Lord Esperanza : « Tout le monde peut réaliser ses rêves »

Lord Esperanza est un jeune rappeur parisien. A 21 ans, il a tant de choses à raconter sur sa vision du monde, de la politique, de l’amour… des sujets somme toute universels qui trouvent déjà chez le public un écho particulier. L’artiste sort vendredi 27 octobre Polaroïd, un 2e EP de toute beauté chez Modulor, label parisien respecté qu’il a rejoint à tout juste 18 ans.

Lord Esperanza
Crédit photo : Vis Paris.
A quel morceau tu t’identifies le plus ?

Lord Esperanza : En réalité, mon personnage est assez schizophrénique, une partie de moi, la partie Lord est à l’origine des morceaux égotrip tandis que l’autre partie de moi se retrouve plus dans mes sons doux avec des thématiques comme l’amour, etc. Il y a une sorte de dualité dans mon personnage que j’essaie vraiment d’entretenir. Je pense que le morceau qui me rend le plus fier n’existe pas encore malheureusement.

En 2016, tu dis dans une interview que tu ne t’es pas encore trouvé, est-ce toujours le cas dans Polaroïd ?

Ça commence à porter ses fruits, effectivement j’ai l’impression de ne plus me trouver, après je suis partisan de la recherche musicale et artistique et j’essaie toujours de pousser plus loin les limites de l’innovation ou du moins de la réinvention car selon moi on n’innove pas, on réutillise seulement des codes qu’on s’approprie. J’estime que oui, je me suis trouvé mais je continue à expérimenter et j’espère que je le ferai encore longtemps.

Donc, tu dis que tu parles beaucoup de l’amour, comme on peut le voir dans le nouvel album, mais pourquoi donner une place si importante à l’amour ?

L’amour c’est la chose qui nous relie tous, entre êtres humains. Peu de sujets communs sur cette terre hormis le temps (car on en est tous victimes) et l’amour. C’est peut être le seul vrai moyen de partage. Tout ce qui est matériel c’est quelque chose qui vient et qui disparaît alors que l’amour c’est une valeur universelle, sans temporalité et qui n’est pas palpable, ça va au-delà de tout, c’est métaphysique, c’est comme de l’oxygène pour l’homme.

« Nos craintes sont simplement le reflet de nos désirs »

L’espérance te tient également énormément à cœur. Pourquoi avoir voulu donner aux autres l’envie de réussir ?

On est dans une société individualiste, de l’égo, du paraître surtout depuis les réseaux sociaux et la mise en valeur du « moi, je ». Moi je pense qu’il faut inciter les gens à prendre le système actuel en contre-pied en incitant chacun à réaliser ses rêves et à construire ses projets. Ça rejoint la thématique de l’amour. Si tu crois en toi, tu t’aimes toi-même et à partir de là les autres peuvent t’aimer et tu peux partager. Pour moi c’est super important. D’ailleurs c’est mon nom : Esperanza c’est l’espoir. Je voulais transmettre mon ambition et faire en sorte que chacun se reconnaisse dans ma vision, et même dans notre vision, car on a tous nos craintes. Mais nos craintes sont simplement le reflet de nos désirs.

lord esperanza
Lord Esperanza au centre d’une rue parisienne, sa ville de cœur.
Est-ce que tu as eu cette chance toi du coup d’avoir des gens autour de toi qui ont cru en toi ?

Mon équipe est très soudée et me soutient à fond. J’ai aussi eu Flavien,  qui a contribué énormément, il m’a recueilli chez lui, il m’a enregistré, m’a conseillé… il est mon sauveur, c’est un très grand ami. Derrière la lumière, il y a toujours des hommes de l’ombre.

C’est notamment de lui que tu parles dans le son frère miroir ?

Exactement, il a vraiment joué un rôle important. Mes proches sont plutôt tous fiers de moi, ma mère m’a toujours soutenu plus ou moins. Après ce n’est que le début d’une grande aventure… J’ai essayé de donner tort à mes détracteurs. Modulor, Piment musique mon éditeur, Majeur mineur évidemment, sans lui je ne serais pas là ! Mes réalisateurs aussi, son tourneur qui sont des gens qui font qui je suis.

« J’ai une vision ternie de la civilisation humaine mais je conserve une forme d’espoir »

Parlons maintenant de ce que tu dénonces dans tes morceaux, comme notre société actuelle dans Noir Pt.2 ou L’insolence des élus ?

J’ai une vision assez ternie mais je garde quand même une touche d’espoir pour notre monde et l’humanité avec un grand H. Je suis pessimiste mais je conserve une forme d’espoir à propos de notre civilisation bien que je vois des choses qui me font douter comme l’autodestruction de l’être humain par exemple.

Tu te préfères avant Drapeau Noir ou après Polaroïd ?

Je sais pas, toi t’en penses quoi ? (rires) Mentalement ou artistiquement ? Humainement comme dans la musique j’ai beaucoup grandi et je reste en constante évolution, c’est ce que j’aime d’ailleurs.

Pourquoi Polaroïd comme nom d’EP ?

Parce que c’est un projet qui a été super rapide, 6 mois en tout. Ce qui montre une certaine touche de spontanéité malgré que certains sons aient 2 ou 3 ans. Le polaroïd c’est le flash donc l’apparition d’une ouverture plus grande au public et ma volonté surtout, après avoir planté mon drapeau dans l’univers rap, d’y briller. Polaroïd c’est aussi l’objet en lui-même, qui est très beau et représente à merveille l’instantanéité qu’on a voulu donner à l’album.

Des artistes avec qui tu aimerais collaborer dans le futur ?

Georgia Smith, avec qui j’adorerais faire un morceau, c’est une anglaise. Sabrina Claudio aussi j’aime beaucoup. Je me verrais bien faire un morceau aussi avec Kendrick Lamar, ce serait furieux (rires) ! J’aimerais aussi beaucoup travailler avec les producteurs québecois Bad Bad Not Good, qui font de l’électro-jazz et qui sont cool ! Mais conserver mon équipe est aussi important pour moi.

« Gardez toujours à l’esprit que la seule différence entre un rêve et un projet, c’est la date »

Les trois plus beaux mots français selon toi ?

Hum, intéressant… Je dirais mise en exergue, apocalypse, je trouve ça beau et enfin… antinomique.

Les plus moches ?

Le problème c’est que ma vision risque d’altérer mon jugement ! Chaos, c’est magnifique mais ce à quoi il fait référence… Soporifique, je dirais, sporadique et enfin, dégringoler : c’est vraiment moche.

Ceux dont tu ne pourrais pas te passer ?

Amour, espoir, sentiments… Non ! Nuit plutôt ! Et le ciel aussi ! Je parle tout le temps du ciel.

Un conseil pour ceux qui voudrait réussir tout comme toi ? Quelle serait l’erreur à ne pas faire ?

Il ne faut pas écouter les autres et rester focus sur ses projets. Tout est possible ! Gardez toujours à l’esprit que la seule différence entre un rêve et un projet, c’est la date.

Propos recueillis par Élena Pougin

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