Archives par mot-clé : Breton

Solidays 2014, des instants magiques

Solidays, quel festival ! Du 27 au 29 juin les festivaliers ont vécu trois jours de folie. Expo, soleil, musique, pluie ont rythmé le festival mais ce n’en est pas pour autant que l’on en garde pas un excellent souvenir.

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Solidays, le combat continue

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Solidays, c’est le festival qui marque le début de l’été par excellence.  Quand on pense Solidays, on s’imagine la foule, la musique, le soleil mais il ne faut en aucun cas oublier la solidarité. En effet, la lutte contre le sida est le maître mot de ce festival depuis sa création , et aujourd’hui encore, le combat continue. C’est d’ailleurs le slogan de cette 16ème édition, « The fight must go on », qui accueillera des artistes de divers horizons, émergents ou confirmés.

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Did, les mauvais garçons qui feront battre votre coeur

De nos jours, la magie d’Internet peut nous mener en quelques clics vers un nombre infini de musiciens auto-produits à l’autre bout du monde. Les plateformes et les ressources ne manquent pas, mais ne jouent pas dans la même cour que la découverte d’un groupe confidentiel en live. « La CLAQUE ! », si cette expression vous est familière, le reste devrait vous plaire.

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La Route du Rock 2014 : Winter Edition

La Route du Rock est un festival de rock organisé depuis 1991 par l’association Rock Tympans. A partir de 2006 la collection hiver réjouit les festivaliers qui attendent avec impatience la réouverture de la saison des festivals d’été. Cette année, la programmation s’est montrée audacieuse en choisissant des groupes comme KVB ou encore Jackson and his Computer Band. Le seul choix sûr de cette édition était le groupe Breton qui assurait au programmateurs un nombre suffisant de spectateurs.

1800124_401441173332666_1798944140_oPhoto : La Route du Rock

Cate Le Bon : Salle de La Nouvelle Vague, samedi 22 février, il est à peu près 20h et Cate Le Bon ouvre le bal : ils commencent doucement avec une balade rock qui amène la foule au plus près de la scène. Autour de moi j’entends des « c’est pas mal » et c’est vrai que la musique n’est pas désagréable, seulement voilà ça manque un peu de punch.  Le groupe n’accorde presque aucune attention, aucune interaction avec le public comme la majorité des artistes ce soir là. L’alcool n’ayant pas encore fait son chemin dans le sang des spectateurs, l’atmosphère reste froide et quelques personnes s’en désintéressent après 5-6 chansons et se dirigent vers le bar.

8593_10151842354986109_1103256715_nPhoto : Laura Allard-Fleischl

KVB : Entrée en scène à 21h20 avec un son plus stoner. Ce groupe mixte nous propose une musique déchirante avec cette formation guitare, synthé et batterie. Leur performance est un cri d’angoisse, ambiance sombre presque comme la bande originale d’un film d’horreur. Trop grinçant et ça ne trompe personne, les curieux s’en sont détournés, moi-même je n’ai tenu que jusqu’à la troisième chanson. Plus le concert avance et plus la salle se vide pour remplir la terrasse où tout le monde se plaint de leur musique et de cette façon dont le guitariste reste caché sous sa masse de cheveux. Au final, sûrement la performance qui a le plus déçu.

eagulls-cmjPhoto : www.brooklynvegan.com

Eagulls : 22h45, ça envoie direct ! Son percutant et très rock, la foule est à nouveau au rendez-vous. On se sent revivre après la prestation qui vient de se terminer. Dès les premières notes, des groupies se font remarquer au premier rang en se déchaînant avec énergie. Ça claque, ça résonne fort et on en redemande. Le seul hic, ils ont arrêtés leur prestation après 25 minutes ?? Je suis partie fouiner pour savoir la raison, en arrivant au bar on entend les régisseurs dirent qu’ils se faisaient « chier » et ont donc décidé de partir. Pas très professionnel alors que l’audience répondait présente.

1970811_699749126742858_1109446500_nPhoto : La Route du Rock

Breton : 23h45, la tête d’affiche se présente sur scène. On se presse, se bouscule pour être au plus près et participer à la fête. Dès le départ Roman communique avec le public comme il le fera à chaque fois entre deux chansons. Ils commencent avec Got Well Soon tiré du dernier album du groupe, puis s’en suit Edward The Confessor, Envy… Toujours aussi attentionné avec leurs fans, Breton décide ce soir-là de faire découvrir en exclusivité leur dernier clip Fifteen Minutes (qui n’est pas encore sur leur chaîne YouTube). C’est la performance de la soirée, leur énergie est contagieuse et l’envie de se laisser est telle que j’en oublie ce que je suis sensée faire, je me mêle à la foule et danse au rythme de la mélodie. Lorsque le concert se termine, le public en redemande seulement voilà ils n’ont la scène pendant une heure. C’est pourquoi Roman Rappak (le leader) invite tout le monde à aller boire un verre avec eux, et finalement prendra le temps de signer des cds, t-shirts, vinyles au stand merchandising. Une femme avoue à Roman avoir appelé son fils comme lui tellement elle est fan, ah les groupies alors !

1501384_608645392506736_972477879_oPhoto : Emma Picq

Jackson and His Computerband : 1h20 et la performance électro commence. Jackson est derrière ses platines, limite écartelé par elles tellement il doit ouvrir les bras afin de pouvoir accéder à toutes les touches. L’installation est impressionnante et la structure en miroir derrière lui  renvoie la lumière dans toute la salle. N’étant pas une grande fan de ce genre de musique j’ai du mal a me faire une idée si c’est bien ou pas, mais envoyant les gens en transe je me dis que ça doit sûrement l’être pour les connaisseurs.

La Route du Rock collection Hiver n’a pas brillé ce soir là, une grande partie des performances ont été décevantes, surtout les deux premières. Espérons que la programmation de la collection Été sera de meilleure qualité.

Breton : l’interview

Avant que les concerts ne reprennent samedi 22 février à La Nouvelle Vague (St Malo) à l’occasion du Festival La Route du Rock, j’ai eu la chance de rencontrer le leader du groupe Breton: Roman Rappak. Si vous ne connaissez pas Breton, je vous conseille de lire l’article d’Agathe sur leur dernier album. Ces jeunes londoniens se sont rapidement fait une place sur la scène électro-indépendante enchaînant les concerts, les festivals en France, aux USA, en Australie…

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Alors me voilà à 18h45 devant La Nouvelle Vague, prête pour mon interview et, là, je ne sais pas comment y entrer, la sécurité m’envoie d’un côté et les roadies d’un autre, que faire ? Prenant mon courage à deux mains, je demande à une troisième personne et bingo ! On me dirige enfin vers le bon endroit c’est à dire la salle de presse. France 3 vient à peine de finir au moment où j’entre dans la pièce. Bref on s’en fout à la limite, vous souhaitez l’interview et rien d’autre, je vous ai compris.

EC: Avant tout j’aimerais te dire que j’ai adoré votre dernier album. Dès que j’ai entendu Envy, je me suis dit « WOW » ça va être génial. Comment avez-vous travaillé sur cet album ?

Roman: Merci. Cela a été un long processus mais le plus important a été de garder ce qui nous plaisait du premier album et de rester honnête à nos envies. De faire ce qui nous plaisait et rien d’autre. Dans ce sens, nous avons été assez chanceux car au moment du premier album il n’y avait que 6 personnes qui étaient au courant de l’existence du groupe et l’intérêt du public est arrivé très vite. Notre notoriété a été faite par le bouche à oreille, nous sommes passés de petits concerts à des festivals et des tournées aux USA et en Europe. C’est en comprenant ce qu’on aimait à propos du collectif et en s’en éloignant du premier album que beaucoup de choses ont changé, ce nouvel album est définitivement positif. Nous avons beaucoup voyagé, nous avons vu énormément de choses et jouer devant des milliers de personnes a été incroyable pour nous.

Pourquoi avoir choisi Berlin pour enregistrer ce nouvel album ?

Ce n’était pas pour Berlin mais parce que nous avons trouvé le bon endroit où nous pouvions avoir le même son que dans le premier album. De plus, s’éloigner de tout et se concentrer sur la musique peut être quelque chose de très sain.

Comment procédez-vous pour la musique ? Est-ce les paroles avant ou la mélodie ?

Il n’y a pas vraiment de méthode particulière. En général, je les commence puis on les termine ensemble.

Comment savez-vous quelle chanson vous gardez pour l’album ?

C’est l’avantage d’avoir des collaborateurs en qui tu as confiance, surtout lorsqu’il y a beaucoup d’affection entre eux, si quelqu’un a une idée il sera toujours entendu surtout si elle est bonne. Au final nous prenons les décisions tous ensemble, c’est peut être pourquoi cet album est plus positif et joyeux alors que le premier album était assez claustrophobique.

J’ai vu le mini-reportage fait par Konbini qui vous a suivi pendant deux jours, c’est une super idée pour montrer aux fans qui vous êtes.

Avec cet album, nous sommes moins effrayés du monde extérieur, nous souhaitons partager davantage avec le public.

En parlant de public, comment gérez-vous les fans ?

Toujours de la même façon sauf que maintenant lorsque nous partageons une musique ou une vidéo nous le faisons avec des milliers de personnes.

Vos clips sont toujours très esthétiques, très bien filmés, celui qui me plaît le plus est Got Well Soon, la vidéo nous embarque complètement. Qui en a l’idée ? Comment les réalisez-vous ?

C’est une bonne question car nous avons toujours tout fait nous-mêmes, nous voyons nos clips comme des minis-films. La seule exception est notre prochain clip qui sortira dans quelques semaines, nous avons fait appel à différents réalisateurs et nous leur avons demandé leurs interprétations de la chanson ainsi nous avons d’autres avis que ceux du groupe.

Te sens-tu prêt pour le concert de ce soir ?

Je suis impatient comme pour tous les concerts que nous faisons, je me sens comme un gamin qu’on emmène au zoo. Les concerts donnent sens à ce que nous faisons, ce sont ces 60 minutes sur scène avec notre public qui nous transcendent. C’est ce que je ressens lorsque je vais voir un artiste que j’apprécie. D’ailleurs j’ai vraiment hâte de voir Jackson And His Computer.

Breton était clairement la tête d’affiche que tout le monde attendait ce samedi 22 février, ils se sont montrés généreux avec le public allant même jusqu’à diffuser en exclusivité leur nouveau clip. A la fin du concert, Roman a invité tout le monde à boire un verre et nous l’avons finalement retrouvé au stand merchandising pour signer CDs et t-shirts aux fans.

Breton – War Room Stories

 (C) Believe Recordings

Breton avait son chez soi, son squat londonien, Breton avait son lab, cet endroit secret et personnel depuis lequel les musiciens étaient à l’abri, là où ils avaient construit Other People’s Problems. Le Lab a été détruit, Breton se devait de reconstruire. Pour leur second album, War Room Stories, le collectif a déménagé en Allemagne, à Funkhaus, au milieu de nulle part, dans le ciment brut, loin de la lumière, seul ; à vide.

Breton livre donc un album sorti du laid, de la dureté, comme un produit post-apocalyptique. On est là face à un disque à l’apparence industrielle, souvent chaotique, toujours expérimental et pourtant, incroyablement structuré. D’Envy à Fifteen Minutes, il y a continuité, c’est un album construit, emprunt d’une éblouissante alchimie. Les cinq musiciens m’inspirent dans ces nouveaux morceaux un paradoxe formidable, parce qu’ils n’ont rien perdu de la rage, la rage urbaine, méchante et criarde que balancent les cordes, les nappes de synthés superposées, la voix râleuse de Roman Rappak. Pourtant c’est un disque fashionable, au potentiel tubesque incroyable, sublime, à la Foals.

Faire de la musique c’est être barge, fou à lier, savoir tout perdre et considérer que c’est une victoire, toujours. Sur son premier morceau, Envy, Breton affirme son existence, son pouvoir, son contrôle, capable d’envoyer un tube funky, dansant, comme un hymne festif et entêtant. Maitriser le chaos, c’est savoir utiliser couplet/refrain, slogans abruptes, sans laisser tomber ce râle, cette plainte du chant, cette identité nécessaire.

Breton puise dans les bruits ambiants, plonge dans les sonorités psychés, synthétisées et lunaires. War Room Stories prend les codes électro, le distorter effect, les samples housy et part en guerre, vers le rock, dans le rock dur, qui fait mal, qui blesse, à l’image de S4, morceau cyclique, répétitif, torturé. Il s’agit je crois pour le collectif d’une aventure, de la mobilisation de cinq barges en transe qui superposent nappes sur nappes, capables de livrer une ballade house comme Legs & Arms. On parle évidemment de surréalisme, influence à l’origine de leur nom. Surréaliste parce qu’ils sont partis, ailleurs, qu’ils abordent la pop comme une jolie fille dans la rue, qu’ils bouleversent les cordes et le piano. War Room Stories, c’est comme plonger dans une dépression et sortir vainqueur, être devenu le lauréat, parce que Breton s’énerve, se frappe, possède son bordel musical entre colère et repos, rage et pacifisme, à l’image de National Grid. Le collectif prouve qu’il est capable de faire un tube, de contrôler, du funk de Search Party au lyrisme trip-hop de Brothers.

A l’écoute de l’album, je décolle, seule, un peu perdue dans une cave où les notions d’espoir et de désespoir ont disparu, avec la sensation d’avoir compris quelque chose que je ne sais pourtant pas. Breton réussi donc sa mélancolie bilieuse, puissance électronique d’un collectif qui se fout du résultat de la guerre qu’ils annoncent.

Sortie prévue le 3 février, d’ores et déjà en écoute sur Spotify.