Mon Olympe, une pièce engagée et inspirée

Jusqu’au 3 décembre, le Théâtre Douze à Paris accueille la pièce écrite par Gabrielle Chalmont et Marie-Pierre Boutin, Mon Olympe. La pièce a déjà parcouru plusieurs scènes depuis sa création en 2015 avant de se produire au festival Off d’Avignon. En ces temps troubles, c’est l’occasion pour elle de remettre les points sur les « i » du féminisme.

« Je suis féministe ! » lâche Marie dans un cri. Entourée de ses amies, elle est encouragée à sortir la phrase qu’elle pousse de façon syncopée comme pour accoucher d’un nouveau-né. Mais pourquoi cette phrase paraît-elle si compliquée à admettre ? Que veut-elle vraiment dire aujourd’hui ? C’est ce que ces cinq étudiantes cherchent à comprendre en se retrouvant chaque semaine pour discuter du féminisme. Ce soir-là, Jeanne, Simone, Louise, Lucie et Marie apprennent qu’elles vont avoir la possibilité de défendre leurs idées lors d’une émission de télévision. Cependant, la préparation du débat va se révéler plus difficile que prévue et va remettre en question l’ensemble de leurs convictions.

Jeanne et Simone dans Mon Olympe.

Mon Olympe est une appropriation de l’injonction d’Olympe de Gouges : « Femme, réveille-toi ! » issue de son texte La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne rédigé en 1791. Aujourd’hui, pour le personnage de Jeanne : « L’urgence n’est pas tant de se réveiller mais de ne surtout pas s’endormir ». « Mon Olympe » comme « mon féminisme ». La pièce ne fait pas de la pensée féministe un modèle type mais en montre les multiples embranchements liés aux parcours intimes de chaque individu. La réflexion militante est ponctuée par les histoires personnelles racontées chacune face au public. Mettre en scène une conversation, en train de se construire et en perpétuelle évolution, se révèle être un choix avisé. Cela fait du féminisme une pensée en mouvement et, ainsi, un questionnement éminemment contemporain. Ces cinq personnages apportent les preuves qu’il reste sans cesse des choses à améliorer.

La danse comme un autre moyen d’expression pour les personnages

Il faut noter les performances singulières des actrices, Sarah Coulaud, Eloïse Bloch, Louise Fafa, Jeanne Ruff, Claire Bouanich et Maud Martel, qui créent des personnalités fortes et entraînent le public dans l’énergie du groupe. Leur engagement passe non seulement par les mots mais aussi par les gestes et leur façon d’habiter l’espace. Les scènes de danse apparaissent comme des instants de libération, qui se révèlent alors plus parlantes que des phrases. Mon Olympe évite ainsi les déboires parfois ennuyeux de la  pièce « à message ». Ce n’est pas sans humour et autodérision que les cinq jeunes femmes admettent les paradoxes de leurs propres aspirations. Dans son refus de donner une quelconque leçon de morale, tout en assumant son engagement, la pièce adopte un rapport décomplexé au féminisme. Allez-y sans crainte, le/la féministe qui est en vous vous en remerciera.

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