Mat Bastard : « J’essaye de dire tout haut ce que pensent les gens tout bas »

Mathieu-Emmanuel Monnaert, ou Mat Bastard pour les intimes, était l’une des têtes d’affiche de l’éclectique festival du Poulpaphone 2017 à Boulogne-Sur-Mer. Ancien leader de l’emblématique groupe de rock Skip The Use, le rebelle d’origine belge revient cette année avec son premier album solo, intitulé “Loov”, où authenticité rime avec discours engagé. Celui pour qui se sont déplacés des milliers de festivaliers s’est humblement livré à nous quelques minutes avant sa performance endiablée.

Efflorescence Culturelle : Mat Bastard, tout d’abord bonjour, comment vas-tu ? Pourquoi “Bastard”, ce nom de scène qui connote une certaine colère ; est-ce une forme de contestation ?

Mat Bastard : En pleine forme, c’est super cool. Non non, c’est juste que je fais beaucoup de blague, je déconne beaucoup et mes potes disent que je suis un connard (ndlr: bastard signifie batard en anglais).

Dans ta musique, on ressent une forme d’engagement, notamment dans “Stand As One”, te sens-tu porte parole d’une jeunesse qui en a marre de la société dans laquelle on vit ? 

Mat Bastard : Je ne sais pas si je suis porte parole, mais en tout cas j’essaye de dire tout haut ce que pensent les gens tout bas. Je pense que la jeunesse a des choses à dire, il faut l’écouter, il faut lui laisser la chance de s’exprimer telle qu’elle est, de faire des erreurs et des trucs cool. On a tous le droit à la libre expression dans le respect des autres.

Tu chantes en anglais mais également en français, est-ce une façon de rester lier à tes racines ? 

Mat Bastard : Moi j’ai toujours joué partout dans le monde, le fait de chanter en anglais m’a permis de le faire plus facilement. Après je n’ai rien contre le fait de chanter en français, c’est juste que je ne savais pas bien le faire pendant longtemps. Maintenant, ça marche mieux, je ne sais pas si c’est parce que je suis plus vieux. Et puis je vis en Californie, ça permet à mes chansons d’êtres vendues là bas aussi.

Tu vises donc un double public ? 

Mat Bastard : Ouais, je vise LE public. Je peux chanter même en roumain, la langue m’importe peu. (rires)

Côté réseaux sociaux, on a fait un tour sur ton Instagram et on a constaté qu’à la manière de Disiz La Peste, tu postes beaucoup de photos, en noir et blanc majoritairement. La photographie représente t-elle un art pour toi comme la musique ou est-elle simplement une lubie ?

Mat Bastard : Non (rires.) Je ne suis pas un spécialiste, j’ai fais Noir et Blanc car je trouve ça plus simple. Après j’aime l’image, mais je ne suis pas un grand photographe, c’est plutôt ma femme qui a beaucoup plus de goût et qui est beaucoup plus douée pour ça.

D’ailleurs, quel est ton rapport aux réseaux sociaux ? Est-ce un bon moyen d’expression selon toi ?

Mat Bastard : Ouais, c’est un bon moyen d’expression mais c’est aussi très dangereux car ça cloisonne les gens dans une réalité virtuelle qui n’est pas la réalité. Moi j’aime la vérité, le contact humain. J’ai l’impression qu’on est plus dans la recherche d’une posture que dans la recherche d’un fond. Ça me fait chier car même dans l’art ça se ressent, il y a plein de chansons où l’on sent que la chanson n’est pas bien travaillée mais que l’image est ouf. C’est un peu dommage.

Dans “No Remedy”, une chanson extraite de ton nouvel album “Loov”, tu emploies des images métaphoriques et allégoriques. Es-tu sensible à la poésie ?

Mat Bastard : J’aime l’écriture, j’aime les beaux textes et j’aime parler en image. C’est pour cela que je travaille dans le cinéma et que je fais de la musique de film, je suis sensible aux images. Sinon, c’est ma femme qui m’a initié à la poésie, je ne suis pas un expert non plus mais j’y suis sensible oui.

Pourrait-on dire que derrière tout grand homme se cache une grande femme alors ? (rires)

Mat Bastard : Ah ! Je ne sais pas pour les autres mais moi je ne m’en cache pas. Je sais que grâce à elle je fais plein de choses et qu’elle m’apporte beaucoup.

Quelles sont donc tes inspirations lorsque tu composes ?

Mat Bastard : La vie de tous les jours, mes potes, mes enfants, le quotidien, la réalité, le JT, les bouquins que je lis, moi je trouve que c’est cool de regarder dehors et de décrire ce que l’on voit car la réalité est souvent assez saisissante. Je pioche dans les choses simples de la vie tout simplement.

L’utilisation du masque de la tête de mort dans ton dernier clip, ça fait référence à quoi ? 

Mat Bastard: C’est un clin d’oeil à un film d’animation, Zombillénium, où je joue le rôle d’un squelette, ma chanson “Stand As One” est dans ce film. C’était une expérience cool.

Merci Mat Bastard pour cet entretien, ce fut fort intéressant de discuter avec toi ! 

Mat Bastard: Merci à toi, c’est super cool !

Mat sera en tournée en France jusqu’en 2018 pour la promotion de son nouvel album, plus énergique que jamais, « Loov ». Récemment, il s’essaye au doublage en interprétant le rôle de Sirius dans « Zombillénium »où monstres en tout genre s’improvisent employés d’un parc d’attraction d’épouvante. Le film, réalisé par Arthur De Pins, est actuellement au cinéma. Foncez donc en salle (de concert ou de cinéma) !

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