Chronique d’une fille qui en a marre des relous pendant les concerts

Parce qu’on a tous été à un concert où il y avait le mec relou devant toi qui te gâchait la vue de ton groupe préféré sur scène. Il y en de différents types: le gars qui fait le signe rock’n’roll avec sa main alors qu’on est a à un concert d’électro. Celui qui viendra t’aborder lourdement pour danser alors que tu auras insisté que non, tu as déjà un copain. Ou le mec qui viendra galocher sa nana pendant tout le concert devant toi. Jolie vue. Alors en tant que festivalière, je viens t’écrire un (sur)vival guide, oui, toi le festivalier susceptible de rendre mauvaise la soirée des autres spectateurs. Continuer la lecture de Chronique d’une fille qui en a marre des relous pendant les concerts

La Vie d’Adèle : une Palme d’Or plus que méritée

Adèle est une lycéenne comme on en voit beaucoup. Habitante d’une banlieue lilloise, elle prend le bus tous les matins, fume une cigarette, discute avec ses copines, flirte avec un garçon. Mais alors qu’elle marchait tranquillement dans la rue, elle croise une chevelure. Une chevelure éclatante, bleue turquoise, remarquable. Ces cheveux colorés, c’est Emma, une étudiante aux Beaux-Arts, ouvertement lesbienne. Pour Adèle, irrésistiblement attirée par la jeune artiste, impossible d’oublier cette rencontre, qui va changer sa vie…

En entrant dans la salle de cinéma, on peut s’attendre à beaucoup de choses. A du sexe, des scènes polémiques, du choquant, du dramatique, du drôle, du militant. Bref, on s’attend à entendre les échos de l’affaire Abdellatif Kechiche, accusé par les médias et les actrices du film d’être un tyran fou, qui a exploité son équipe pendant des mois, qui a tourné des scènes de sexe proche de la pornographie. Pourtant, La Vie d’Adèle est sans doute le film le plus tendre, le plus doux, le plus remuant de cette année 2013. A aucun moment, Kechiche ne semble chercher à militer pour une cause, à s’engager. C’est simplement une ode au romantisme, au déchirement, aux sentiments, à l’amour. Adèle est une fille qui pourrait paraître lambda, pas bien riche, imparfaite, avec ses cheveux dans les yeux, son penchant pour le chocolat, sa maladresse, ses traces de bolognaise autour de la bouche quand elle mange et son sentiment d’égarement. Emma est quant à elle, un personnage bien plus carré, alors qu’elle se veut originale. Toujours propre sur elle, avec un discours à jamais cadré et maîtrisé. Elle, qui revendique sa liberté et la reconnaissance de ses propres valeurs, est finalement bien moi libérée que sa compagne. Les deux femmes, foncièrement différentes, forment un couple complémentaire, attachant, inhabituel. Kechiche nous fait rentrer discrètement dans leur vie quotidienne, leur lutte pour s’aimer malgré leurs différences et leurs différents. Le spectateur pénètre dans l’intimité de ce couple, dans la vie d’Adèle. Au fil de ces trois heures, on observe la jeune fille grandir, découvrir sa sexualité, avec un homme puis avec Emma. On la voit chercher son rêve, le réaliser, s’affirmer, perdre ses repères, toujours en quête pour comprendre ce qu’elle veut. C’est une éternelle insatisfaite, elle l’énonce clairement dès le début : pour elle, c’est tout ou rien.

La Vie d’Adèle est une véritable perle. Kechiche joue avec les sentiments des spectateurs, provoquant tantôt de la surprise avec de longues scènes de sexe très crues, très directes et détaillées, tantôt de la mélancolie avec des scènes tragiques et chargées d’émotions. Le couple d’actrices crève l’écran, avec un jeu tellement convaincant qu’on s’y tromperait. Adèle Exarchopoulos a un charme fou dans ce film, avec son jeu discret mais pas retenu, ses moues enfantines et sa voix grave et mature. Accompagnée de Léa Seydoux, elle se révèle et les deux jeunes actrices semblent être au summum de leur talent. Kechiche n’est pas en reste avec une réalisation brillante, quoiqu’un peu lourde à certains passages. L’usage des gros plans renforce le sentiment d’intrusion qui peut, à terme, créer un certain malaise. Comme dans cette scène, où l’on peut observer Adèle, en pleurs, prendre une boîte cachée sous son lit pour dévorer des barres chocolatées. C’est comme si le spectateur assistait vraiment à cette scène, en compagnie du personnage. Kechiche semble avoir la volonté de dévoiler la vérité, la vie de sa muse sans artifices et concessions. Ce choix de réalisation peut parfois sembler très lourd, très pesant et ne plaira pas à tout le monde.

Malgré tout, il serait vraiment dommage de rater La Vie d’Adèle, un film qui mériterait d’être plus connu pour sa Palme d’Or que pour ses gros titres dans les journaux à scandale.

Le succès s’accroche définitivement à Colt Silvers

Repérés il y a de ça quelques mois avec leur single As We Walk, les trois membres de Colt Silvers reviennent aujourd’hui avec l’édition d’un nouveau clip interactif issu de leur dernier album intitulé Red Panda, sorti depuis mars dernier.

Colt Silvers même s’il n’est pas nécessairement difficile à deviner, s’illustre dans l’univers de la pop/électro fortement emprunte des eighties dont certaines de leurs influences viennent vous rappeler des groupes tels Foals pour ne citer qu’eux.

A travers le clip Hide and Seek (en français: cache cache) paru il y a quelques mois, on retrouve donc leur même gout et esthétique pour des clips épurés avec des images d’une qualité non négligeable, résultat de la maitrise des techniques de réalisations de clips (cf La Cité de la Prod). Côté images, le clip met en scène une balade ou un tour de cache-cache musical au cœur d’une forêt. Quant à la musique, elle se compose avec des accents cette fois plus marqués vers la pop.

A l’occasion de l’entrée du titre dans la playlist des radios OUI FM et VIRGIN RADIO, le clip a été réédité cette fois, en version interactive à consulter ici avec de jolis effets et angles de vue.

Le groupe est encadré par le label de moustachus et à la pêche d’enfer Deaf Rock Records qui promeuvent également 1984 et Alpes. Des groupes qui sortiront bientot de l’ombre si notre pressenti se confirme dans les mois qui viennent.

Mais que devient Avril Lavigne ?

Il est vrai que depuis son troisième album The Best Damn Thing sorti en 2007 avec entre autres les titres qui ont fait son succès tels Girlfriend ou la balade (presque déprimante) When You’re Gone, on n’entend beaucoup moins parler d’Avril Lavigne qu’auparavant. Une artiste de hits rapidement délaissés et bon à retourner au grenier vous dites ? Pas si vite.

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La découverte #2 du festival Rock Inter Régions : ROUGH INFLUENCE

On continue sur notre lancée avec les Toulousains du Festival Rock Inter Régions : Rough Influence. Après une finale très serrée, le groupe  s’est vu remporter le titre de grand gagnant de ce festival !

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Le retour de Cage The Elephant

Cage The Elephant c’est le genre de groupe qu’on découvrait il y a quelques années sur les festivals européens et outre-Atlantique (Lollapalooza, Glastonbury ou Rock en Seine pour n’en citer que trois). Un quintet ricain qui fait du garage rock avec une telle énergie et une telle présence scénique qu’on avait pas vu ça depuis Nirvana. La bande des frères Schultz est donc de retour avec un troisième opus intitulé Melophobia.

Un nom intrigant pour un album: Melophobia. Il faut savoir qu’un mélophobe est une personne qui n’aime pas la musique. Les Cage The Elephant se seraient donc t-ils lancés dans la volonté de faire aimer la musique à n’importe qui ? C’est à voir… Après un premier album brut de décoffrage et simple d’accès, les américains nous avaient livré un deuxième opus plus difficile d’accès, plus poussé et plus subtile.

Avec Melophobia, le quintet part encore plus loin dans l’exploration. Les basses sont plus lourdes, les arrangements sont travaillés, les guitares sont réverbérées et de plus en plus de place est laissée aux sons de synthés et aux mélodies sans pour autant partir dans la pop qu’on nous sert à toutes les sauces. On reste dans l’indie, l’alternatif et le garage rock !

On retrouve bien évidemment au rendez-vous la pêche qui fait leur réputation et qu’on aime mais on trouve aussi quelques petites ballades aux teintes psychédéliques agréables. On redécouvre un nouveau Matt Shultz plus émouvant qu’il n’a été, plus juste aussi. On a également une petite surprise inattendue. Celle d’un featuring avec la divine Alison Mosshart, chanteuse des Kills qui pose ici parfaitement bien sa voix sur It’s Just Forever. On notera en revanche un petit bémol à cet album qui est leur plus court avec seulement deux chansons dépassant les 4 minutes sur 10 au total.

Il ne restera plus qu’à voir si nos amis de Cage The Elephant sont toujours aussi bons en concert. On espère donc une annonce de date dans notre pays en manque de garage rock.

Apéro musical & pause ciné