La quête d’optimisme de Mariam The Believer

Remise à plombs. Forte de son brillant deuxième album « Love Everything », la musicienne Mariam The Believer nous ouvre grands les portants vers un espoir naissant.

Il y a quatre ans, elle s’évadait de Wildbirds and Peacedrums le temps d’un premier effort, Blood Donations, honnête puzzle de morceaux alliant introspections et métaphores filées.
Mariam The Believer semble avoir mûri, au fil des années, suffisamment pour passer le cap du deuxième album (soi disant difficile). Avec Love Everything, la suédoise prouve sa capacité à perdurer dans son genre -la pop- tout en réinventant habilement sa recette. Bijou de production, ce second album nous persuade que Mariam The Believer peut tout se permettre. Sa voix danse, tremble, varie les tonalités tout en gardant une couleur impériale à la PJ Harvey. Tout aimer, impossible d’y résister.

 

C’est ainsi que s’ouvre l’album, sur un Opening tout en retenu. « This could be the end », souffle Mariam. Loin de là l’idée. L’accord mineur se mue en majeur. Pas de panique, la progression demeure la règle d’or ; l’album regorge de trouvailles mélodiques mémorables : du morceau aux multiples facettes Eternity au lyrique Bodylife, la voix de Mariam The Believer transpire d’émotions.
Ses partenaires mentaux, c’est-à-dire les instruments, poursuivent leur musicienne avec justesse. On pense notamment aux magnifiques arrangements de piano de Darkening, qui répondent aux cordes. L’orchestration, souvent bouleversante, vire soudain à la ballade jazz et bâti un final en bêton à Bullies. 

Dans son dernier tiers, Love Everything se déroute lui-même, pour son propre bien. Le renouvellement est ici nécessaire puisqu’il densifie l’oeuvre, qui devient très éclectique. Le crépusculaire Treasures entame une nouvelle aire, parfaite ouverture au synthétique Total, titre le plus sucré de l’album, le plus sexy.
Fin du voyage, Mariam The Believer rejoint son socle natif avec Crust. La musicienne a décidé de tirer le rideau en proposant un tableau, une nouvelle fois, schizophrénique. Le titre aux prémices rock s’étend vers une contrée cosmique en son refrain planant. Il revient, telle une danse, vers son mouvement principal, et ainsi de suite, jusqu’à l’apothéose. Les instruments suffoquent, se meurent et disparaissent les uns après les autres.
Les mélodies, par contre, forment dans leur ensemble un des trésors les plus scintillants de 2017.


Tracklisting : Opening, Eternity, Pieces, Bodylife, Darkening, Bullies, Treasures, Total, Crust

Love Everything de Mariam The Believer, Repeat Until Death / Differ-ant.

Laisser un commentaire