Tous les articles par Mathieu Lemoine

LUCY : La bombe de Besson est lancée !

« SYN. A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités. »

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La Vie rêvée de Walter Mitty : une aventure à laquelle on dit oui !

La Vie rêvée de Walter Mitty est déjà le 5ème film du trublion du cinéma américain Ben Stiller, homme aux multiples facettes qui pour la première fois ne réalise pas une comédie pure mais plutôt une comédie dramatique, un feel good movie sous forme de blockbuster, une sorte d’OFNI (Objet Filmique Non Identifié), nouvelle adaptation au cinéma de la nouvelle de James Thurber parue en 1939.

Synopsis: Walter Mitty est employé au magazine Life. Excessivement timide, il s’imagine être le héros d’aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité stressante. Mais un jour, il doit faire face à des problèmes de la vie réelle : avouer son amour à sa collègue Cheryl Melhoff et retrouver le négatif n°25 du célèbre photographe Sean O’Connell…

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300 : La Naissance d’un Empire (qui aurait aussi très bien pu avorter)

    300 La naissance d’une empire est la suite de 300, film déjà culte de Zack Snyder, mais n’est pas vraiment sa suite… En fait, ça raconte les évènements se passant avant l’intrigue de 300, pendant l’intrigue de 300 et après l’intrigue de 300, parfois lié aux évènements du premier film, parfois non. Le scénario, un peu confus, se déroule en parallèle à l’histoire d’origine. Bref, le retour aux meurtres sanguinolents, à l’esthétique super léchée et aux répliques cultes « AHOU, AHOU » vaut elle le coup ?

SYNOPSIS: Le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse…

La réponse est très simple: non. Continuer la lecture de 300 : La Naissance d’un Empire (qui aurait aussi très bien pu avorter)

Her : déjà le meilleur film de l’année ?

Quand on va au cinéma, c’est toujours un peu la loterie. Parfois on est agréablement surpris, parfois on se fait piéger par la promo du film, parfois on a exactement ce que l’on attendait… On va voir des bons films, des mauvais films, des bons films qui ne nous touchent pas ou on ressent des plaisirs coupables. Le film Her sorti aujourd’hui en salle fait partie de la catégorie du St Graal, c’est-à-dire de la catégorie « chef d’œuvre »: explication.

SYNOPSIS:   Dans un futur proche, à Los Angeles, Theodore travaille pour un site web comme écrivain public, rédigeant des lettres de toutes sortes — familiales, amoureuses, etc. — pour d’autres. Son épouse Catherine et lui ont rompu depuis plusieurs mois lorsqu’il installe un nouveau système d’exploitation, auquel il donne une voix féminine. Cette dernière, une véritable intelligence artificielle, se choisit le prénom Samantha. Elle et lui tombent amoureux.

Quand un film arrive à vous interroger le lendemain, voire la semaine d’après, de son visionnage, sans que vous n’ayez réussi à mettre tous les mots sur ce que vous aviez ressenti pendant la projection, c’est qu’il est doté d’une richesse exceptionnelle et d’une force rare. Continuer la lecture de Her : déjà le meilleur film de l’année ?

American Bluff : des arnaqueurs qui ne volent pas bien haut

American Bluff (ici en France) ou plutôt Hustle aux États-Unis est le 8ème film du phénomène David O’Russel, réalisateur le plus hype du moment à Hollywood du côté des critiques mais surtout une immense incompréhension pour l’auteur de ce papier.

En effet, jeune réalisateur aussi odieux que talentueux, ce monsieur a cartonné lors de ses premiers films au début des années 2000 avant de se faire des ennemis avec à peu près tous les gens avec lesquels il travaillait (George Clooney en tête) ce qui l’a amené à vivre une longue traversée du désert à Hollywood.

Mais l’acteur Mark Wahlberg le repêcha en lui demandant de réaliser un projet qui lui tenait à cœur, le film Fighter (excellent au demeurant) qui remporta tout de même deux Oscars pour les performances de ses acteurs secondaires en 2010.

N’étant plus persona non grata dans la profession, on lui fait confiance pour réaliser Happiness Therapy, comédie romantique ô combien classique (pour ne pas dire basique) mais qui jouira d’un succès hallucinant et complètement disproportionné, se voyant couronné d’un Oscar pour la performance de Jennifer Lawrence qui laisse, encore aujourd’hui, beaucoup de cinéphiles dubitatifs.

Auréolé de ces succès, l’homme a maintenant carte blanche pour faire ce qu’il souhaite, ses films rapportant beaucoup d’argent et ne coutant pas très cher, et décide de s’inspirer de cette histoire vraie d’arnaque au sein des années 70, armé de sa troupe d’acteur habituelle. Verdict ?

Synopsis: Entre fiction et réalité, American Bluff nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Encore une fois, O’Russel restera un mystère pour moi. Le type a du talent, c’est indéniable, mais en voyant ce film (comme pour Happiness Therapy), on se demande bien pourquoi toutes ces critiques élogieuses, pourquoi ce succès, cet engouement quasi unanime valant tout de même au film 9 nominations aux Oscars (et où il repartira bredouille).

En effet, le film n’a rien d’extraordinaire. Le film se veut être un hommage aux grands films d’arnaque et au cinéma de Scorsese mais n’arrive jamais à la cheville du maître, ne faisant que singer sans comprendre la folie de personnages hauts en couleurs, consumés par des désirs plus forts qu’eux et détruit par des mondes aux codes bien précis.

L’histoire est laborieuse à mettre en place, les dialogues sont étirés à l’extrême, l’intrigue peine à intéresser par sa fausse complexité, donnant un aspect bavard au film dans le sens négatif du terme.

De plus, certains acteurs sont insupportables dans le film, livrant des performances exubérantes et hystériques se voulant incroyables (et par conséquent dignes d’Oscars) mais étant juste fatigante, je pense notamment à Bradley Cooper et Jennifer Lawrence, jouant des personnages caricaturaux et sans profondeur, manquant profondément de subtilité.

Heureusement, le couple d’arnaqueurs que forment Christian Bale et Amy Adams vient sauver le carnage avec des personnages beaucoup plus subtils et intéressants, montrant la face cachée d’une arnaque: les moments en dehors de l’arnaque même ou les criminels vivent leurs vies et tentent de s’en sortir comme ils le peuvent.

Néanmoins, cet aspect assez original du film est contrebalancé par une multitude de scènes inutiles ou d’autre se voulant drôles ou stressantes mais qui sont juste chiantes tellement les disputes à rallonges semblent vaines.

Pour ce qui est de la reconstitution des années 70, le travail est très bien fait même si la réalisation de David O’Russel n’a franchement rien d’exceptionnel et ne fait pas honneur à la direction artistique.

On pourra aussi reprocher un aspect très clipesque au film où la musique est omniprésente (O’Russel s’appuyant sur les tubes de l’époque) montrant les facilités de réalisation pour combler le vide tant dans la mise en scène que dans l’histoire.

Quant à l’histoire, malgré cet aspect original de la présentation du quotidien des arnaqueurs, elle ne vole pas bien haut. Inutilement complexe, l’histoire ne remplit pas sa promesse de film d’arnaque puisque l’arnaque est d’une telle facilité qu’elle ne peut que décevoir les spectateurs fan du genre.

Pour terminer cette critique, si le film n’est pas une catastrophe, il n’est franchement pas bon, ne méritant en aucun cas 9 nominations aux Oscars (autant que Gravity) et le fait qu’il soit reparti bredouille est un bon indicateur du piètre spectacle vendu, malgré son emballage très excitant. Grosse déception.

Philomena : La nouvelle pépite du cinéma anglais

Philomena est une dramédie british comme seuls les britanniques sont capables d’en faire, ayant pour inspiration une histoire réelle méconnue et proprement scandaleuse des abus de l’Église au cours du XXe siècle en Irlande. Stephen Frears à la manette de ce projet, autrement dit l’un des cinéastes britanniques les plus intéressants et inégal du royaume de sa Majesté, sur un scénario de Steve Coogan qui s’est donné lui-même le rôle principal, le film promettait quelque chose d’intéressant. Verdict ?

Synopsis: Philomena, une Irlandaise ayant accouché adolescente dans un couvent, n’a aucune nouvelle de son fils, adopté contre son gré. Le jour des 50 ans de la naissance de son fils, en 2002, elle en parle pour la première fois à la fille qu’elle a eue plus tard. A la suite de cela, elle part avec le journaliste, Martin Sixsmith, à la recherche de son fils.

Philomena, c’est l’incarnation de ce que les anglais arrivent à faire de mieux au cinéma, rire sans être cynique, faire réfléchir sans nous prendre pour des cons et nous divertir en partant d’événements pour le moins dramatiques et difficiles.

La bonne idée du film étant de prendre son sujet extrêmement au sérieux sans pour autant se sentir le devoir de le traiter sérieusement. Le film n’aurait pu se concentrer que sur le drame qui a hanté la vie de Philomena, au lieu de ça, il va s’amuser de cette rencontre improbable entre cette vieille dame bigote, relativement « beauf » et de ce journaliste blasé venant de l’élite intellectuelle.

Deux mondes que tout opposent mais qui vont finir par se rencontrer dans ce road trip hilarant et bouleversant dans cette quête de la vérité.

Coogan et son coscénariste ont réussi l’exploit de partir de ces événements réels dramatiques en dénonçant ce qui s’était passé 50 ans plus tôt mais aussi à défendre l’Église, à travers le personnage de Philomena qui garde encore aujourd’hui un optimisme envers la vie qui force le respect vu ce qui s’est passé dans sa vie.

Cette vision joyeuse de la vie se confrontant à celle nettement plus cynique du journaliste permet au-delà du rire de mener une réflexion sur nos croyances, de nous interroger à notre rapport envers Dieu, nous-même, les autres et notre conception de la vie. Sans en avoir l’air, ce petit film extrêmement bien réalisé par Stephen Frears qui revient ici à son plus haut niveau (et qui a su resté sobre quand il le fallait), vous marquera par son propos humaniste.

En dehors de cette histoire hors du commun, il est à noter les performances des deux protagonistes

Dame Judi Dench nous prouve, encore une fois, qu’elle pourrait être considérée comme la Meryl Streep anglaise tellement elle impose son personnage de petit bout de femme avec une intensité hallucinante.

Quand à Steve Coogan, acteur beaucoup trop méconnu proportionnellement à son talent, il réussit à tenir la dragée haute face à la Rolls Royce des actrices anglaises et arrive à rendre son personnage passionnant et humain malgré son aspect antipathique aux premiers abords.

On notera aussi la  4ème collaboration toujours aussi fructueuse entre Stephen Frears et notre Alexandre Desplat national à la musique qui fait encore une fois des étincelles.

Le film est nommé plusieurs fois dans différentes cérémonies (dont Dame Dench aux Oscars) et a déjà remporté le Bafta du meilleur scénario adapté. J’espère sincèrement qu’il gagnera d’autre prix mais surtout qu’il puisse trouver son public, car un film arrivant à être drôle, touchant et intelligent, ça n’arrive malheureusement pas toutes les semaines.

Les 3 Frères, le retour… Oui mais pourquoi ?

Les 3 Frères, le retour marque le retour des Inconnus après 13 années d’absence, la bande de comique des années 90, véritable monument de l’humour français composé de Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan. Le film est une suite aux 3 frères, excellente comédie, César de la meilleure première œuvre en 1996 et qui jouit d’un culte auprès des fans assez impressionnant.

Alors, que vaut ce retour tant attendu ?

Synopsis:  Des années après le décès de leur mère, les frères Latour sont à nouveau réunis par la défunte. Chacun est à une étape difficile de sa vie : Bernard est un comédien raté, Didier se fait passer pour un prof de philo alors qu’il vend des sextoys par correspondance et Pascal vit aux crochets d’une riche cougar. Accompagnés de Sarah, la fille de Bernard, ils vont vivre des rencontres surprenantes tandis que de nouveaux problèmes vont les affecter.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, le film est mauvais, très mauvais. Le (très grand) fan des Inconnus a pleuré des larmes de sang en voyant cette suite dont il n’y a presque rien à sauver.

Réalisée par le trio infernal, la mise en scène est vide. Aucune réalisation à l’horizon, le travail de photographie est d’une laideur sans nom, c’est bien simple, pour un peu, je croirais à une parodie de téléfilm de la part des Inconnus (si seulement).

Mais soyons honnête, le film n’est pas attendu pour sa réalisation ou son propos, ce n’est pas ce que l’on recherche en allant voir les Inconnus, donc ces défauts pourraient parfaitement passer si le film était hilarant.

Sauf que le film ne l’est absolument pas et c’est bien tout le drame de cette suite. En reprenant les personnages qu’ils avaient créés en 1995 et en servant un mauvais remake de l’intrigue du premier volet, on était en droit d’attendre des scènes aussi hilarantes et une flopée de répliques cultes, de clins d’œil au premier film ou à leurs sketch.

Il n’en n’est rien, les Inconnus n’arrivent jamais à retrouver leur feu sacré d’antan, nous servant une soupe de jeu de mot ringard, des costumes pathétiques  et des scènes dotées d’un humour vachard ou noir particulièrement douteux qui auront du mal à vous arracher plus qu’un sourire.

C’est simple, en plus d’être long, sur les 1h46 de film je n’aurais rigolé qu’une seule fois, pendant une scène à la banque ou un gag visuel me rappellera pourquoi j’aime autant ces acteurs, leur intelligence et leur impertinence qui caractérisaient leurs sketchs de l’époque.

On sauvera aussi la jeune révélation du film: Sofia Lesaffre jouant la fille de Campan qui arrive à donner un peu de fraicheur à ce produit déjà périmé avant même d’être sorti.

Mais ça sera bien les seuls moments du film qui m’auront fait rire, le reste du film étant d’une vacuité telle qu’on se demandera bien pourquoi nous avons voulu juger sur pièce le film et ne pas se fier, pour une fois, à la critique.

Voilà, je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur le sujet, le film est raté de A à Z et même si je reste éperdu d’admiration pour le trio, je ne peux rien trouver dans ce film à défendre et vous recommande chaudement d’aller voir autre chose.

Le Cinquième Pouvoir, un flop bien mérité ?

WikiLeaks est un site de partage d’informations ultra-secrètes, en vue d’être révélées pour que le monde entier sache ce qui se passe derrière les portes fermées des bureaux présidentiels. Cette création par Julian Assange, rebelle aux cheveux clairs, épaulé par Daniel, un gentil geek aux ambitions infinies, n’est pourtant pas sans conséquences…. Comment ces deux hommes ont-ils pu, en quelque mois, révolutionner l’information ? En instaurant un règne nouveau : celui du Cinquième Pouvoir.

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Depuis quelques années maintenant, utiliser les enjeux d’Internet est une voie royale pour les réalisateurs et scénaristes. Entre The Social Network ou encore une série sur Twitter qui ne devrait pas tarder à apparaître sur vos petits écrans, Internet fascine. Le Cinquième Pouvoir ne déroge pas à la règle, en abordant le plus controversé des sites : WikiLeaks, à l’origine de révélations chocs qui causèrent des crises diplomatiques. Ce film avait donc un grand potentiel, avec son questionnement sur les limites de la transparence de l’information ou avec sa biographie de Julian Assange, un personnage mystérieux et inaccessible.

Pourtant, ça ne prend pas. Le Magazine Forbes révèle que Le Cinquième Pouvoir fait partie du top 10 des plus grands flops cinématographiques de l’année. Pourquoi ?

Tout d’abord pour sa réalisation plus que bancale. Bill Condon, connu pour être le réalisateur de Twilight (qui n’est clairement pas une référence à mettre en valeur sur un CV) en fait tout simplement trop. Il joue sur des métaphores, sur des effets de style inutiles, comme des codages toutes les deux scènes, des prises de vue en hélicoptère à chaque fois que l’on change de ville avec un écriture en rouge criarde, comme dans un mauvais film d’action… C’est fouillis, c’est long, c’est décevant. Les scènes sont tournées sans originalité, les dialogues sont parfois incompréhensibles et le film manque de rythme.

On pourrait donc s’attendre à ce que le casting de rêve remonte le niveau du film. Eh bien non ! Malgré son talent reconnu, Benedict Cumberbatch ne crève pas l’écran dans son interprétation de Julian Assange. On lui offre un rôle assez plat et prévisible, en faisant de lui un homme à la limite de la folie, avec un passé évidemment trouble et sombre, qui ne sait pas s’arrêter. Daniel Brühl est logé à la même enseigne, avec son rôle de second, soumis, tiraillé, en admiration devant son héros. Les deux n’ont pas l’opportunité de briller, avec ces personnages aux histoires vues et revues. De plus les seconds rôles des diplomates américains ne sont absolument pas mis en valeur. Laura Linney et Stanley Tucci ne semblent être présents que pour rajouter des beaux noms à cette production qui en avait apparemment bien besoin. Cela n’a pourtant pas été suffisant.

Le Cinquième Pouvoir est donc un film très décevant, surtout en vue de sa bande-annonce plutôt alléchante et de son casting riche. Passez votre chemin, il n’y a malheureusement pas grand chose à voir.

Un Don Jon rempli de trésors !

Si l’on connait Joseph Gordon-Levitt (JGL pour les intimes) pour ses rôles dans Inception, 500 jours ensemble, The Dark Knight Rises, Looper, 50/50 ou encore Lincoln (oui le monsieur de 32 ans a déjà une filmographie assez hallucinante), on ne connaissait pas encore le réalisateur qui sommeillait en lui.

C’est maintenant chose faite et je peux vous dire que j’ai maintenant aussi hâte de le retrouver devant que derrière la caméra.

Synopsis: Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

Pour un premier film, JGL ose beaucoup et il a bien raison. Dans une Amérique aussi puritaine qu’hypocrite sur le sexe, l’acteur/réalisateur/scénariste (définitivement multitâche le monsieur) nous livre une comédie non pas romantique comme cela aurait pu être suggéré par la promotion du film mais bel et bien une comédie sur un addict du porno !

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il fallait des… cojones pour s’attaquer à un sujet pareil !

Car au lieu d’en faire un running gag potache comme une comédie de Judd Apathow, le porno a une réelle importance dans la vie de Jon, l’exploit du film étant de réussir à en faire l’apologie pendant plus de la moitié de l’histoire sans que cela soit spécialement hilarant pour autant. JGL conjugue parfaitement l’aspect comique mais aussi dramatique de son histoire et s’en tire à merveille dans les deux domaines.

Tous les mecs se reconnaitront un minimum dans le personnage de Jon, faut dire qu’on a tous vécu plus ou moins une des scènes que le personnage vit. Quant aux filles, elles comprendront un peu mieux ce qui se passe dans la tête des garçons parfois, donc ça ne peut pas faire de mal non plus (par contre, je ne recommande pas d’aller voir ce film en famille ou avec sa copine, allez y entre ami(e)s et racontez-vous l’histoire après mais pas ensemble).

Sans rentrer dans les détails de l’histoire pour ne pas vous spoiler la fin, elle est assez bien écrite et elle est surtout dotée d’un retournement à la fin du film qui le rend beaucoup plus intéressant et puissant qu’une simple comédie sur le porno. Et dieu que ça fait plaisir au jour d’aujourd’hui ou la romcom US est devenu un genre balisé au possible, pour ne pas dire extrêmement cliché, de voir un jeune talent arriver et apporter un vent de fraicheur et d’audace plus que bienvenu !

Je dirais même que JGL fait presque une comédie générationnelle, évoquant très bien, en tombant certes dans un cliché à la peau dure qui est pourtant une réalité, des demoiselles attendant les princes charmants quand les mecs biberonnés au porno attendent trop souvent plus un « bon coup » qu’une « réelle relation ».

La seule chose que l’on peut regretter c’est que, pour l’histoire comme pour la réalisation, JGL a décidé de jouer sur l’humour de répétition. S’il s’en sort honorablement (je rappelle que c’est son 1er film), ça passe par quelques facilités scénaristiques (je pense aux scènes avec sa famille) et à une réalisation qui use et abuse du running gag visuel. On mettra ces petits défauts sur le compte de la jeunesse et des tics allant de pair avec une première réalisation. Néanmoins, on notera un montage et un travail sonore ultra dynamique, une photographie assez sympa et un très bon cadrage.

Pour les acteurs, que dire, JGL est très bon, comme d’habitude ai-je envie de rajouter. Julianne Moore est parfaite en dépressive qui aura son importance dans l’histoire mais la surprise vient de Scarlett Johansson, qui hérite ici d’un rôle extrêmement ingrat qu’elle joue à la perfection. En effet, son rôle, à mille lieues de la « girl next door gentille » est ici intéressant car il joue complètement sur le physique et l’image de marque de l’actrice. JGL a eu le talent nécessaire pour qu’on tombe amoureux de cette femme sexy en diable et ultra cool pour progressivement se mettre à la détester. Et pour qu’un mec ait envie de donner des gifles à miss Johansson, ça prouve que le personnage est vraiment bien écrit et que la progression dramatique de l’histoire est intelligente et toujours juste.

Voilà, pour résumé, j’ai été emballé par ce film que j’ai trouvé extrêmement drôle et très bien fichu pour un 1er long, avec un vrai propos et une envie de faire rire très efficace.

JGL avait déjà prouvé dans ses choix d’acteurs qu’il était quelqu’un d’intelligent et talentueux, il confirme derrière la caméra et livre une des meilleures comédies de l’année, démontrant un talent de metteur en scène et de directeur d’acteur indéniable.

La Désolation de Smaug, un retour en Terre du Milieu : meilleur que le premier mais toujours mitigé

Revenons un an en arrière. Peter Jackson délivre le 1er épisode du Hobbit, Un voyage inattendu, justement attendu comme le messie par des légions de fans du cinéaste, fan de l’univers de Tolkien et du grand public en général. Le résultat fut mitigé, entre les comparaisons avec le livre, avec les films du Seigneur des Anneaux (ne boxant pas dans la même catégorie), les avis allant que Peter Jackson avait perdu tout sens créatif en Terre du Milieu quand d’autre criaient au génie et au retour du Roi de l’entertainment hollywoodien.

Pour ma part, mon avis se trouve au milieu. Pour moi Peter Jackson avait rempli son film de qualités indéniables (réalisation à tomber par terre, réussir à parfaitement réintroduire la Terre du milieu, bien restituer l’esprit « conte » de Bilbo, innové avec la HFR) et en même temps de nombreux défauts (film trop long et trop lent, ne sachant pas sur quel pied danser entre la fidélité à l’œuvre enfantine de Tolkien et les films du SdA extrêmement sombre, des personnages pas toujours sympathiques et une esthétique trop numérique à mon goût).

Voici donc l’avant dernier volet de cette nouvelle trilogie et tout simplement de cette saga dans l’univers de Tolkien qui aura pris plus de 15 ans dans la vie du réalisateur néo-zélandais. Verdict ?

Synopsis : Après avoir survécu à un périple inattendu, la petite bande s’enfonce vers l’Est, où elle croise Beorn, le Changeur de Peau, et une nuée d’araignées géantes au cœur de la Forêt Noire qui réserve bien des dangers. Alors qu’ils ont failli être capturés par les redoutables Elfes Sylvestres, les Nains arrivent à Esgaroth, puis au Mont Solitaire, où ils doivent affronter le danger le plus terrible – autrement dit, la créature la plus terrifiante de tous les temps qui mettra à l’épreuve le courage de nos héros, mais aussi leur amitié et le sens même de leur voyage : le Dragon Smaug.

Globalement, je reste aussi mitigé que le 1er. Le film est excellent mais possède encore trop de défauts pour m’emballer complètement.

Pour faire simple, je pense que ceux qui ont adoré le premier vont prendre leur pied sur ce deuxième volet, les détracteurs de cette nouvelle trilogie vont avoir de nouvelles cartouches pour fusiller Jackson et les déçus vont probablement plus apprécier le spectacle fourni dans cette Désolation de Smaug, tout en restant un tantinet sur leur faim.

Pour les points positifs, le film est toujours réalisé par le maitre, (que dis-je ?) le roi de l’entertainment à Hollywood depuis bientôt 15 ans, sir Peter Jackson qui n’a rien perdu de son sens aigu de la mise en scène, qui se surpasse dans quelques scènes d’anthologies et qui ose aussi beaucoup plus.

On retrouve toutes les scènes cultes du livre, l’action est beaucoup plus présente et nettement mieux gérée que dans le 1er film, la direction artistique est à tomber par terre, la photographie est plus belle que dans le premier volet, le casting est toujours aussi excellent tous comme les effets spéciaux (même si y a encore trop de numérique), les décors (surtout qu’il y en a pleins de nouveaux) et les costumes magnifiques. Puis on retrouve la Nouvelle Zélande donc rien que pour ça…

On notera une évolution plutôt appréciable des personnages, notamment de Bilbo qui devient enfin le héros du film et non plus une pièce rapportée, tout comme certains nains qui deviennent enfin intéressants (même si pour la plupart, ils restent toujours désagréables et qu’il est difficile de s’attacher à eux).

La scène avec Smaug est juste parfaite, je n’ai pas d’autres mots, nous avons face à nous le meilleur dragon que j’ai pu voir au cinéma, le jeu de chat et de la souris avec Bilbo est extrêmement bien géré, digne de celui présent avec Gollum dans le film précédent.

La musique (élément central des films) est très bonne même si on regrette de ne pas retrouver le magnifique thème des nains entendu l’année dernière. Sans arriver à égaler ses compositions mémorables précédentes, Howard Shore fait le boulot honorablement, instaurant quelques nouveaux thèmes sympathiques et une musique collant très bien aux scènes. On notera que la chanson finale est interprétée par Ed Sheeran, ce qui est assez surprenant comme choix. Si la chanson est belle, je la trouve un peu hors sujet comparé aux autres chansons génériques qu’on avait pu voir dans les films précédents.

Pour les points mitigés, on va commencer par la 3D qui est toujours aussi moyenne (j’ai vu le film en condition normale et pas en HFR).

Ensuite, si les effets spéciaux sont extrêmement réussi dans leurs globalités, il n’en reste pas moins quelques plans affreux visuellement qui ne font pas illusion 2 secondes, ce qui est un peu dommage quand on voit les efforts fournis pendant les 2h40 du film.

L’intégration des elfes sylvains (en dehors de Thranduil) laisse aussi un goût amer. Si l’on pouvait craindre le pire, le retour de Legolas et la création du personnage de Tauriel n’étaient pas des mauvaises idées en soi. Les personnages sont plutôt bien développés, approfondissent le background de la Terre du Milieu, ou rajoute des intrigues secondaires. Néanmoins, s’il est amusant de voir les elfes se croire dans Matrix et livrer des combats de kungfu, on se lasse un peu trop rapidement de leurs exploits. De plus, si le personnage de Tauriel était censé apporter une touche de féminité dans ce monde d’hommes, c’est relativement raté. Certes, avoir une héroïne badass c’est cool, lui coller un triangle amoureux improbable, donnant lieu à des dialogues dont on se demande encore comment les scénaristes ont pu les laisser passer tellement ils sont affligeants (et je m’en fous que cela soit des références au Silmarion), l’est en revanche beaucoup moins.

On restera aussi mitigé sur les intrigues se passant à Laketown qui démontrent les 3 plus gros défauts du film selon moi.

Premièrement, l’histoire du Hobbit (le livre) est, très clairement, anti-cinématographique. Il s’agit d’un conte pour enfant, on enchaine une péripétie à une autre sans développement réel, ni des personnages ni des enjeux. Hors, pour ne pas se mettre les fans à dos, Peter Jackson reproduit toutes les scènes capitales du livre, ce qui pose problème car de nombreuses scènes ne servent strictement à rien d’un point de vue cinématographique. La scène chez Beorn en est l’exemple le plus flagrant. Le fan service est tellement présent qu’il en est étouffant, une ligne de description dans le livre peut se transformer en 15 minutes d’intrigue ne faisant pas avancer l’histoire. Si un livre peut se le permettre, la logique cinématographique est régie par d’autres règles, c’est bien pour cela qu’on parle d’adaptation et non pas de transposition.

Deuxièmement, le livre ayant peu de matière, les scénaristes ont du faire des rajouts et développer des enjeux via les appendices de la Terre du Milieu. Hors, trop d’intrigues secondaires tuent l’histoire. Par moment nous suivons 4 histoires en parallèle. Si on s’y retrouve très facilement (le montage est excellent), il n’empêche que par peur d’ennuyer ses spectateurs, le film rajoute des couches d’enjeux politiques et dramatiques, ayant exactement l’effet inverse. Des scènes d’action qui aurait pu être géniales en 5 minutes sont étirées à leur maximum, durant parfois 30 à 40 minutes ce qui donne un rythme extrêmement inégal au film.

Si on peut louer la générosité du cinéaste et de ses équipes, pas avares envers les fans, on regrette un peu la trilogie du Seigneur des Anneaux dont la longueur des scènes n’était jamais excédante aux vues des enjeux autrement plus dramatiques que dans le Hobbit.

Ce qui nous amène au troisième problème. Peter Jackson a voulu, de manière logique et selon les souhaits de Tolkien qui n’aura jamais eu le temps de le faire lui-même, relier l’histoire du Hobbit et du Seigneur des Anneaux.

Ceux qui ont lu les livres le savent, on a beau retrouver le même univers, parfois les mêmes personnages et les mêmes lieux, les deux histoires sont complètement différentes que cela soit dans la forme ou le fond. Ce qui avait déjà posé problème dans le 1er volet de cette nouvelle trilogie, c’est que le mélange de l’esprit « conte » du livre et de l’esprit « épique » et « dramatique » du SdA ne peuvent tout simplement pas se mélanger.

Cela donne des ruptures de ton et de rythme trop brusque, donnant un aspect schizophrénique à l’ensemble.

Si la Désolation de Smaug décide très clairement de s’orienter vers un ton plus sombre et plus proche du SdA, cela entraine deux conséquences:

Quand l’esprit enfantin du livre ressurgit pendant des scènes clés du film, le décalage entre les deux univers est encore plus dérangeant mais surtout, cela pose des problèmes dans la structure du scénario. S’il apparait difficile de critiquer Jackson de reprendre ce qui avait très bien marché dans la première trilogie dans ses nouveaux films, cela crée un sentiment, probablement non voulu, d’auto complaisance. Les fans noteront un nombre de similitudes et de clins d’œil plus ou moins appuyés à différents personnages et évènements du SdA quasi-omniprésents.

Si parfois ces liens sont pertinents, hilarants ou intéressants, beaucoup ne font que donner un sentiment de répétition stérile n’apportant encore une fois pas grand-chose à l’intrigue.

Pour conclure, oui La Désolation de Smaug est un bon film, une suite plutôt réussie et reste une adaptation correcte du livre. Mais si le film a d’innombrables qualités, il subsiste encore trop de défauts pour être complètement emballé et pour être sous le charme de la trilogie. Encore plein de questions restent en suspens, nous attendrons donc l’année prochaine pour pouvoir enfin juger correctement la trilogie dans son intégralité et vérifier la pertinence artistique de ce projet qui, pour l’instant, oscille entre plaisir et déception.