Tous les articles par Mathieu Lemoine

LUCY : La bombe de Besson est lancée !

« SYN. A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités. »

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La Vie rêvée de Walter Mitty : une aventure à laquelle on dit oui !

La Vie rêvée de Walter Mitty est déjà le 5ème film du trublion du cinéma américain Ben Stiller, homme aux multiples facettes qui pour la première fois ne réalise pas une comédie pure mais plutôt une comédie dramatique, un feel good movie sous forme de blockbuster, une sorte d’OFNI (Objet Filmique Non Identifié), nouvelle adaptation au cinéma de la nouvelle de James Thurber parue en 1939.

Synopsis: Walter Mitty est employé au magazine Life. Excessivement timide, il s’imagine être le héros d’aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité stressante. Mais un jour, il doit faire face à des problèmes de la vie réelle : avouer son amour à sa collègue Cheryl Melhoff et retrouver le négatif n°25 du célèbre photographe Sean O’Connell…

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300 : La Naissance d’un Empire (qui aurait aussi très bien pu avorter)

    300 La naissance d’une empire est la suite de 300, film déjà culte de Zack Snyder, mais n’est pas vraiment sa suite… En fait, ça raconte les évènements se passant avant l’intrigue de 300, pendant l’intrigue de 300 et après l’intrigue de 300, parfois lié aux évènements du premier film, parfois non. Le scénario, un peu confus, se déroule en parallèle à l’histoire d’origine. Bref, le retour aux meurtres sanguinolents, à l’esthétique super léchée et aux répliques cultes « AHOU, AHOU » vaut elle le coup ?

SYNOPSIS: Le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse…

La réponse est très simple: non. Continuer la lecture de 300 : La Naissance d’un Empire (qui aurait aussi très bien pu avorter)

Her : déjà le meilleur film de l’année ?

Quand on va au cinéma, c’est toujours un peu la loterie. Parfois on est agréablement surpris, parfois on se fait piéger par la promo du film, parfois on a exactement ce que l’on attendait… On va voir des bons films, des mauvais films, des bons films qui ne nous touchent pas ou on ressent des plaisirs coupables. Le film Her sorti aujourd’hui en salle fait partie de la catégorie du St Graal, c’est-à-dire de la catégorie « chef d’œuvre »: explication.

SYNOPSIS:   Dans un futur proche, à Los Angeles, Theodore travaille pour un site web comme écrivain public, rédigeant des lettres de toutes sortes — familiales, amoureuses, etc. — pour d’autres. Son épouse Catherine et lui ont rompu depuis plusieurs mois lorsqu’il installe un nouveau système d’exploitation, auquel il donne une voix féminine. Cette dernière, une véritable intelligence artificielle, se choisit le prénom Samantha. Elle et lui tombent amoureux.

Quand un film arrive à vous interroger le lendemain, voire la semaine d’après, de son visionnage, sans que vous n’ayez réussi à mettre tous les mots sur ce que vous aviez ressenti pendant la projection, c’est qu’il est doté d’une richesse exceptionnelle et d’une force rare. Continuer la lecture de Her : déjà le meilleur film de l’année ?

American Bluff : des arnaqueurs qui ne volent pas bien haut

American Bluff (ici en France) ou plutôt Hustle aux États-Unis est le 8ème film du phénomène David O’Russel, réalisateur le plus hype du moment à Hollywood du côté des critiques mais surtout une immense incompréhension pour l’auteur de ce papier.

En effet, jeune réalisateur aussi odieux que talentueux, ce monsieur a cartonné lors de ses premiers films au début des années 2000 avant de se faire des ennemis avec à peu près tous les gens avec lesquels il travaillait (George Clooney en tête) ce qui l’a amené à vivre une longue traversée du désert à Hollywood.

Mais l’acteur Mark Wahlberg le repêcha en lui demandant de réaliser un projet qui lui tenait à cœur, le film Fighter (excellent au demeurant) qui remporta tout de même deux Oscars pour les performances de ses acteurs secondaires en 2010.

N’étant plus persona non grata dans la profession, on lui fait confiance pour réaliser Happiness Therapy, comédie romantique ô combien classique (pour ne pas dire basique) mais qui jouira d’un succès hallucinant et complètement disproportionné, se voyant couronné d’un Oscar pour la performance de Jennifer Lawrence qui laisse, encore aujourd’hui, beaucoup de cinéphiles dubitatifs.

Auréolé de ces succès, l’homme a maintenant carte blanche pour faire ce qu’il souhaite, ses films rapportant beaucoup d’argent et ne coutant pas très cher, et décide de s’inspirer de cette histoire vraie d’arnaque au sein des années 70, armé de sa troupe d’acteur habituelle. Verdict ?

Synopsis: Entre fiction et réalité, American Bluff nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Encore une fois, O’Russel restera un mystère pour moi. Le type a du talent, c’est indéniable, mais en voyant ce film (comme pour Happiness Therapy), on se demande bien pourquoi toutes ces critiques élogieuses, pourquoi ce succès, cet engouement quasi unanime valant tout de même au film 9 nominations aux Oscars (et où il repartira bredouille).

En effet, le film n’a rien d’extraordinaire. Le film se veut être un hommage aux grands films d’arnaque et au cinéma de Scorsese mais n’arrive jamais à la cheville du maître, ne faisant que singer sans comprendre la folie de personnages hauts en couleurs, consumés par des désirs plus forts qu’eux et détruit par des mondes aux codes bien précis.

L’histoire est laborieuse à mettre en place, les dialogues sont étirés à l’extrême, l’intrigue peine à intéresser par sa fausse complexité, donnant un aspect bavard au film dans le sens négatif du terme.

De plus, certains acteurs sont insupportables dans le film, livrant des performances exubérantes et hystériques se voulant incroyables (et par conséquent dignes d’Oscars) mais étant juste fatigante, je pense notamment à Bradley Cooper et Jennifer Lawrence, jouant des personnages caricaturaux et sans profondeur, manquant profondément de subtilité.

Heureusement, le couple d’arnaqueurs que forment Christian Bale et Amy Adams vient sauver le carnage avec des personnages beaucoup plus subtils et intéressants, montrant la face cachée d’une arnaque: les moments en dehors de l’arnaque même ou les criminels vivent leurs vies et tentent de s’en sortir comme ils le peuvent.

Néanmoins, cet aspect assez original du film est contrebalancé par une multitude de scènes inutiles ou d’autre se voulant drôles ou stressantes mais qui sont juste chiantes tellement les disputes à rallonges semblent vaines.

Pour ce qui est de la reconstitution des années 70, le travail est très bien fait même si la réalisation de David O’Russel n’a franchement rien d’exceptionnel et ne fait pas honneur à la direction artistique.

On pourra aussi reprocher un aspect très clipesque au film où la musique est omniprésente (O’Russel s’appuyant sur les tubes de l’époque) montrant les facilités de réalisation pour combler le vide tant dans la mise en scène que dans l’histoire.

Quant à l’histoire, malgré cet aspect original de la présentation du quotidien des arnaqueurs, elle ne vole pas bien haut. Inutilement complexe, l’histoire ne remplit pas sa promesse de film d’arnaque puisque l’arnaque est d’une telle facilité qu’elle ne peut que décevoir les spectateurs fan du genre.

Pour terminer cette critique, si le film n’est pas une catastrophe, il n’est franchement pas bon, ne méritant en aucun cas 9 nominations aux Oscars (autant que Gravity) et le fait qu’il soit reparti bredouille est un bon indicateur du piètre spectacle vendu, malgré son emballage très excitant. Grosse déception.

Philomena : La nouvelle pépite du cinéma anglais

Philomena est une dramédie british comme seuls les britanniques sont capables d’en faire, ayant pour inspiration une histoire réelle méconnue et proprement scandaleuse des abus de l’Église au cours du XXe siècle en Irlande. Stephen Frears à la manette de ce projet, autrement dit l’un des cinéastes britanniques les plus intéressants et inégal du royaume de sa Majesté, sur un scénario de Steve Coogan qui s’est donné lui-même le rôle principal, le film promettait quelque chose d’intéressant. Verdict ?

Synopsis: Philomena, une Irlandaise ayant accouché adolescente dans un couvent, n’a aucune nouvelle de son fils, adopté contre son gré. Le jour des 50 ans de la naissance de son fils, en 2002, elle en parle pour la première fois à la fille qu’elle a eue plus tard. A la suite de cela, elle part avec le journaliste, Martin Sixsmith, à la recherche de son fils.

Philomena, c’est l’incarnation de ce que les anglais arrivent à faire de mieux au cinéma, rire sans être cynique, faire réfléchir sans nous prendre pour des cons et nous divertir en partant d’événements pour le moins dramatiques et difficiles.

La bonne idée du film étant de prendre son sujet extrêmement au sérieux sans pour autant se sentir le devoir de le traiter sérieusement. Le film n’aurait pu se concentrer que sur le drame qui a hanté la vie de Philomena, au lieu de ça, il va s’amuser de cette rencontre improbable entre cette vieille dame bigote, relativement « beauf » et de ce journaliste blasé venant de l’élite intellectuelle.

Deux mondes que tout opposent mais qui vont finir par se rencontrer dans ce road trip hilarant et bouleversant dans cette quête de la vérité.

Coogan et son coscénariste ont réussi l’exploit de partir de ces événements réels dramatiques en dénonçant ce qui s’était passé 50 ans plus tôt mais aussi à défendre l’Église, à travers le personnage de Philomena qui garde encore aujourd’hui un optimisme envers la vie qui force le respect vu ce qui s’est passé dans sa vie.

Cette vision joyeuse de la vie se confrontant à celle nettement plus cynique du journaliste permet au-delà du rire de mener une réflexion sur nos croyances, de nous interroger à notre rapport envers Dieu, nous-même, les autres et notre conception de la vie. Sans en avoir l’air, ce petit film extrêmement bien réalisé par Stephen Frears qui revient ici à son plus haut niveau (et qui a su resté sobre quand il le fallait), vous marquera par son propos humaniste.

En dehors de cette histoire hors du commun, il est à noter les performances des deux protagonistes

Dame Judi Dench nous prouve, encore une fois, qu’elle pourrait être considérée comme la Meryl Streep anglaise tellement elle impose son personnage de petit bout de femme avec une intensité hallucinante.

Quand à Steve Coogan, acteur beaucoup trop méconnu proportionnellement à son talent, il réussit à tenir la dragée haute face à la Rolls Royce des actrices anglaises et arrive à rendre son personnage passionnant et humain malgré son aspect antipathique aux premiers abords.

On notera aussi la  4ème collaboration toujours aussi fructueuse entre Stephen Frears et notre Alexandre Desplat national à la musique qui fait encore une fois des étincelles.

Le film est nommé plusieurs fois dans différentes cérémonies (dont Dame Dench aux Oscars) et a déjà remporté le Bafta du meilleur scénario adapté. J’espère sincèrement qu’il gagnera d’autre prix mais surtout qu’il puisse trouver son public, car un film arrivant à être drôle, touchant et intelligent, ça n’arrive malheureusement pas toutes les semaines.