Archives par mot-clé : comédie

Le Redoutable : une comédie à contre-courant du mythe

C’est encore un film redoutablement efficace que nous livre Michel Hazanavicius après La Classe américaine, les OSS 117 ou encore The Artist. Adapté du roman autobiographique Un An après d’Anne Wiazemsky, faisant suite à Une Année studieuse, le film retrace l’histoire d’amour de la jeune Anne avec l’une des figures les plus adulées et détestées du cinéma : Jean-Luc Godard. Continuer la lecture de Le Redoutable : une comédie à contre-courant du mythe

Rencontre nostalgique avec Michel Hazanavicius

Alors que son nouveau film, Le Redoutable, est sorti en salle le 13 septembre dernier, Michel Hazanavicius est revenu sur sa carrière, lors d’une rencontre exceptionnelle, organisée jeudi par le cinéma Jean Eustache à Pessac (près de Bordeaux).

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Five : une fille et quatre garçons dans le vent

Qu’est ce que l’amitié ? Une belle histoire, d’après Five, un film aux couleurs pop – avec son jaune éclatant à l’affiche – à la fois drôle et touchant mais surtout quelque peu déjanté. Même si l’amitié semble être universellement une belle valeur, la vraie question à laquelle le film tentera de répondre à partir du 30 mars en salle, ce serait plutôt : jusqu’où peut-on aller par amitié ? Continuer la lecture de Five : une fille et quatre garçons dans le vent

Cucumber, Banana et Tofu : les séries LGBT qui cartonnent en Angleterre

L’illustre réalisateur anglais Russel T. Davies est le créateur, en ce début d’année, d’un phénomène en série : Cucumber, Banana et Tofu. Drôle et touchant.

Il évoque le problème de la « panne », le triptyque télévisé tourne autour du sujet de l’homosexualité, de la maladie et du malaise de la routine avec finesse et légèreté. A tel point qu’on ne sait plus si on regarde une comédie ou une série dramatique extrêmement bien cousue.

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Vincent n’a pas d’écailles : le choix de la rédaction

Laissez votre costume d’Aquaman au placard, le premier long-métrage de Thomas Salvador met en scène un héros « 100% bio » et totalement poétique !

347644Les premières impressions quant à Vincent n’a pas d’écailles, peuvent facilement nous laisser sceptiques, surtout lorsqu’on voit le projet se targuer d’être le premier « film de super-héros français et garanti 100% sans effets numériques ». Mais détrompez vous!  Continuer la lecture de Vincent n’a pas d’écailles : le choix de la rédaction

Magic in the Moonlight, un rayon de soleil

L’air se rafraîchit, les feuilles commencent à tomber… Il est donc temps pour Woody Allen de revenir sur le devant de la scène avec son nouveau film annuel : Magic in the Moonlight.

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A l’affiche : Les Combattants, ce film qui nous fait aimer les comédies françaises

    Au cinéma, il y a deux sortes de comédies: celles adaptées d’un bestseller à la Marc Levy -ne trouvant rien de différent à raconter d’une production à l’autre- et puis il y a les comédies inattendues, surprenantes parce que différentes et attachantes. Les Combattants, dernière réalisation de Thomas Cailley fait partie de cette dernière catégorie.

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Sous les jupes des filles, c’est le bazar

    Audrey Dana, actrice et réalisatrice nous livre dans ce film chorale le destin de onze parisiennes pendant un cycle menstruel. Elles sont chefs d’entreprise esseulées, mères au foyer en manque d’amour et déboussolées, femmes trompées avec des instincts vengeurs, paumées, indépendantes, mariées, amantes, nymphomanes, frustrées, névrosées.. Bref, ce sont des femmes, des vraies. Non ? Ah, bon.

HOMOSAPIENNES Audrey Dana

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La Vie rêvée de Walter Mitty : une aventure à laquelle on dit oui !

La Vie rêvée de Walter Mitty est déjà le 5ème film du trublion du cinéma américain Ben Stiller, homme aux multiples facettes qui pour la première fois ne réalise pas une comédie pure mais plutôt une comédie dramatique, un feel good movie sous forme de blockbuster, une sorte d’OFNI (Objet Filmique Non Identifié), nouvelle adaptation au cinéma de la nouvelle de James Thurber parue en 1939.

Synopsis: Walter Mitty est employé au magazine Life. Excessivement timide, il s’imagine être le héros d’aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité stressante. Mais un jour, il doit faire face à des problèmes de la vie réelle : avouer son amour à sa collègue Cheryl Melhoff et retrouver le négatif n°25 du célèbre photographe Sean O’Connell…

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American Bluff : des arnaqueurs qui ne volent pas bien haut

American Bluff (ici en France) ou plutôt Hustle aux États-Unis est le 8ème film du phénomène David O’Russel, réalisateur le plus hype du moment à Hollywood du côté des critiques mais surtout une immense incompréhension pour l’auteur de ce papier.

En effet, jeune réalisateur aussi odieux que talentueux, ce monsieur a cartonné lors de ses premiers films au début des années 2000 avant de se faire des ennemis avec à peu près tous les gens avec lesquels il travaillait (George Clooney en tête) ce qui l’a amené à vivre une longue traversée du désert à Hollywood.

Mais l’acteur Mark Wahlberg le repêcha en lui demandant de réaliser un projet qui lui tenait à cœur, le film Fighter (excellent au demeurant) qui remporta tout de même deux Oscars pour les performances de ses acteurs secondaires en 2010.

N’étant plus persona non grata dans la profession, on lui fait confiance pour réaliser Happiness Therapy, comédie romantique ô combien classique (pour ne pas dire basique) mais qui jouira d’un succès hallucinant et complètement disproportionné, se voyant couronné d’un Oscar pour la performance de Jennifer Lawrence qui laisse, encore aujourd’hui, beaucoup de cinéphiles dubitatifs.

Auréolé de ces succès, l’homme a maintenant carte blanche pour faire ce qu’il souhaite, ses films rapportant beaucoup d’argent et ne coutant pas très cher, et décide de s’inspirer de cette histoire vraie d’arnaque au sein des années 70, armé de sa troupe d’acteur habituelle. Verdict ?

Synopsis: Entre fiction et réalité, American Bluff nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Encore une fois, O’Russel restera un mystère pour moi. Le type a du talent, c’est indéniable, mais en voyant ce film (comme pour Happiness Therapy), on se demande bien pourquoi toutes ces critiques élogieuses, pourquoi ce succès, cet engouement quasi unanime valant tout de même au film 9 nominations aux Oscars (et où il repartira bredouille).

En effet, le film n’a rien d’extraordinaire. Le film se veut être un hommage aux grands films d’arnaque et au cinéma de Scorsese mais n’arrive jamais à la cheville du maître, ne faisant que singer sans comprendre la folie de personnages hauts en couleurs, consumés par des désirs plus forts qu’eux et détruit par des mondes aux codes bien précis.

L’histoire est laborieuse à mettre en place, les dialogues sont étirés à l’extrême, l’intrigue peine à intéresser par sa fausse complexité, donnant un aspect bavard au film dans le sens négatif du terme.

De plus, certains acteurs sont insupportables dans le film, livrant des performances exubérantes et hystériques se voulant incroyables (et par conséquent dignes d’Oscars) mais étant juste fatigante, je pense notamment à Bradley Cooper et Jennifer Lawrence, jouant des personnages caricaturaux et sans profondeur, manquant profondément de subtilité.

Heureusement, le couple d’arnaqueurs que forment Christian Bale et Amy Adams vient sauver le carnage avec des personnages beaucoup plus subtils et intéressants, montrant la face cachée d’une arnaque: les moments en dehors de l’arnaque même ou les criminels vivent leurs vies et tentent de s’en sortir comme ils le peuvent.

Néanmoins, cet aspect assez original du film est contrebalancé par une multitude de scènes inutiles ou d’autre se voulant drôles ou stressantes mais qui sont juste chiantes tellement les disputes à rallonges semblent vaines.

Pour ce qui est de la reconstitution des années 70, le travail est très bien fait même si la réalisation de David O’Russel n’a franchement rien d’exceptionnel et ne fait pas honneur à la direction artistique.

On pourra aussi reprocher un aspect très clipesque au film où la musique est omniprésente (O’Russel s’appuyant sur les tubes de l’époque) montrant les facilités de réalisation pour combler le vide tant dans la mise en scène que dans l’histoire.

Quant à l’histoire, malgré cet aspect original de la présentation du quotidien des arnaqueurs, elle ne vole pas bien haut. Inutilement complexe, l’histoire ne remplit pas sa promesse de film d’arnaque puisque l’arnaque est d’une telle facilité qu’elle ne peut que décevoir les spectateurs fan du genre.

Pour terminer cette critique, si le film n’est pas une catastrophe, il n’est franchement pas bon, ne méritant en aucun cas 9 nominations aux Oscars (autant que Gravity) et le fait qu’il soit reparti bredouille est un bon indicateur du piètre spectacle vendu, malgré son emballage très excitant. Grosse déception.