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Les meilleurs films de 2017, selon Efflorescence Culturelle

Le cru de cinéma 2017 fut là aussi bon. Dans notre sélection des 10 meilleurs films de l’année, des films qui nous ont marqué par la diversité des thèmes qu’ils recoupaient : féminisme, homophobie, racisme… Des sujets d’actualité formidablement bien exploités.

Le Redoutable

le redoutableSorti en septembre pour le grand public, le film de Michel Hazanavicius a remis sur le devant de la scène le grand réalisateur Jean-Luc Godard. Ce biopic inspiré du livre d’Anne Wiazemsky, son ex-femme, plonge les spectateurs dans l’univers sombre du Redoutable cinéaste interprété par Louis Garrel. 1967, La Chinoise, son nouveau film, est mal reçu. Godard se perd alors dans ses engagements, plus impliqué dans le maoïsme et mai 68 qu’envers sa femme qu’il délaisse. Si des critiques peuvent être émises quant à la simplification du personnage, cette interprétation ne reste pas moins fidèle au grand réalisateur de A bout de souffle grâce à son humour. De notre côté, on a apprécié ! Rires garantis.

Grave

graveJulia Ducournau renouvelle le cinéma de genre français avec du jamais vu jusqu’à alors, un film perturbant, viscéral, organique et morbide qui provoque toutes sortes d’émotions à son visionnement et ne peut clairement pas laisser indifférent. Grave, un premier long-métrage de cinéma percutant au possible qui laisse présager une filmographie mémorable à Ducournau, nouvelle réalisatrice à suivre, pour ma part. Le film permet aussi de révéler aux spectateurs Garance Marillier, jusqu’alors vue dans des courts-métrages et téléfilms. Sa maîtrise parfaite du corps donne de la portée à son jeu et lui confère d’immenses talents d’actrice.

La La Land

La La LandUne évidence : La La Land est un sublime hommage aux comédies musicales de l’âge d’or d’Hollywood. Sans jamais pour autant se perdre dans le piège de la citation, Chazelle dépoussière et redonne du blason à un genre injustement boudé du grand public. Le film est bourré de pépites visuelles et musicales et nous plonge dans un Los Angeles coloré et fantasmé par les doux rêveurs que sont Mia et Sebastian. Clairement mon must-see de l’année 2017, rien que pour la scène d’ouverture magistrale en plan séquence, totalement inspirée de la séquence d’ouverture des Demoiselles de Rochefort.

Battle of the sexes

battle of the sexesRéalisé par Jonathan Dayton et Valérie Faris. Un faux film sur le tennis mais un excellent film sur le militantisme qui nous fait (re)découvrir une figure du féminisme peu connue jusqu’alors. Et qui s’avère être un véritable modèle à suivre. Battle of the sexes dépeint admirablement le climat de sexisme et d’homophobie ambiant dans le monde sportif durant les années 70, qui n’a malheureusement pas encore complètement disparu aujourd’hui. Margaret Court, présente dans le film, a récemment été exclue de l’Open d’Australie pour propos homophobes. Une petite piqure de rappel de ce qu’il reste à faire pour éradiquer les Jack Kramer d’aujourd’hui et une beau portrait inspirant de femme engagée et forte avec le portrait de Billie Jean King, bien mené par Emma Stone, qui trouve à l’occasion son second rôle marquant de 2017 (et une possible nomination aux Oscars).

Au revoir là-haut

au revoir là-hautJoli film d’Albert Dupontel qui fait preuve de beaucoup de créativité et donne une nouvelle image au mutisme et aux « gueules cassées », bien plus poétique qu’à l’accoutumée. Les dures réalités et les conséquences de la guerre sont présentés avec délicatesse dans cette histoire racontée par le protagoniste, qui par son point de vue subjectif, prend vite la force d’un conte enjolivé un brin manichéen. Au revoir là-haut est un beau récit qui évoque l’amitié, la solidarité, qui fait sourire et qui émeut.

The Square

the squarePalme d’or de Cannes 2017, The Square, de Roben Östlund, aborde avec brio et ironie sous la forme d’un conte moral moderne le monde de l’art contemporain et l’hypocrisie qui l’entoure. La scène de la performance artistique où un homme joue aux gorille est déjà un standard : elle est percutante de drôlerie, de gêne et de vérité car au delà de la performance, ce sont réellement les convives que l’on observe et que l’on juge. On ressort avec pleins de questions et de doutes en tête, le film touche en plein cœur sa cible et en profite pour se faire questionner chaque spectateur quittant la salle sur sa propre culpabilité et la place qu’il aurait joué s’il s’était retrouvé au milieu des autres personnages du film.

Star Wars, épisode VIII : Les derniers Jedi

star wars VIII les derniers jediCe nouvel opus de Rian Johnson apporte une lumière différente sur le mythe du Jedi initié dans les précédents films. Il balaye l’idée archaïque que la véritable sagesse et la véritable force sont dans la privation, la maîtrise et le contrôle absolu et amène l’idée déculpabilisante que l’erreur est le seule vraie maîtresse de la connaissance car sans échec, pas de leçon. Ce rafraîchissement de la mythologie Star Wars est aussi agréable qu’audacieux et permet au Derniers Jedis de ne pas se reposer sur les lauriers de l’épisode précédent, plus calqué sur la saga originelle, qui a ravi les fans.

Get Out

get outExcellent film de Jordan Peele sur le racisme qui, lui aussi, tend à renouveler le film de genre en mêlant horreur et message politique. Get Out tient en haleine grâce à son atmosphère oppressante et alarmante qui crie au danger sans pour autant dévoiler toutes ses cartes tout de suite. La force du film est d’instaurer dès le départ une hostilité sans réel fondement qui fait cogiter le spectateur sur les véritables motivations des protagonistes. Pour mieux les surprendre au cours de révélations. Un film saisissant qui sait utiliser les mélanges de genres (horreur, thriller, comédie) pour servir au mieux son propos.

120 battements par minute

120 battements par minuteBeau film de Robin Campillo sur le militantisme et les actions politiques aux propos marquants et forts, avec un réel impact mais qui laisse tout de même place à l’esprit critique. L’idée n’est pas nécessairement de faire d’adhérer mais bien de sensibiliser, heurter, interloquer puis de laisser au spectateur la possibilité de se faire sa propre idée. 120 battements par minute est bien évidemment très émouvant mais la répétition de certains motifs narratifs et métaphoriques tire le film en longueur, qui aurait surement bénéficié d’un léger raccourcissement, qui lui aurait apporté un peu plus de subtilité.

The Promise

the promiseUn film que l’on n’attendait pas forcément, mais The Promise, réalisé par l’Irlandais Terry George, nous fait découvrir d’une belle manière, à coup de plans panoramiques, la Turquie de 1914. Une découverte portée par le trio d’acteurs Oscar Isaac, Charlotte Le Bon et Christian Bale. Un casting de qualité. L’histoire se déroule sur fond de guerre, et d’histoire d’amour entre ce triangle d’acteurs. Un film politique qui traite du génocide arménien (l’un des rares à l’avoir fait), assurément orienté, très engagé, peut-être trop manichéen. Mais ça marche, et on est conquis par la chute du film.

Justine Leblond
Hanna Giffard
Lucile Moy

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