Tous les articles par Joffrey de Dios Miguel

L’Entrevue de Manuele Fior : de l’amour au clair obscur

ENTREVUE-PREFLASH

 Dernière bande dessinée de l’italien Manuele Fior − illustrateur, dessinateur et architecte − paru chez Futuropolis en avril dernier, L‘Entrevue suit des chemins et des traits plus sombres que ses précédents albums comme Cinq mille kilomètres par seconde ou encore Mademoiselle Elise. Italien devenu Parisien, Manuele Fior nous immerge dans un nouvel univers qui entre-mêle romantisme, érotisme et beauté ténébreuse.

Le synopsis:

  En Italie, dans un futur proche. Parce qu’il pense avoir aperçu un vaisseau spatial dans le ciel, Raniero, un psychologue âgé d’une cinquantaine d’années, est victime d’un accident de la route. En instance de divorce, la voiture cassée, son cou maintenu par une minerve, il reprend le travail et fait la connaissance d’une nouvelle patiente, Dora, qui prétend avoir vu également le vaisseau spatial, et pouvoir communiquer par télépathie. 

L’Entrevue, c’est l’histoire même du clair obscur, animée par la présence fantasmagorique d’un vaisseau spatial. C’est aussi le récit d’une double rencontre entre un psychologue, Raniero − un quadra à la moustache brune − et ces triangles lumineux qu’il découvre en pleine nuit. Puis c’est sa rencontre avec une jeune patiente du nom de Dora.

L'entrevue - Manuele Fior

A la première case, notre œil suit la ligne ferroviaire qui nous mène vers cette ville fortement lumineuse, contrastant avec l’énigmatique et imposant chaîne de montagne noire. Ces paysages jouent un rôle majeur. Ils imposent un silence, un temps à la réflexion et à l’observation. Quand les pages ne se noircissent plus, la beauté du clair obscur laisse place à la découverte de cette ville tantôt futuriste et moderne avec l’apparition de bâtiments aux inspirations 70’s, plongeant dans le monde de Star Trek, légèrement galbés et épurés, puis droits et ciselés (une occasion pour Manuele Fior de laisser place à son talent d’architecte). Alors que l’autre monde, parallèle et pourtant attaché au premier, marque l’apparition pérenne des campaniles, des monuments religieux soutenus par la présence de la Vierge Marie ou des ponts en arche moderne. Ce contraste n’est pas qu’architectural, il fait écho à la relation les deux protagonistes Raniero et Dora. Ces deux êtres que l’âge oppose se construisent une amitié qui tend à l’attirance et à la sexualité baignées dans le noir mystique. Dora, qui prétend avoir vu ces triangles incandescents et fantomatiques, qui se dit en connexion avec ces apparitions et télépathe semble attirée par son psychologue imposé par ses parents pour cause d’hallucination. Raniero se prend d’affection en gardant sa moue renfrognée. Une attirance qui va le confronter avec ses propres désirs, sur la réflexion de sa situation maritale et surtout le mettra face à cette nouvelle génération qui redéfinit le mot amour. Sa jeune patiente fait partie de la « Nouvelle Convention », convention qui abolit la dépendance amoureuse, laisse place à l’amour libre. Tandis que Raniero est enraciné dans la bourgeoisie des sentiments, par la vision de notre propre époque que le psychologue représente.

L'Entrevue - Manuele Fior

Bien qu’il s’agisse de science-fiction, « L’Entrevue est un récit (…) qui n’explore pas les étoiles mais le délicat et fragile univers intérieur des relations, des sentiments et des affections de chacun de nous« . Ce récit est aussi l’occasion de découvrir la collaboration avec Anne-Lise Vernejoul pour ses effets spéciaux. Difficile de ne pas succomber par la magie de cette bataille entre les deux couleurs aux antipodes l’un de l’autre. Les scènes plongées dans le noir sont empreintes de mystère, parfois d’érotisme. Il arrive parfois de se sentir frustré, de n’avoir le temps de respirer, d’observer au lieu de passer case par case, de sentir les traits de Manuele Fior nous charmer. L’envie de commettre une seconde lecture est insoutenable, presque obligatoire pour comprendre ce qui n’a pas été vu, pour admirer chaque détail et détendre son œil brûlant.

Dora nous observe la tête basse, alors laissons-la nous narrer son histoire, et celle de son psychologue Raniero.

Peter Peter, la feuille manquante au trèfle à 4 feuilles

Un tourbillon, pris dans un torrent romantique, c’est dans ce sentiment-là que je me sens après l’écoute du second album de Peter Peter. La magie et le sentiment sont soigneusement mélangés dans le chaudron d’une sorcière-fée. Son nouvel album est prévu pour le 24 février 2014, et avant ça je me dois de vous faire découvrir l’artiste que tous les Canadiens s’arrachent, peut-être à cause d’un sort lancé par la voix suave à la première écoute de la première piste, Une Version Améliorée De La Tristesse.


A ce titre, démons, libellules et feux follets nous invitent au bal des lycanthropes. On y voit quelques têtes couronnées qui tentent de laisser transpercer leurs cœurs cruels à l’écoute de la mélancolie du jeune canadien. L’obscurité et le monde imaginaire truffés de monstres sont les deux thèmes majeurs. Ils alimentent son romantisme et parfois le nôtre. Ils divaguent autour d’un Réverbère et observe les sirènes dans Les Chemins Etoilés. Il est implicite que Peter Peter ne chantera jamais le bonheur. Ses histoires d’amour semblent toutes vouées à l’échec, parce qu’il est un dépendant affectif comme il l’a mentionné avec humour dans une interview. Ses prétendantes le rejette, le fonde dans un sol mouvant ou c’est lui qui les repousse « tu m’attrapes, je t’échappe ». Cet album nous dévoile toutes les ombres du sentiment, de l’attachement, de la peine mais surtout de la difficulté de la relation amoureuse. Il cherche à calmer les larmes par la chanson « j’apprendrai ta chanson préférée pour savoir comment te consoler » mais c’est la douleur qui prime, souriant perfidement.


Une Version Améliorée De La Tristesse c’est un voyage féerique, imprégné de romantisme pop illuminé de guitares, de violons et même de saxophone. C’est une chance pour moi de vous faire découvrir quelques traits particuliers de cet album qui pourrait faire l’effet d’une bombe début 2014. Alors pour l’instant je vous invite à tomber sous le charme de son premier single homonyme et du second Carrousel. La révélation francophone portera fièrement ce nom: Peter Peter.

Christine & The Queens, une chanteuse et des fantômes

Encore aujourd’hui j’ai du mal à décrire Christine & The Queens: groupe comprenant Héloïse et au bout du compte qu’elle seule. Il en va de surprise en surprise. Pourquoi nous mener vers cette fausse piste ? Pour nous détourner de la morne normalité d’un nom de scène avec un simple prénom ou même un nom ? Ou tout juste pour nous transporter dans un univers propre au mystère, à la noirceur et à la fantasmagorie ? Car oui, même si Héloïse ou comme vous voudrez l’appeler communément Christine ne semble pas seule, il existe des fantômes autour d’elle, fantasmés par des danseurs, des instruments, des échos.
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Josef Salvat, de l’ivresse pop-australienne

On le présente comme le Lana Del Rey masculin, une révélation, l’homme à suivre, à aimer. J’aurais pu laisser tomber, faire comme si je n’avais rien lu de prétentieux à son égard mais voilà en écoutant son second titre Hustler le sort fut lancé. Le jeune australien m’avait pris sans détour, sa voix douce comme le velours, tout était écrit pour me prendre dans ses filets.La rencontre de son précédent titre était nécessaire. This Life. On y découvre à travers le clip un petit enfant qui découvre le monde qui l’entoure. Les images semblent provenir des jeunes années de Josef Salvat et la magie continue de faire son effet. Un titre puissant mêlé de sobriété. Mais le dernier titre, apparu par miracle sur facebook et twitter me prit d’ivresse. Every Night nous renvoie bien loin du désert australien, dans un monde guidé par des chamans, conjurant les nuages de livrer une pluie chaude. Les chouettes hululent en chœur avec l’australien dans le seul but de nous transporter au dehors de nos peines. Ou est-ce plutôt de nous faire attendre un album à venir ?

Pour en savoir plus:

www.josefsalvat.com

Making Love & Climbing, le californian dream de Saint Michel

Ils sont là, cachés dans le palmier. Les yeux lumineux de Philippe Thulier et d’Emile Larroche nous épient dans le sombre feuillage triangulaire sous un ciel ambré et des vagues d’un rose édulcoré. Que cherchent-ils à faire ? Nous attacher et nous chanter leurs vers en anglais ? Nous charmer sous les louanges de l’amour qui dévore ?Un enfant fait irruption, un coup de téléphone de Thibault. Il cherche sûrement à joindre Bob. La course commence. L’atmosphère tremble Continuer la lecture de Making Love & Climbing, le californian dream de Saint Michel

Sivu, vu parmi les anges

Incomparable à mon humble avis, une voix teintée de vibration, un charme sans nom. James Page, dénommé Sivu, si vous ne l’aviez pas vu (j’ai le droit de faire ce jeu de mot tout de même) c’est que vous aviez oublié que la rareté est souvent invisible à l’œil nu mais sa voix ne passera jamais inaperçue.

Chanceux dans l’âme, le jeune Sivu au regard de chien battu m’est apparu par miracle grâce son titre et live God Speaks In Tongue. Les premières notes sonnaient en harmonie, brûlant d’envoûtement, sifflant d’harmonie. Sa voix n’a pas de pareil si ce n’est la perfection des anges. Il fallait s’empresser de découvrir ses autres titres. Je suis parti à la découverte de ses singles Bodies et Better Man Than He puis son premier extended play Bodies qui réunit ses deux premiers titres.

Puis vint son tout dernier single Lost Myself (sortie prévue le 4 novembre), titre plus puissant que les précédents et toujours porté par une voix enchantée, un Merlin qui pour rien au monde ne devra se changer éternellement en pierre. Il en va de son premier album qu’il travaille avec le plus grand plaisir de ses fans et des autres à venir tout en participant à la première partie du groupe London Grammar.

Quelques bonus sur :

www.sivusivu.co.uk

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Le Wrecking Ball d’Eli Lieb

C’est l’une des petites surprises qui a fait des heureux depuis ce weekend dernier aux Etats-Unis.

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Les 5 clips de la semaine

LET GO / RAC featuring Kele, MNDR

N’étant pas un grand amateur de dj ou platiniste, j’aurai pu me garder de vous faire découvrir le second clip du mixeur portugais RAC. Mais depuis le temps que j’ai fait sa découverte et que je sois tombé en admiration face à ses mixes des titres comme Next Year de Two Door Cinema Club ou encore Laura Palmer de Bastille je me devais de vous faire découvrir son second clip Let Go. Attendez-vous à être légèrement surpris par le secret de la belle demoiselle à la muselière grise.

RYTHMES « DIGITALE » / Digitale Sanguine

Des bouts de papiers jetés dans la poubelle et d’étranges phénomènes se déroulent face aux yeux surpris de Digitale Sanguine. Rythmes Digitale nous délivre un clip plutôt simple mais aux influences propres à la new-wave des années 80.

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