très attendus, les jeux ne sont pas encore faits.

Dans le plus convenu, vous retrouverez 10 nominations pour le génialissime (toute partialité mise à part, bien-sûr) Les Garçons et Guillaume à table ! qui est en lice pour les trois gros prix les plus importants. Une statuette pour Guillaume Galienne pour la meilleure réalisation serait peut-être exagérée, mais celle du meilleur acteur serait largement méritée.

Un futur césar pour ‘Les garçons et Guillaume, à table !’ ?

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Les meilleures sorties ciné en 2013 : le classement de la rédaction

Une année de passée et nous devons déjà établir le célèbre TOP des meilleurs films de 2013. Biopic, drame, ils ont tous été bien à la hauteur cette année. La rédaction d’Efflorescence Culturelle vous propose donc plusieurs tops individuels pour vous faire votre idée sur les meilleurs films de l’année. Et vous verrez que pour certains classements, le choix a été difficile mais surtout consensuel sur les films qui se sont classés au box-office cette année.

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Louise

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N°1 : L’extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S Spivet de J.P Jeunet

Jean-Pierre Jeunet nous a offert cette année un nouveau chef d’œuvre avec ce road trip effectué par T.S, petit génie au grand cœur. Des couleurs tendres, des musiques envoûtantes, une réalisation brillante (avec une 3D pour une fois vraiment réussie) et une Helena Boham-Carter au sommet de son talent : T.S est LE film qui mettra tout le monde d’accord.

N°2 : Les Amants Passagers de Pedro Almodovar

Prenez de l’humour décalé au possible, ajoutez une palette de personnages plus loufoques les uns que les autres, sans oublier une scène mythique de karaoké et de danse dans un avion en risque de perdition, et vous obtiendrez Les Amants Passagers, la comédie la plus réussie de Pedro Almodovar et de cette année 2013.

N°3 : Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese

Ce film de Martin Scorsese retrace avec un humour déjanté et un casting de folie la vie de Jordan Belfort, un trader fou et mégalo qui a connu une ascension aussi rapide que courte dans les années 1990. Rien que pour la performance de Leonardo DiCaprio, ce film est un immanquable de l’année 2013.

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Marion

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N°1 : La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche

Une première place peu étonnante pour la Palme d’Or 2013, tant la prestation est poignante. La réalisation réaliste donne du souffle à la prestation de Léa Seydoux et d’Adèle Exarchopoulos, qui avec beaucoup d’amour ont su s’imprégner de leur rôle. Puis, malgré les rumeurs à son égard, Abdellatif Kechiche a dévoilé une vraie merveille, pleine de douceur mais aussi pleine de culot, pour faire taire tout le monde, pendant près de trois heures !

N°2 : Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann

Signé Baz Luhrmann, Gatsby mérite pour plusieurs raison sa place au sein de ce classement. D’abord, bien entendu pour son protagoniste : l’excellent Léonardo DiCaprio joue Jay Gatsby, un millionnaire, avec son habituel talent. Mais aussi, pour sa réalisation et son audace : Luhrmann parvient à rendre un visuel sublime ; le rêve américain dans l’époque moderne, avec ses fêtes fascinantes, ses  milliardaires, puis ses tragédies, ses difficultés. Enfin, Tobey Maguire et Carey Mulligan ont plus qu’une part de responsabilité dans le succès de la prestation.

N°3 : L’écume des jours de Michel Gondry

Déroutant, envoûtant, triste, poignant, mignon, adorable, doux… Le film adapté du célèbre roman surréaliste de Boris Vian colle incroyablement à l’histoire de l’auteur. Michel Gondry arrive à rendre émouvante l’histoire d’amour entre Chloé et Colin, à l’écran. Cette comédie dramatique romanesque est pourtant d’une complexité et d’une imagination débordante, mais voilà, dans les salles le public est conquis ; on a presque cru au nénuphar de Chloé, à la maison qui rapetisse et à Jean-Sol Partre. Il faut le dire, Romain Duris et Audrey Tautou frôlent la délicatesse et la perfection.

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Clémentine

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Django Unchained

N°1 : Django Unchained de Quentin Tarantino

“Le western spaghetti à la sauce Tarantino, on en mangerait pendant des jours entiers.”

N°2 : Alabama Monroe de Felix Van Groeningen

“Pas seulement l’histoire d’un couple, mais un film dramatiquement sublime et touchant qui vous noue la gorge du début à la fin.”

N°3 : Mud – Sur les rives du Mississippi de Jeff Nichols

“Un récit initiatique bouleversant et captivant porté par des acteurs éblouissants dans une Amérique sincère et sauvage.”

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Gauthier

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Django Unchained

N°1 : Django Unchained de Quentin Tarantino

En tant que grand fan de Tarantino, Django Unchained trouve évidemment sa place dans mon top 3 et même en première place. Mon amour pour Tarantino n’est pas la seule raison de ce choix. J’ai également succombé devant ce western atypique pour son ambiance très tarantinesque, pour la bande son sublime et pour les trio Jamie Foxx, Christoph Waltz  et Leonardo DiCaprio.

N°2 : Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann

Cette année était décidément l’année DiCaprio. L’acteur dans l’un des plus beaux rôles de sa carrière nous emmène dans un monde particulier et magnifique tout droit sorti des années 20. La beauté des images, l’ambiance musicale et les techniques utilisées pour filmer font de Gatsby un des grands films de 2013.

N°3 : Gravity de Alfonso Cuarón

Selon moi la place la plus discutable des trois, Gravity est là non pas pour son scénario et non pas pour les courtes apparitions de George Clooney mais plutôt pour la beauté et pour le côté « on s’en prend plein la gueule ».

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Mathieu

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N°1 : Gravity de Alfonso Cuarón

Que dire de ce film qui n’a pas déjà été dit ? Cuaron a révolutionné le 7e art, poussé dans ses derniers retranchements la technologie, l’art et les émotions du public en contredisant tous les pronostics du marché actuel hollywoodien. Gravity est d’une puissance rare, d’une maitrise totale et peut déjà être considéré comme une pierre angulaire de l’histoire du cinéma.

N°2 : Cloud Atlas de Lana Wachowski

Il n’y aurait pas eu Gravity, cette année, je vous aurais dit que ce film était à des années lumières de toutes les productions actuelles. Au lieu de développer en détail, je vous renvoie à ma critique/analyse sur mon ancien blog ici.

N°3 : Le monde de Charlie de Stephen Chbosky

J’ai beaucoup hésité sur le 3ème et puis finalement, je me suis décidé pour ce petit film sans prétention mais extrêmement réussi et touchant. Stephen Chbosky adapte son propre livre de très belle manière, avec un super casting de jeune (Lerman, Erza, Watson) et une BO s’approchant de la perfection. A la fois drôle et dramatique, le film est un parcours initiatique doublé d’une magnifique madeleine de Proust bien écrite sur la jeunesse.

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Charlotte

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Django Unchained

N°1 : Django Unchained de Quentin Tarantino

Pourquoi ? Parce que ce film est tout simplement excellent. Du Tarantino comme on l’aime : sanglant, piquant, et drôle par moments. Parce que les acteurs sont magnifiquement bien choisis : Jamie Foxx, la prestance incarnée, Christoph Waltz (qui fait partie, à mon avis, des meilleurs acteurs de sa génération) et le génial Léo qu’on ne présente plus. Parce que les personnages sont si bien incarnés, parce que la réalisation est si soignée, parce que la bande originale est si extraordinaire, que ne pas le mettre en première place serait un sacrilège.

N°2 : Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann

J’y suis allée inquiète : inquiète de ce que le célèbre Luhrmann allait peut-être faire subir à l’un des livres les plus superbes qu’il m’ait été donné de lire. Les descriptions, les personnages, l’ambiance y étaient si bien rendus que j’attendais cette nouvelle adaptation avec perplexité. Mais il m’a conquis, finalement : la fidélité au livre, les costumes, la fluidité des images, l’adaptation de la musique et les personnages si bien habités m’ont fait revoir mon jugement. Même l’insupportable Tobey Maguire alias Spidey a finalement changé l’image que j’avais de lui. Du bon travail, en somme, pour une ré-adaptation difficile à faire.

N°3 : Prisoners de Denis Villeneuve

Enfin un bon thriller ! Je commençais à désespérer. Mais l’ambiance est si bien rendue, l’histoire tant embrassée par des acteurs magistraux (Hugh Jackman en père vengeur, Jake Gyllenhaal en inspecteur violent et nerveux et Paul Dano en simple d’esprit inquiétant) que l’on se fait rapidement emporter dans la tension générale. Si l’angoisse est bien au rendez-vous, j’émets cependant une réserve quand à l’utilité de l’avalanche de scènes de torture; car n’oublions pas que la violence, c’est comme la peur : plus elle est sous-entendue, plus son impact est important et marque le public. Pas besoin donc d’asséner hématomes, brûlures et meurtrissures comme des claques.

La Vie d’Adèle : une Palme d’Or plus que méritée

Adèle est une lycéenne comme on en voit beaucoup. Habitante d’une banlieue lilloise, elle prend le bus tous les matins, fume une cigarette, discute avec ses copines, flirte avec un garçon. Mais alors qu’elle marchait tranquillement dans la rue, elle croise une chevelure. Une chevelure éclatante, bleue turquoise, remarquable. Ces cheveux colorés, c’est Emma, une étudiante aux Beaux-Arts, ouvertement lesbienne. Pour Adèle, irrésistiblement attirée par la jeune artiste, impossible d’oublier cette rencontre, qui va changer sa vie…

En entrant dans la salle de cinéma, on peut s’attendre à beaucoup de choses. A du sexe, des scènes polémiques, du choquant, du dramatique, du drôle, du militant. Bref, on s’attend à entendre les échos de l’affaire Abdellatif Kechiche, accusé par les médias et les actrices du film d’être un tyran fou, qui a exploité son équipe pendant des mois, qui a tourné des scènes de sexe proche de la pornographie. Pourtant, La Vie d’Adèle est sans doute le film le plus tendre, le plus doux, le plus remuant de cette année 2013. A aucun moment, Kechiche ne semble chercher à militer pour une cause, à s’engager. C’est simplement une ode au romantisme, au déchirement, aux sentiments, à l’amour. Adèle est une fille qui pourrait paraître lambda, pas bien riche, imparfaite, avec ses cheveux dans les yeux, son penchant pour le chocolat, sa maladresse, ses traces de bolognaise autour de la bouche quand elle mange et son sentiment d’égarement. Emma est quant à elle, un personnage bien plus carré, alors qu’elle se veut originale. Toujours propre sur elle, avec un discours à jamais cadré et maîtrisé. Elle, qui revendique sa liberté et la reconnaissance de ses propres valeurs, est finalement bien moi libérée que sa compagne. Les deux femmes, foncièrement différentes, forment un couple complémentaire, attachant, inhabituel. Kechiche nous fait rentrer discrètement dans leur vie quotidienne, leur lutte pour s’aimer malgré leurs différences et leurs différents. Le spectateur pénètre dans l’intimité de ce couple, dans la vie d’Adèle. Au fil de ces trois heures, on observe la jeune fille grandir, découvrir sa sexualité, avec un homme puis avec Emma. On la voit chercher son rêve, le réaliser, s’affirmer, perdre ses repères, toujours en quête pour comprendre ce qu’elle veut. C’est une éternelle insatisfaite, elle l’énonce clairement dès le début : pour elle, c’est tout ou rien.

La Vie d’Adèle est une véritable perle. Kechiche joue avec les sentiments des spectateurs, provoquant tantôt de la surprise avec de longues scènes de sexe très crues, très directes et détaillées, tantôt de la mélancolie avec des scènes tragiques et chargées d’émotions. Le couple d’actrices crève l’écran, avec un jeu tellement convaincant qu’on s’y tromperait. Adèle Exarchopoulos a un charme fou dans ce film, avec son jeu discret mais pas retenu, ses moues enfantines et sa voix grave et mature. Accompagnée de Léa Seydoux, elle se révèle et les deux jeunes actrices semblent être au summum de leur talent. Kechiche n’est pas en reste avec une réalisation brillante, quoiqu’un peu lourde à certains passages. L’usage des gros plans renforce le sentiment d’intrusion qui peut, à terme, créer un certain malaise. Comme dans cette scène, où l’on peut observer Adèle, en pleurs, prendre une boîte cachée sous son lit pour dévorer des barres chocolatées. C’est comme si le spectateur assistait vraiment à cette scène, en compagnie du personnage. Kechiche semble avoir la volonté de dévoiler la vérité, la vie de sa muse sans artifices et concessions. Ce choix de réalisation peut parfois sembler très lourd, très pesant et ne plaira pas à tout le monde.

Malgré tout, il serait vraiment dommage de rater La Vie d’Adèle, un film qui mériterait d’être plus connu pour sa Palme d’Or que pour ses gros titres dans les journaux à scandale.