Archives par mot-clé : amour

Nicolas Buffe, le roi Midas règne entre Paris et Tokyo

 Son nom pourrait évoquer des chocolats, un vêtement, une licorne ou même un opéra italien. Jeune artiste français de 38 ans installé au Japon, Nicolas Buffe garde un lien fort avec l’hexagone où ses doigts ouvrent des portes d’un monde imaginaire et poétique. Véritable redécouverte de l’histoire de l’art,  cette entrevue est l’occasion de découvrir l’art de Nicolas Buffe en parallèle avec des artistes de la Renaissance aux  avant-gardistes européens du XXe siècle.

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De l’amour sous un Soleil de Plomb

Des histoires d’amour portées par des corps aux peaux brûlées par le soleil, et qui s’aiment encore et toujours, comme un cercle sans fin ; Soleil de Plomb est un long métrage fragile, à découvrir ! Continuer la lecture de De l’amour sous un Soleil de Plomb

BANG GANG, une histoire d’amour moderne : le teen movie libertin

Certains doivent se dire : encore un film érotico-romantique sur la jeunesse dépravée, aux antipodes de la réalité. Bang Gang se situe en effet dans cette lignée de films qui inaugurent un changement dans le traitement des relations amoureuses au cinéma. Devenues bien plus érotiques voir provocatrices, ces jeunes romances deviennent presque symptomatiques de notre époque. Incarnée par Larry Clark et sublimée par Gaspard Noé dans Love ou Abdelatif Kéchiche dans La vie d’Adèle, Eva Husson suit cette tendance avec justesse et féminité.

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Les contes argentiques d’Oleg Oprisco

Artiste ukrainien de 25 ans, Oleg Oprisco est un créateur dans un monde réaliste qu’il transforme en un conte magique. Ses photographies en format carré sont parsemées de petites scènes oniriques et parfois romantiques. Continuer la lecture de Les contes argentiques d’Oleg Oprisco

Mon Roi de Maïwenn : l’amour et la violence

Le dernier film de Maiwenn aura fait jaser depuis que son héroïne Emmanuelle Bercot a remporté le prix de la meilleure interprétation féminine au festival de Cannes (partagé avec Rooney Mara). Certaines critiques soulignent le pathétique dégoulinant porté par une psychologie de café et une intrigue qui tourne dans le vide, mais ici aucune de ces remarques malveillantes ne sera présente. Parce que Mon Roi est un geste cinématographique, percutant, pertinent, enivrant par lequel la jeune réalisatrice atteint sa consécration.

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« Marseille manque cruellement de lieux de concerts l’été »

Quelques semaines après la rentrée, Marseille reste inchangée : foulée par les touristes l’été, en automne elle s’échauffe pour accueillir les plus grands festivals de l’année.

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[VIDEO] Rencontre avec Hyphen Hyphen, nos traits d’union préférés

Des traits d’union. Telle est la signification française du nom de scène porté par les quatre niçois. Une union et une alchimie certaine aussi repérable lors des live et interviews, venus d’ailleurs à cette rencontre sans maquillage, un signe qui les caractérise pourtant. Sur scène, vêtus de leurs plus beaux habits, ils viendront se déhancher maquillage tribal et vêtements amples à l’appui, redonner un peu de justesse et de vitalité à un public venu pour oublier le temps d’un soir.

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The Giver, une adaptation aseptisée

« Ce ne sont pas les émotions qui sont dangereuses, mais ce que nous en faisons ». Depuis mercredi au cinéma, The Giver, un film anti-utopia retient l’attention.

Synopsis : Dans le futur, les émotions ont été supprimées grâce à l’effacement de toute trace d’histoire. Tous les individus sont formatés pour se comporter de façon préétablie. Le Passeur est la seule personne qui peut se souvenir du passé, en cas de nécessité. Le jeune Jonas, 16 ans, est choisi pour être le nouveau Passeur. Continuer la lecture de The Giver, une adaptation aseptisée

Vianney, le dandy chimiste

vianneyC’est très rapide. On peut avoir un coup de cœur comme un coup de foudre s’abat sur votre muscle cardiaque sans vous prévenir. Cette magie foudroyante pourrait se reproduire à l’écoute du premier single du français de 23 ans Vianney. Son premier album Idées Blanches est sorti le 20 octobre signé chez Tôt Ou Tard. On tient peut-être le tube de l’été.

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L’Entrevue de Manuele Fior : de l’amour au clair obscur

ENTREVUE-PREFLASH

 Dernière bande dessinée de l’italien Manuele Fior − illustrateur, dessinateur et architecte − paru chez Futuropolis en avril dernier, L‘Entrevue suit des chemins et des traits plus sombres que ses précédents albums comme Cinq mille kilomètres par seconde ou encore Mademoiselle Elise. Italien devenu Parisien, Manuele Fior nous immerge dans un nouvel univers qui entre-mêle romantisme, érotisme et beauté ténébreuse.

Le synopsis:

  En Italie, dans un futur proche. Parce qu’il pense avoir aperçu un vaisseau spatial dans le ciel, Raniero, un psychologue âgé d’une cinquantaine d’années, est victime d’un accident de la route. En instance de divorce, la voiture cassée, son cou maintenu par une minerve, il reprend le travail et fait la connaissance d’une nouvelle patiente, Dora, qui prétend avoir vu également le vaisseau spatial, et pouvoir communiquer par télépathie. 

L’Entrevue, c’est l’histoire même du clair obscur, animée par la présence fantasmagorique d’un vaisseau spatial. C’est aussi le récit d’une double rencontre entre un psychologue, Raniero − un quadra à la moustache brune − et ces triangles lumineux qu’il découvre en pleine nuit. Puis c’est sa rencontre avec une jeune patiente du nom de Dora.

L'entrevue - Manuele Fior

A la première case, notre œil suit la ligne ferroviaire qui nous mène vers cette ville fortement lumineuse, contrastant avec l’énigmatique et imposant chaîne de montagne noire. Ces paysages jouent un rôle majeur. Ils imposent un silence, un temps à la réflexion et à l’observation. Quand les pages ne se noircissent plus, la beauté du clair obscur laisse place à la découverte de cette ville tantôt futuriste et moderne avec l’apparition de bâtiments aux inspirations 70’s, plongeant dans le monde de Star Trek, légèrement galbés et épurés, puis droits et ciselés (une occasion pour Manuele Fior de laisser place à son talent d’architecte). Alors que l’autre monde, parallèle et pourtant attaché au premier, marque l’apparition pérenne des campaniles, des monuments religieux soutenus par la présence de la Vierge Marie ou des ponts en arche moderne. Ce contraste n’est pas qu’architectural, il fait écho à la relation les deux protagonistes Raniero et Dora. Ces deux êtres que l’âge oppose se construisent une amitié qui tend à l’attirance et à la sexualité baignées dans le noir mystique. Dora, qui prétend avoir vu ces triangles incandescents et fantomatiques, qui se dit en connexion avec ces apparitions et télépathe semble attirée par son psychologue imposé par ses parents pour cause d’hallucination. Raniero se prend d’affection en gardant sa moue renfrognée. Une attirance qui va le confronter avec ses propres désirs, sur la réflexion de sa situation maritale et surtout le mettra face à cette nouvelle génération qui redéfinit le mot amour. Sa jeune patiente fait partie de la « Nouvelle Convention », convention qui abolit la dépendance amoureuse, laisse place à l’amour libre. Tandis que Raniero est enraciné dans la bourgeoisie des sentiments, par la vision de notre propre époque que le psychologue représente.

L'Entrevue - Manuele Fior

Bien qu’il s’agisse de science-fiction, « L’Entrevue est un récit (…) qui n’explore pas les étoiles mais le délicat et fragile univers intérieur des relations, des sentiments et des affections de chacun de nous« . Ce récit est aussi l’occasion de découvrir la collaboration avec Anne-Lise Vernejoul pour ses effets spéciaux. Difficile de ne pas succomber par la magie de cette bataille entre les deux couleurs aux antipodes l’un de l’autre. Les scènes plongées dans le noir sont empreintes de mystère, parfois d’érotisme. Il arrive parfois de se sentir frustré, de n’avoir le temps de respirer, d’observer au lieu de passer case par case, de sentir les traits de Manuele Fior nous charmer. L’envie de commettre une seconde lecture est insoutenable, presque obligatoire pour comprendre ce qui n’a pas été vu, pour admirer chaque détail et détendre son œil brûlant.

Dora nous observe la tête basse, alors laissons-la nous narrer son histoire, et celle de son psychologue Raniero.