Duckomenta : Donald Duck refait l’histoire de l’art

Donald et ses amis ont un succès fou dans les musées européens. Depuis 1986, un collectif allemand, InterDuck se sert de l’image colorée des canards pour réinventer ou révéler un pan de l’histoire de l’art que les pères de l’histoire de l’art Winckelman et Vasari  ont tenu à garder secret.

Derrière cette exposition originale et populaire se cache l’interDucks, un groupe d’artistes formés par le professeur Eckhart Bauer au sein de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Brunswick en Allemagne durant les années 1980. A travers plus de 500 œuvres, ils cherchent à mettre en lumière « l’existence d’une mystérieuse tribu de canards, les interDucks, qui vivaient apparemment en parallèle de la race humaine. » (source: duckomenta.com). Ainsi, il s’agit de narrer cette longue et vaste histoire d’une civilisation oubliée par l’espèce humaine. A la manière d’un récit alternatif et anthropomorphique, les spectateurs du monde sont donc confrontés à une autre image d’eux-mêmes matérialisée par la figure centrale de Donald Duck, le célèbre canard en costume de marin de l’univers de Walt Disney.

Image duckomenta.com

Le 9 juin 1934 marque la naissance de  Donald Duck lors de sa première apparition dans le court métrage La Petite poule avisée produit par les studios Disney. Il agit comme un anti-héros par rapport au héros  Mickey Mouse (écouter Franck Ferrand sur Europe 1). Cependant, c’est dès 1935 que le nouveau dessinateur Carl Barks (1901-2000)  crée un véritable univers autour de ce personnage grincheux et maladroit. Il l’entoure d’une famille dont  ses trois neveux et son oncle Picsou.

Depuis 1986, Duckomenta comptabilise 1,5 millions de visiteurs pour 59 expositions, majoritairement en Allemagne puis en France, en Autriche, au Pays-Bas et en Suède. La tournée continue  jusqu’en juin 2019 au sein de quatre autres lieux culturels allemands. Pour le professeur suédois Cornelius Holtorf, ce succès s’explique par un rapprochement global des individus qui rie face à l’ironie appliquée au patrimoine culturel qu’est le monde de l’art, à condition de connaître la figure centrale.Plusieurs monographiques paraissent en anglais et en allemand puis en 2016, l’édition Glénat publie L’Art du canard, le catalogue de l’ exposition homonyme présentée du 28 janvier au 15 mars 2016 au musée d’Angoulême et du 14 avril au 30 juillet 2016 au couvent Sainte-Cécile à Grenoble.

Le patrimoine soumis à l’ironie, tel qu’il est représenté dans l’exposition itinérante Duckomenta (…) peut rapprocher des personnes de divers horizons culturels et sociaux. L’unique condition est qu’ils connaissent Donald Duck. (C.Holtorf, »Patrimoine ironique: surmonter les divisions entre communautés en riant ensemble du passé » , Toc, volume 62, issue 1-2, mai 2010).

« L’Origine du monde » de Courbet a pondu un œuf

Le site internet du collectif d’artistes fait état de 12 salles organisées selon les époques. A l’ère préhistorique il est possible d’apercevoir, par exemple, un vieux canard brun s’appuyant sur un grands os et aussi d’observer une silhouette semblable sur des parois dessinées à la manière des grottes de Lascaux. Il arrive de croiser Mickey Mouse, notamment dans une reproduction de La Persistance de la mémoire de Dali. Les différents courants artistiques sont à leur tour traités avec beaucoup d’amusement comme le témoigne la parodie de L’Origine du monde de l’impressionniste Gustave Courbet. Puis l’histoire se termine – ou reste en suspens – lors de l’envol du canard dans le vaste espace interstellaire. Enfin, pour les curieux, il est possible de voir une partie des œuvres sur ce lien internet duckomenta.com/œuvres.

 

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