Les moments forts du Pitchfork Music Festival 2017

Du 02 au 04 novembre s’est déroulé le prestigieux Pitchfork Music Festival. Programmation de haute-volée, bon son… que demander de plus ? Retour sur nos pépites de l’édition.

Le grand manitou The National

Forcément attendu au tournant, le groupe américain a porté le poids de la première soirée… avec magnificence. S’il ouvre son set avec le curieux Karen, l’échauffement laisse rapidement place à une furie sonore sans précédent. Venu défendre son dernier né Sleep Well Beast, force est de constater que les nouveaux morceaux ont la fougue nécessaire. The System Only Dreams In Total Darkness, Walk It Back, la magnifique Guilty Party… Impossible de faire de l’ombre, cependant, aux classiques Don’t Swallow The Cap, I Need My Girl et l’infatigable Terrible Love. Si The National adopte parfois un show  son et lumière très « Radiohead », le concert demeure un block-buster mémorable. À quand un concert en salle ?

 

L’aventure Chassol 

Surprise. Muni d’un écran géant, le musicien Chassol, qui avait dévoilé en 2015 son album-concept Big Sun, propose un set à son image. Résultat : un voyage sonore et visuel sans précédent, aux couleurs de la Martinique, son pays natal. Ce pays, il le connait bien, le filme et le décrit en musique avec perfection. En mélangeant des influences jazz avec des touches plus contemporaines telles que l’électro, Chassol a propulsé le public du Pitchfork dans une dimension difficile à échapper après coup.  Et tant mieux.

La délicatesse Cigarettes After Sex

A t-on vraiment besoin de le justifier ? Le groupe, qui a sorti son très attendu premier album en juin dernier, se devait de proposer un concert (court, pas plus de 40 minutes) à l’image de son concept. Fumante, l’ambiance vire au slow avec les titres fascinants K, Sweet et Sunsetz. Ce qui est indéniable, c’est la qualité sonore, procurée par la Grande Halle de la Villette, qui sert avec perfection le set de Cigs. L’acoustique, pure et brûlante, apporte à Nothing’s Gonna Hurt You Baby et Affection la dimension nécessaire pour posséder avec entièreté le Pitchfork. la  On en redemande, mais le bon côté, c’est qu’on a pu rencontrer le groupe juste après.

La bouffée d’air frais BADBADNOTGOOD 

Quel bonheur de retrouver sur scène le talentueux quartet jazz BADBADNOTGOOD, après la sortie de leur album IV (à écouter d’urgence ci-dessous). Le groupe a tout compris : comment faire ses preuves avec un genre musical aussi réputé ? En variant les expérimentations électroniques et les arrangements rock. Nous voilà, bouche-bée, devant un hybride de free-jazz ultra (mais alors ultra) subversif. Délicieux, les titres Champy’s Paradise, Confessions et Lavender sont les moments de grâce de la soirée. Inoubliable.


Les papas de Run The Jewels

Des habitués du Pitchfork. A t-on besoin de se justifier ? Comme d’habitude, Run The Jewels monopolise toute l’attention avec son set fédérateur et empreint d’humilité. Enchaînant les bangers Talk To Me, Stay Gold, Angel Duster et Hey Kids (Bumaye) convaincs autant qu’ils défoulent. Rassurant, quand on sort du passage décevant de Princess Nokia (on en s’en remet pas). La tête d’affiche de cette journée, très certainement, portera la flamme du rap avec dignité. En attendant les extraits de leur passage…

Les outsiders, par-ce qu’on les aime un peu quand même 

On ne peut pas oublier l’adorable Rone, artiste surprise de cette édition, qui est d’ailleurs apparu sur scène pour The National pendant Sleep Well Beast. Pareillement, pour la douce This Is The Kitrévélation de Sufjan Stevens, venue présenter son bébé Moonshine Freeze. On donne notre oreille à couper qu’elle détiendra, un jour, la plus belle des médailles. Enfin, les sets agréables d’Andy Shauf et HMLTD, à l’image de la pause temporelle The Blaze, méritent la mention, tant ils déploient avec maîtrise leurs touchants univers. C’est donc cela, le Pitchfork Music Festival, un bouquet très éclectique, parfois surprenant, qui perdure dans un avant-garde imbattable.
À l’année prochaine ?

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