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Virée nocturne avec Girls in Hawaii

Nocturne, c’est le titre du nouvel album de Girls In Hawaii, sorti en septembre dernier. Efflorescence culturelle a manqué peu de rendez-vous avec les six garçons originaires de Belgique (en interview et en concert), nous étions donc encore une fois présents, en ce soir de novembre, pour leur retour sur la scène du Trianon.

Un rêve de voyage

Dans la lignée de leur disque précédent, Everest, Girls in Hawaii explore de nouveaux horizons musicaux, plus électroniques, en conservant ses racines rock. Leur producteur Luuk Cox (alias Shameboy) semble les avoir mené vers des terres bienfaisantes. Nocturne est leur album le plus lumineux, dansant même, avec les rythmes au synthé de « The Walk », « Indifference » et « Overrated ». Ce n’est donc pas un hasard si leur concert s’ouvre sur « Flavor » (From Here To There, 2004), aux sonorités déjà électro, suivi de « This Light » issu de leur dernier album. Deux titres, deux ambiances, symboles de l’évolution et de l’épanouissement du groupe vers une musique plus affirmée, planante et onirique. Nocturne bascule dans un monde imaginaire où l’on croise les méditatifs « Guinea Pig » et « Monkey » en traversant les bois vertigineux de « Willow Grove » pour finir en saut de l’ange avec « Up on the Hill ». Une expédition dans l’inconscient sur des mélodies aériennes.

Après quatre ans, retour au Trianon des Girls in Hawaii. Photo : Milena Manneville.

L’expérience électronique

Après la première partie intense de Soldout, les six ombres de Girls in Hawaii apparaissent sur scène sous les applaudissements impatients de la salle. Ils interprètent plusieurs morceaux d’Everest, dont les sommets « Misses » et « Not Dead ». Entre murmures et envolées mélancoliques, les voix d’Antoine Wielemans et Lionel Vancauvenberghe accompagnent avec simplicité ces balades emplies d’une émotion toujours vive. Le public reprend les paroles comme des chansons pop. S’ensuit leur nouveau titre « Blue Shape » introduit par le remous des vagues. Quelques notes de synthé d’abord, suivies de celles d’un piano lointain, une multitude de sons électro surgissent et se démultiplient lors du refrain. L’ampleur sonore du morceau s’accroît sur scène pour envelopper l’ensemble de la salle. Certains échos nous évoquent des sons familiers, venus d’outre-Manche, ceux de James Blake. Comme le chanteur britannique, Girls in Hawaii fait de la musique une expérience sensorielle par le biais d’arrangements minutieux sans crainte des contrastes.

Des lumières venues d’ailleurs. Photo : Milena Manneville.

Retour aux sources

En concert, le groupe revient aussi vers ses influences grunge. Les lignes de basses et de guitares électriques sont accentuées sur « The Walk », les voix sont davantage dans la complainte rock sur « Monkey ». Mais c’est avec « Birthday Call » (Plan Your Escape, 2008) suivi de près par « Rorschach » (Everest, 2013) que la scène se transforme en set rock-garage explosif sur lequel le public exulte. Un véritable enthousiasme anime les six garçons dans leur façon de passer d’une mélodie douce à une détonation sonore en quelques secondes. Des échanges de regards et des sourires complices témoignent de leur plaisir à performer ensemble. Une osmose, finalement rare à observer chez les groupes, qui rend l’expérience d’autant plus plaisante. Ils terminent leur rappel avec la reprise « AM 180 » de Grandaddy, comme une évidence et la satisfaction de se trouver au bon endroit, au bon moment. Girls in Hawaii sera de retour au Casino de Paris le 12 avril 2018, autant dire que le rendez-vous est déjà pris.

Le Rock Dans Tous Ses États : du côté des festivaliers

Être festivalier, c’est un art de vivre. Parce que derrière le concert, les artistes et les projecteurs, il existe, le temps d’un weekend, une véritable petite communauté éphémère.

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Solidays 2014, des instants magiques

Solidays, quel festival ! Du 27 au 29 juin les festivaliers ont vécu trois jours de folie. Expo, soleil, musique, pluie ont rythmé le festival mais ce n’en est pas pour autant que l’on en garde pas un excellent souvenir.

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Solidays, le combat continue

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Solidays, c’est le festival qui marque le début de l’été par excellence.  Quand on pense Solidays, on s’imagine la foule, la musique, le soleil mais il ne faut en aucun cas oublier la solidarité. En effet, la lutte contre le sida est le maître mot de ce festival depuis sa création , et aujourd’hui encore, le combat continue. C’est d’ailleurs le slogan de cette 16ème édition, « The fight must go on », qui accueillera des artistes de divers horizons, émergents ou confirmés.

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Le retour de Girls In Hawaii sur scène, l’émotion à son état brut

2012 : les Girls In Hawaii annoncent via leurs réseaux sociaux qu’ils sont bels et bien de retour en studio, avec une nouvelle formation. C’est une belle surprise pour les fans du groupe qui, après le hiatus forcé de 2010, s’étaient résignés à voir le groupe mettre un point final au projet. En septembre 2013, les belges sortent Everest, un album aux sons atmosphériques, planants et prenants, sans doute bien au-delà encore de nos attentes. Avec un titre et un artwork pareils, difficile alors d’éviter les mauvais jeux de mots.

Le groupe enchaîne par la suite des dates à travers l’Europe, avec leurs nouveaux membres, François Gustin au clavier et à la guitare, et Boris Gronemberger à la batterie ; et passe par l’Autre Canal à Nancy, à l’occasion d’un concert organisé par Europop.

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C’est RM Hubbert qui ouvre la soirée, un guitariste sincèrement touchant et affable qui nous fait voyager avec lui dans son Écosse natale à travers des récits folk mélancoliques. La salle se remplit calmement, mais la soirée promettait déjà d’être chargée d’émotions.

22h. Les lumières s’éteignent, et la tension atteint son sommet. Les six silhouettes montent sur scène sous les clameurs de leur audience, toujours plus impatiente. Le concert ouvre sur Wars, le titre outro d’Everest, et le ton est donné. Les belges emmenés par les deux chanteurs et guitaristes Lionel Vancauwenberghe et Antoine Wielemans nous embarquent à travers des titres plus imagés les uns que les autres : Not Dead, Sun Of The Sons, Switzerland ou encore la bouleversante Misses, pour n’en citer que quelques-uns. La pochette de l’album est projetée en fond et les jeux de lumières sont à couper le souffle.

En rappel, les premières notes de Found In The Ground sont données, j’ai de nouveau eu 15 ans. Le concert se conclue sur une explosion sonore et visuelle et prouve que les Girls In Hawaii ont cette énergie que l’on ne soupçonnerait peut-être pas à l’écoute de leurs disques. Le groupe est programmé sur un certain nombre de festivals, vous pourrez notamment les croiser au Printemps de Bourges, Europavox, Rock Dans Tous Ses Etats, Solidays, Main Square ou encore aux Vieilles Charrues !

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SETLIST

Wars – Not Dead – The Fog – Sun Of The Sons – Time – Changes – Here I Belong – Connections – Misses – Switzerland – Rorcharch – Mallory’s Height – Birthday Call – Grasshopper — RAPPEL — Plan Your Escape – Found In The Ground – Build The Devil – Fields Of Gold – Flavor

Rencontre avec Girls In Hawaii

Avec un troisième album chargé d’émotions et une tournée à travers l’Europe, on peut dire que les Belges de Girls In Hawaii ont soigné leur retour. Le groupe ponctuait sa tournée française à Nancy, le 22 mars dernier, à l’occasion d’un concert organisé par Europop. J’ai donc profité de leur premier passage à l’Autre Canal pour aller à la rencontre de Brice Vancauwenberghe et François Gustin, respectivement guitariste et claviériste du groupe.

interview

Avant toute chose, ça fait sincèrement plaisir de vous avoir à Nancy, vous êtes déjà passé dans le coin ?

F: Oui moi, je suis venu deux fois jouer dans cette salle. C’est pas mal du tout.

Après le hiatus il y a quelques années, est-ce qu’on peut parler d’une version 2.0 du groupe ; ou est-ce que l’on est vraiment dans la continuité de Plan Your Escape ?

B: Et bien disons que déjà, on a deux nouveaux musiciens, dont François justement au clavier. Je sais pas si on peut parler de renouveau vraiment, y a un juste un travail qui a été fait au niveau de la production, surtout de l’album, c’est Luuk Cox (qui a joué dans Shameboy) qui a un côté très électronique dans sa vision des choses et qui nous a vraiment poussé à aller vers l’avant à ce niveau là, au niveau des sons et tout ça.

F: Après, on est toujours six belges en train de faire de la musique.

Et l’intégration des nouveaux membres justement, ça s’est bien passé ?

F: En ce qui me concerne, ça va, j’me suis pas encore fait virer, c’est plutôt bon signe !

Vous avez fait des dates en Chine, en Islande. J’imagine que ça a du contribuer à souder le groupe ?

F: C’est du team-building, comme on appelle ça.

B: Exactement !

Comment ça s’est passé d’ailleurs, parce que c’est plutôt original comme dates ?

F: Ouais c’était bien, la Chine. On a vraiment vu ça comme un bon team-building parce que c’était au tout début qu’on jouait avec Boris, le nouveau batteur, et c’était cool de se retrouver ensemble dans des conditions un peu particulières, ça permet de créer des liens forcément. Même si je connais tout le monde depuis longtemps, ça nous a bien aidé à relancer le truc.

En plus, votre retour était vraiment attendu par les fans, les gens qui vous suivent. Est-ce que vous l’avez ressenti une fois sur scène ?

B: Oui complètement ! Même dans les salles, les gens qui nous accueillent, les gens des salles, ils sont toujours hyper contents de voir notre retour.

F: Ils sont très touchés, y a toujours beaucoup d’émotions, beaucoup de témoignages sympathiques.

B: Ça fait hyper plaisir évidemment pour nous.

F: Surtout après une absence aussi longue et bon, avec les conditions qu’on connaît, c’est pas évident.

Et ce qui est intéressant dans Girls In Hawaii c’est que la mélancolie qu’on retrouve dans les albums se transforment en énergie sur scène, c’est surprenant.

B: Je crois qu’on a beaucoup écouté des groupes qui pêchent aussi, parfois on a du mal à mettre ça sur un album, à avoir des morceaux plus rentre-dedans, faut qu’ils aient un côté plus cool sur scène.

F: C’est juste que c’est bien plus gai à faire, c’est un bon moyen de lâcher prise, d’évacuer beaucoup d’émotions négatives, et d’en faire quelque chose de positif finalement. D’avoir une explosion noise pendant dix minutes sur le dernier morceau, ça nous permet de nous lâcher complètement, de nous vider, je pense que c’est une bonne chose.

Et pour le concept d’Everest, c’est vraiment très atmosphérique par rapport aux deux premiers, on a de nouvelles idées et collaborations.

F: On peut revenir sur Luuk Cox forcèment, c’est vraiment lui qui a parfois changé complètement les morceaux d’Antoine et Lio. Ils se sont même fait virés du studio parfois ! [rires]

F: Disons que c’est le premier disque qu’on a fait avec un producteur, c’était une nouvelle expérience pour tout le monde en fait, parce qu’on a toujours eu tendance à se débrouiller par nous même, et voilà effectivement Luuk a bien poussé le truc dans la différence, dans des directions assez radicales et surtout, il a fait en sorte que personne ne doute, il était très rassurant, très « ne vous inquiétez pas ».

B: Très psychologue aussi.

F: Très psychologue oui, et donc du coup, ça nous a beaucoup aidé, je pense qu’on aurait pu mettre six mois à faire ce disque et on l’a fait en trois semaines.

Une bonne rencontre en somme.

F: Une très très bonne rencontre, et surtout on a appris qu’on fera probablement plus jamais de disque sans producteur, je pense. On a eu de la chance que ça se soit très bien passé.

B: C’est vrai que tu sais jamais trop sur qui tu vas tomber.

F: Voilà, la relation ça peut être le carnage aussi, et là c’était une tellement bonne expérience. Je pense qu’on passera beaucoup de temps avant d’enregistrer à trouver la bonne personne.

En dehors de la musique, ce qui est frappant aussi c’est le visuel. Notamment le clip de Misses, est-ce que c’est un travail de groupe ?

B: C’est un clip réalisé par Olivier Cornil, qui était en fait le photographe qui accompagnait le groupe avant et qui a décidé d’arrêter de bosser avec nous juste avant qu’on entame les lives en fait, donc juste après avoir fait le dernier disque. C’est une séparation assez difficile parce qu’il était là depuis le début.

F: Et c’est un ami de longue date aussi donc c’est toujours un peu difficile quand quelqu’un quitte le navire, de sa propre volonté en plus.

B: C’est lui qui a entièrement réalisé le clip de Misses, c’est lui qui a trouvé les idées, on lui a dit « bah okay go, vas-y ».

Vous êtes programmés sur pas mal de festival cette année, est-ce qu’il y en a que vous attendez plus que d’autres ?

F: …ça c’est une bonne question. Je crois juste qu’on est trop contents que ce soit l’été, on va faire des festivals où on va être en short.

B : Et la coupe du monde ! On a pas encore regardé les affiches et tout ça, on a pas eu le temps.

Quand vous jouez pas, vous allez voir les autres groupes ?

B: Oui bien sûr !

F: Oui on va jouer avec pas mal de groupes intéressants, j’ai commencé à regarder un petit peu, on va jouer plusieurs fois avec Metronomy. Y a pas mal de groupes, je suis assez curieux d’aller voir leurs shows, de voir à quoi ça ressemble. En festival, c’est cool, c’est toujours des ambiances un peu festives, c’est bien ça va nous changer des tournées, parce que les festivals c’est principalement les week-ends ou alors ce sera concentré sur jeudi, vendredi, samedi, dimanche donc ça nous laisse du temps pour souffler la semaine et envisager le truc d’une manière un peu plus festive. On est tellement rodés qu’on est prêts à attaquer les festivals.

Est-ce que vous avez un coup de cœur musical récemment ?

F: Je suis très très fan du nouveau disque de Metronomy justement, que je trouve vraiment excellent. C’est un de mes gros coups de cœur du moment. Sinon y a Jon Hopkins aussi, dont j’suis très très fan, que j’vais revoir dans deux ou trois semaines à l’Ancienne Belgique, à Bruxelles. Et très très fan de ses productions musicales en fait, je le trouve très intéressant dans ce qu’il produit, le premier morceau de Coldplay que j’ai réussi à écouter, c’est un morceau de Coldplay qu’il a produit mais je pense que c’est vraiment un super gars, il a fait un super disque l’année passé, Immunity, c’est mes deux gros coups de cœurs récents.

B: Warpaint, que je viens de découvrir, un groupe avec qui on a joué pour une première partie, pour le moment c’est vraiment le disque que j’écoute.

F : Un groupe de meufs !

Vous avez beaucoup tourné ces derniers mois, c’est un train de vie particulier, vous avez forcément de nombreuses anecdotes !

B: Y en a forcément beaucoup qu’on racontera jamais !

F: Voilà, en fait en général y a une règle de base, tout ce qui se passe en tournée reste en tournée, donc on peut pas trop en parler, on peut juste dire qu’on a une petite tendance à abuser des bonnes choses. On boit beaucoup, on dit beaucoup de bêtises.

B: On est très bêtes.. !

F: Voilà, là c’est le dernier jour de la tournée, on a un peu l’impression de toucher le fond, heureusement là on rentre à la maison pour recharger les batteries et tout va bien. Des anecdotes de tournées, y en a tellement mais c’est vraiment trop privé. C’est délicat d’en sortir une qui, sortie de son contexte, ne paraitrait pas un peu scandaleuse ou complètement inintéressante. [rires]

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