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Les collages du lyonnais Slip disséquent la société de consommation

A la veille du Black Friday demain, ce vendredi, où Les Echos prévoient une dépense française qui s’échelonnera à 1,7 milliard d’euros, l’artiste lyonnais Slip contraste avec ses collages, autant critiques les uns que les autres sur une société à bout de souffle, non pas en quête mais en perte de sens.

Remise en question des réseaux sociaux, qui, en l’absence de modération laisse la porte ouverte aux complotistes, la pollution, les soldes, la pauvreté, les rapports conflictuels parents-enfants, l’entre-soi… Nombreux sont les sujets sociétaux évoqués par Slip dans ses collages publiés chaque semaine sur son compte Instagram. S’il est intéressant de s’y plonger, les références ne manquent pas et permettent même au visionneur de tirer ses propres conclusions des collages, même si elles paraissent pour la plupart évidentes. La critique de la société actuelle est bien là.

Véritables collages digitaux, les travaux de Slip peuvent aussi être présentés de manière différente (tirage numérique, cyanotope, textile…). Il en présentera d’ailleurs quelques-uns à partir du 16 janvier 2020 à l’espace Chromatique à Lyon, à l’occasion d’une exposition en collaboration avec une autre artiste lyonnaise, Pauline Souchard. Mais avant cela, nous avons demandé à l’artiste de nous parler de cinq de ses collages. C’est parti.

Le petit bout de la lorgnette

 

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« Les réseaux sociaux servent de caisse de résonance aux complotistes de tous bords. Dès qu’une information apparaît, elle est scrutée, disséquée, contredite par des personnes très sures de leurs arguments. Douter, c’est toujours une force mais à force de Terre plate, de dinosaures chassés par les hommes, on finit par perdre complètement ses repères. Est-ce que Kubrick tenait la caméra pendant que Buzz Aldrin effleurait la régolithe ? C’est ce que continuent de penser les esprits chagrins. »

La coupable !

 

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« La pollution gagne du terrain tous les jours, les nuages toxiques ne respectent même plus les frontières, l’industrie balance ses tonnes de déchets sans se préoccuper de l’avenir de la planète. Mais si tout ça, c’était la faute des vaches ? Elles osent se promener tous les jours dans des prairies verdoyantes pour faire quoi ? Détruire la couche d’ozone ! Les générations futures contemplent le désastre à venir et manifestent leur angoisse de l’avenir alors que les dirigeants préfèrent mettre ça sur le dos des nos pauvres ruminants. »

Soldes, dernière chance

 

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« Entre les Black Fridays qui durent une semaine, les soldes annuels perpétuels, c’est difficile de ne pas consommer. On a l’impression qu’on rate toujours une bonne affaire dont on avait pas besoin. C’est pour ça qu’il faut se tenir prêt, toujours sur le pied de guerre, paré à dégainer sa carte bleue pour choper la dernière nouveauté sans laquelle on ne peut pas vivre. Ton écran est trop petit ? Un nouveau vient de sortir, cours vite le prendre avant qu’il n’y en ait plus. Et si tu arrives en même temps que le gros de la troupe, n’hésite pas à jouer des coudes pour récupérer le plus possible de choses, même si tu dois les jeter ensuite. »

Qu’ils mangent de la brioche

 

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« Le fossé se creuse toujours un peu plus entre les 1% et le reste du monde, bref, rien n’a changé depuis Marie-Antoinette. Pour le moment, la tour d’ivoire n’est pas encore attaquée mais le monde brûle par ailleurs, les promesses n’engageant que ceux qui y croient. Ça peut toujours faire de très jolis clichés pour Instagram à l’aide de ton dernier smartphone. Quand tout le monde postera sa brioche grand luxe, le monde sera meilleur. »

Mise à mort du rival

 

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« Pas de corrida ici mais pour répondre à l’injonction de plaisir instantané et permanent, on n’hésite pas à sortir des artefacts toujours plus connectés et efficaces. Mais certains, prêts à revenir à l’âge des cavernes, prennent les armes et se rebellent. Sus au canard ! »

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