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L’oncle Picsou va avoir son propre documentaire

La nostalgie était à l’honneur cette année à la Comic Con de Paris. Stranger Things une série façon 80s, retrogaming, comics d’occasion et bien entendu les 70 ans d’oncle Picsou, tout particulièrement représenté par son dernier grand dessinateur Don Rosa et le documentaire Le mystère Picsou.

Don Rosa, dessinateur de Picsou
Don Rosa, le dessinateur de Picsou. Crédit photo : Jano Rohleder.

La halle de la Villette est très vite remplie de cosplayers et visiteurs divers. Le monde grouille entre les stands on entend des réponses à la volée aux questions d’un quizz « culture geek ». Le rez-de chaussée est quadrillé par des stands, vendant pour la plupart des Figurines POP!, des comics ou des goodies de pop culture. C’est le décor de Stranger Things, la série de Netflix qui attire le plus de monde. Ailleurs est caché dans un coin le retrogaming également assez populaire. Tout cela s’observe des passerelles où les artistes invités signent leurs œuvres et dessinent pour les fans venus en grand nombre. C’est là haut que s’étend la file de fans, BD en mains, qui attendent de rencontrer le maitre des histoires de Picsou, Don Rosa.

Scrooge McDuck

Balthazar Picsou (Scrooge McDuck en VO) est créé à Noël 1947 par Carl Barks dans l’histoire de Donald Noël sur le Mont Ours, et il n’a cessé de passionner les fans à travers le monde jusqu’à aujourd’hui où nous fêtons ses 70 ans. C’est Carl Barks qui a créé tout l’univers qui entoure Donald Duck et sa famille en dessinant pour la première fois, en plus de Picsou, des personnages comme Géo Trouvetou, les Rapetou, Miss Tick, Gripsou, Flairsou, les Castors Juniors…

Longtemps resté dans l’anonymat à cause du modèle de publication, les fans l’appelaient déjà « The good duck artist ». Après sa retraite en 1966 Carl Barks continuera de peindre ses canards et inspirera les générations suivantes de dessinateurs Disney, dont notamment Don Rosa, sans doute le plus grand fan et plus grand dessinateur de Picsou invité cette année à la Comic Con.

Des gags à chaque case

Lorsque Don Rosa publie sa première histoire Le Fils du Soleil en 1987, on voit tout de suite la connexion avec Barks dans son dessin. Mais ce nouveau venu chez Disney, fan de très longue date, s’affranchira très vite du style graphique de son maître optant pour un trait plus détaillé truffant chaque case de gags en arrière plan.

Don Rosa Picsou documentaire Comic Con
Conférence dans l’auditorium des Halles de la Villette à Paris pour le documentaire Mystère Picsou.

L’extrait du documentaire Le mystère Picsou diffusé en avant-première à la Comic Con de Paris nous permet de voir comment l’artiste construit ses dessins. Comme le laisse deviner le titre, ce documentaire s’inspire du Mystère Picasso de Henri-Georges Clouzot dans sa manière de filmer (en pellicule 16mm s’il vous plait !). En effet la caméra est placée sous la table à dessin de l’artiste et par effet de transparence on voit les traits se transformer peu à peu en canard à haut de forme et lunettes.

Les influences de l’ingénieur et du dessin industriel

Don Rosa possède sa propre technique héritée de sa formation d’ingénieur et de dessin industriel. Il utilise des pochoirs ronds ou elliptiques pour créer les formes générales de chaque partie de son dessin, méthode longue et fastidieuse mais donnant un résultat inégalé dans la BD Disney depuis sa retraite en 2006. C’est grâce à cela que Don Rosa fera culminer sa carrière en publiant La Jeunesse de Picsou. Chaque histoire est construite autour d’anecdotes laissées par Carl Barks dans son oeuvre formant un cycle de 12 chapitres auxquelles s’ajoutent 7 épisodes bis et ter. Ce chef d’oeuvre est réédité chez Glénat et une nouvelle diffusion est également en cours chez Hachette Presse.

Le Mystère Picsou est un documentaire créé par un fan, à propos des fans et produit par les fans. Après avoir remporté un concours grâce aux votes des passionnés, rencontré quelques galères et grâce à un financement participatif ayant remporté grand succès, le tournage du documentaire à commencé en juin 2017. Sa sortie est attendue pour l’année prochaine, nous savons que la postproduction est déjà en cours et au vu de l’extrait, on a hâte de voir le résultat !

Après la diffusion en présence de Morgan Gicquel, Laura Gidrol, Franklin Henricksen (l’équipe du film) et bien évidemment Don Rosa, le public a pu poser ses questions.

C’est vers le maître des canards que se dirigent la majorité de celles-ci, et permettent d’en apprendre plus sur le caractère de Don qui répond à chacune d’elle avec humour. Dans son travail, par exemple, son moment favori est lorsqu’il a terminé. Il explique qu’il passait tellement de temps sur une même histoire que le plus souvent, il finissait par la détester.

Dans la même logique l’histoire qu’il préfère dans sa production est la dernière. Selon lui, c’est l’ultime histoire qu’il avait à écrire : l’histoire d’amour de Picsou pendant la ruée vers l’or de 1897 dans le Yukon. On en apprend également un peu plus sur ses inspirations : au delà de Barks, Don est pétri de pop culture, il cite le Mad Magazine, les vieux films d’Hitchcock ou Ford et l’histoire américaine. Son oeuvre ne s’adresse donc pas uniquement aux enfants, mais apporte un degré supplémentaire de lecture à ses histoires de par les recherches qu’il effectue en amont et la profondeur qu’il a su donner à ses personnages.

Fucking genius

On découvre un homme très humble dans son travail, qui s’en rend compte lui même. Il n’est pas un grand fan de son oeuvre, ne comprend toujours pas l’engouement qu’il suscite en Europe alors qu’il est un quasi inconnu aux État-Unis. Pour lui tout cela n’est qu’une blague : tous ces gens réunit essayent de lui faire croire qu’il est connu pour se moquer… Il se sait donc humble, mais un jour, en relisant La jeunesse de Picsou un peu à contre-cœur, il s’écrira tout de même à la fin « I’m a fucking genius ! »

La Comic Con a également été l’occasion d’aller à la rencontre des fans de Picsou, foule souvent silencieuse en dehors de ce type d’événement. On remarque assez peu d’enfants dans la longue file d’attente qui s’est formée dès 9h30 pour obtenir un autographe du maître. On atteindra même plus de 3h d’attente samedi, mais les fans ne désespèrent pas et Don Rosa s’attache à passer du temps avec chaque personne : il a fait le voyage pour cela. Son traducteur officiel en France pour les éditions Glénat l’aide à créer un lien avec les visiteurs.

Chaque fan a une histoire à raconter sur sa rencontre avec l’univers de Picsou : Solveig piquait les Picsou de ses cousins pendant les vacances. Elle est accompagnée par Philippe, qui a apporté le premier intégral de la Jeunesse de Picsou, sorti en 1998 : « C’est le seul livre dont je ne pourrais me séparer. » Tous les deux sont en cosplay, Philippe en Picsou de la ruée vers l’or avec sa toque de trappeur et Solveig est en Goldie, danseuse de Saloon et seul et unique amour de Picsou.

cosplayers Comic Con Paris Picsou Goldie
Philippe et Solveig, des cosplayers au Comic Con déguisés en… Picsou et Goldie. (crédit photo : Bastien Verdier)
Apprendre à lire avec Picsou

Elsa a apporté ses propres dessins, elle aussi dessine des aventures de Picsou et ses neveux.

L’enfance de Clément ferait baver tous les fans : il a appris à lire avec Picsou ! Ses parents tenaient une imprimerie, il avait donc tous les Picsou un mois avant leur sortie.

Lukas, lui, a déjà vu Don Rosa à Munich et ne loupe pas cette nouvelle occasion de le voir, cette fois bien plus prêt de chez lui. D’autres cosplayers se baladent dans la Villette : Maude et Laure fans de la série La Bande à Picsou, et plus particulièrement du film Le Trésor de la Lampe perdue, sont venues en Picsou et Gontran (cousin de Donald à la chance insolente) et demandent de l’argent pour se construire la fameuse piscine d’or, pour laquelle Picsou est bien connu.

Le Picsou magazine sans abonnement

Jules est accompagné par sa mère Karine, qui est en réalité la première fan de la famille et qui a transmis le virus Picsou à ses enfants. Ils sont avec Salma, ici pour faire une surprise à son copain, grand fan qui ne pouvait pas venir à la Comic Con. Finalement, Morgan Gicquel, réalisateur du Mystère Picsou, a lui aussi une anecdote sur sa rencontre avec Picsou. Un jour ses parents lui proposèrent de choisir un magazine, et son choix se porta sur un Picsou magazine. Ses parents pensant qu’il allait plutôt choisir un Science & Vie refuseront toujours de l’abonner. Qu’à cela ne tienne ! Morgan mettra alors tout son argent de poche de coter pour acheter Picsou magazine chaque mois.

Son amie Laura Gidrol, productrice du documentaire, n’a quant à elle été sensibilisée à l’univers des canards qu’à la fac où elle a rencontré Morgan. Elle s’est rendu compte de l’importance de Picsou pour lui lorsque, étudiant fauché, il est venu lui emprunter de l’argent pour pouvoir acheter un original de Don Rosa mis aux enchères sur Internet. C’est comme cela qu’elle se retrouve aujourd’hui embarquée dans la réalisation d’un documentaire sur le sujet.

La Comic Con de Paris était donc le rendez-vous à ne pas manquer pour les fans du vieux canard. C’est un anniversaire exceptionnel qui a été organisé à la Villette : POP! a même sorti sa
propre figurine à l’effigie de Picsou et sa famille, le stand Glénat a vendu tous ses exemplaires de la Jeunesse de Picsou en un temps record et Don Rosa a encore eu le plaisir de rencontrer une foule de fans reconnaissants. Pour perpétuer le plaisir, dévorez la nouvelle série La Bande à Picsou actuellement diffusée par Disney XD. 2017 est définitivement une année placée sous le signe du canard !

Bastien Verdier

Ducktales 2017, image : Disney XD
Ducktales 2017, image : Disney XD

Une réflexion sur « L’oncle Picsou va avoir son propre documentaire »

  1. J’ai moi aussi pris le couple Pcsou-Goldie en photo (merci pour les noms, je penserai à légender ma photo). Je voulais que ma fille pose avec, mais elle était intimidée. J’aime bien les anecdotes recueillies parmi les fans.

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