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Les figures extraordinaires de Stanislav Plutenko

  Stanislav Plutenko est un artiste russe lancé dans le design publicitaire. Portrait d’un artiste (très) contemporain classé dans une série des 1 000 meilleurs artistes. Continuer la lecture de Les figures extraordinaires de Stanislav Plutenko

Hylas, le mythe revu par Thomas Azier

Universal Music France mise beaucoup sur ce petit prodige Hollandais et Berlinois nouveau venu. Thomas Azier, ce jeune homme n’a que 26 ans et est déjà prononcé sur toutes les lèvres. Woodkid et Stromaé sont considérés comme ses parrains et lui leur petit protégé. Il aura fallu attendre le 10 mars 2014 pour que les deux extended plays Hylas 001 et Hylas 002 trouvent un opus pour  consolider cet univers:  Hylas.

Conçu dans une vieille usine abandonnée de l’ancienne Berlin-Est communiste, l’album emprunte sans tabou de la part de Thomas Azier une part profondément sombre et froide qui traverse chaque titre sans exception. Ses influences sont sans conteste littéraires. Le nom de son premier album fait référence au compagnon d’Hercule piégé par des nymphes éprises de sa beauté. Issu de l’œuvre Les Métamorphoses d’Ovide, le debut album du berlinois semble tirer toutes les profondeurs de cet ouvrage emblématique de la fragilité humaine et du sentiment amoureux parfois contrarié. How To Disappear, Angelene et Verwandlung respectent la tragédie de l’énamouré oublié. L’ambiance se fait sombre à souhait, larmes de pop incandescente. Hylas ne cesse de jouer entre l’ombre et la lumière: Save me from the Shadow of the Sun.

Les sept premiers titres ne sont pas inconnus à un fan de la première heure de Thomas Azier. D’Hylas à How To Disappear on trouvera les différentes pistes qui ont fait le bonheur des précédentes sorties. Voici les titres mis en avant pour la sortie imminente de l’album.

Yearn Yearn nous immerge mystérieusement dans cette usine désaffectée de Berlin. On perçoit les vibrations heurter les murs défraîchis et frôlant le sol poussiéreux, les rats se figer de stupeur. C’est aussi là qu’ont été tournés les clips d’Angelene et Verwandlung. Cette usine agit comme une boîte magique, une église brumeuse et fantasmagorique, un monstre à la gueule résonnante dotée d’une musicalité sans pareil, généreuse envers Thomas Azier et sa voix lumineuse. Rukeli’s Last DanceFuturesound et Ghostcity sont fidèles à cette facette du berlinois qui penche du côté des néons et de la dance. L’ influence 80’s fait acte de présence sur Golden Wave pour son intro synth-électro et ses échos qui rappellent les vieux tubes vintage, mais aussi sur Shadow Of The Sun par la présence d’un écho féminin. Alors Sirens Of The Citylight clôt cet album en se penchant irrémédiablement vers la pop-minimal-electro nocturne.


Les ténèbres ont leur part de vérité dans cet opus, peut-être l’élément central, une éclipse sonore aveuglante qui vous transperce l’esprit, vous dope à la noirceur lumineuse et pop-électro. C’est au final un album où on retrouve différents instruments de musique réhabilités par l’usine démoniaque, maîtrise d’un Thomas Azier sombre et éclatant. Ce premier opus – Hylas – ce chef d’œuvre prématuré est sans conteste un diamant posé sur un écrin de velours noir.

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As Animals, enchantement pop-apocalyptique

Premier album du duo français As Animals porté par le musicien Frédéric Grange et la chanteuse Zara Desbonnes, cet opus homonyme pousse plus loin les portes d’un monde pop propre à ce qu’ils avaient pu démontrer lors de la parution de leur single I See Ghost (Ghost Gunfighters) qui a d’ailleurs été diffusé dans toutes les radios et chaines musicales – si ça semblait vous dire quelque chose. As Animals – l’album – disponible le 27 janvier et le 3 mars aux Etats-Unis et en Grande Bretagne marquera l’année qui commence, je vous l’assure.

cover-as-animalsA la première écoute, Stampede mot anglais proche du français « bousculade » nous immerge au sein d’une bande sonore étrange. On croit entendre le bruit d’un hélicoptère ou est-ce un objet-volant-non-identifié porté par un orchestre symphonique qui donne d’emblée l’allure d’un film de Stanley Kubrik, nous immisçant dans le chaos à venir. Le film peut commencer, les animaux se déchaînent sur As Animal, dirigés par la voix envoûtante de Zara. L’atmosphère se veut humide et sauvage. Par la suite, I See Ghost suit les motivations de son prédécesseur jusqu’à ce que So Cold  se veut plus aérien et rythmé par une énergie moins rageuse. C’est l’envie de danser qui vient, chaudement contradictoire. Ce quatrième titre renverse la tendance, un virage brusque mais qui révèle l’étendue du talent de la belle brune.

Puis vient le merveilleux Burn Like A Fire qui brûle de magie, brille de mille feux. La tentation de calmer les ardeurs est couronnée de succès, apaise avec délice. Passer à côté de ce titre serait une erreur à ne pas commettre. Mais d’autres trésors nous attendent aux influences diverses. Extraordionary Machine a la douceur des vagues pop, on reste dans la délicate envie de mener le mélomane dans un chemin de velours avec quelques notes de guitare électrique. By My Side se démarque ensuite, légèrement intimiste enjolivé par un piano et des violons intimidés par Zara, épaulée par un chœur au souffle chaleureux. Vient My Conscience Upstairs, un autre trésor, que dis-je ? Un diamant pur. Et le style change, plus RNB que pop avec It’s Like That. L’impression de poser un pied en Louisiane me vient en tête. As Animals nous prouve qu’elle a bien des choses à nous faire découvrir, quitte à ne pas s’enrôler dans un seul monde. Et si on les remerciait pour ça?

Le troisième acte semble se tenir à la piste 11, Zara ne cesse de répéter qu’elle est une idiote, « I’m a fool » et se calme une nouvelle fois en empruntant un chemin que le duo n’avait pas encore pris avec une guitare acoustique, la route folk sur In My Head. Il annonce irrévocablement la fin du film qui ne se déroule qu’à travers nos yeux. Il ne reste plus qu’à Zara et Frédéric de nous livrer leur dernier titre: Nighthawks Dropping. Zara nous exhorte de garder les yeux ouverts en compagnie d’une bande sonore indescriptible, les mots manquent car c’est la magie de ce tout qui nous coupe le souffle. Ce dernier titre nous rappelle les douces interprétations de Natasha Khan alias Bat For Lashes, en l’occurrence celles de Laura ou Lillies (disponible dans son album The Haunted Man).

Il est bien difficile de découvrir un tel album comme celui d’As Animals de part son large arc musical. On y rencontre un univers peuplé de plusieurs planètes comme la planète pop interprété par le bestial As Animals, la boule gazeuse  RNB sur It’s Like That et la douce planète bleu folk avec In My Head. Il y avait un avant-goût d’apocalypse mais il est clair que c’était pour la simple raison d’attirer notre instinct animal. L’animal que je suis a été ébloui par tant de prodige. As Animals signe un album singulier, ne cherchant jamais à emprunter des styles différents mais à les lier par leur source: la musique. Pour les curieux j’ai quelques dates à vous proposer pour découvrir le visage de la sirène Zara Desbonnes et le multi-instrumentiste-magicien Frédéric Grange. On se donne rendez-vous là bas, avec eux pour découvrir avec curiosité en live leur performance et leur set.

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Leurs prochaines dates de concert:

28/01/2014  L’Affiche – Reims

29/01/2014  Les Trinitaires – Metz

30/01/2014  Airport Casino – Bâle

01/02/2014  Le Grillen – Colmar

06/02/2014  Le Rouge Gorge – Avignon

07/02/2014  Le Poste à Galène – Marseille