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Mister Triss : « Si tu n’achètes pas, fais au moins tourner »

Mister Triss, membre du groupe Bukatribe, a sorti son premier EP début octobre. On l’a rencontré dans le centre de Rennes pour parler de sa reconversion du beatbox aux machines.

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Crédit photo : Edgard Limlot.

Depuis ses 15 ans, Mister Triss (parfois orthographié M. Triss) vit  dans la région rennaise. C’est là qu’il y a appris la batterie puis qu’il s’est mis ensuite à scratcher : « J’ai pas fait de formation musicale en conservatoire, mais j’avais des parents mélomanes donc j’en ai écouté énormément pendant mon enfance. » Le brétilien est pétri d’influences diverses du hip hop qui l’a marqué avec des titres comme ceux de MC Solaar ou Snoop Dogg au dubstep et la drum ‘n bass, « au top au milieu des années 2000 ». Il est bercé pendant toute son enfance par la musique écoutée par ses parents et notamment la collection de vinyle de son père pleine de reggae.

Il fonde Bukatribe avec Did Menou qu’il avait rencontré au sein du groupe Users. A l’époque, il compose déjà dans son coin entre les concerts quand il peut trouver du temps. Le groupe Bukatribe est l’occasion pour lui de travailler avec sa voix en mêlant beatbox et chants en chorale plus proche du gospel. Il y pose sa voix et enchaîne les tournées avec les trois autres membres du groupe. Avec ces différents projets, il peut enfin devenir musicien à temps plein.

Avant d’aller à la crèche

L’envie de faire ce disque lui vient dernièrement lors d’une après-midi où il se remet à travailler un morceau qu’il concrétise en une seule fois. « J’avais commencé à travailler le morceau Astral à 13 heures, je l’ai fini à 18 h juste avant d’aller prendre les petits à la crèche ! (rires) » ajoute le musicien sourire aux lèvres. Il continue à travailler plusieurs morceaux qu’il contrôle de A à Z de la composition à la production  et jusqu’au mixage. « C’est une sorte de carte de visite. Je voulais montrer ce que je savais faire avec cet EP » précise Mister Triss.

Sur le disque finalement les touches de voix sont toujours présentes avec des morceaux aériens et construits sur les mélanges de voix comme sur Whispers, mais son organe vocal n’est pas mis en avant. Sa voix apparaît dans des détails comme des nappes en fond ou des sons plus discrets encore. « J’avais envie d’essayer autre chose. Je fais parfois du beatbox, mais c’est caché dans les percussions » explique-t-il.

Envie de changement

Ce projet bien que venant d’une envie de changement reste dans la continuité avec ces précédentes expériences. Mêlant la machine et la voix, il continue d’avancer en attrapant des idées ça et là : « Je suis encore influencé par énormément de choses. Je me prends des gifles musicales tout le temps. Avant d’être musicien, je suis un ‘kiffeur’ de musiques. J’adore tout ce que fait Camille par exemple ou encore le dernier album de Chill Bump. »

Mister Triss est un passionné de musique pour qui l’art se partage avant tout : « Quand la musique, c’est ton métier tu dois en vivre, mais sur ce projet, j’ai tout fait tout seul à la maison donc je l’ai mis à prix libre. Si tu n’achètes pas, fait au moins tourner. »

Une vision de la musique qui était aussi présente sur Bukatribe dont les morceaux sont aussi à prix libre. Avec eux, il avait d’ailleurs participé à des ateliers avec des enfants dans le cadre de Court-Circuit, un projet orienté autour du partage de la musique en dehors des salles de spectacle et près des gens.

L’envie de continuer à produire se sent. La possibilité d’une suite à cet EP n’a d’ailleurs même pas eu besoin d’être évoquée : « Je compte bien laisser plus de places à ma voix pour les prochains morceaux ». Pour l’instant, le travail se fait plus sur la préparation d’une version live pour retourner sur scène. « Ça marche bien sur disque maintenant, il faut que je travaille le côté scénique. Mais j’ai hâte de pouvoir tourner un peu » conclut-il impatient.


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