Reggae Sun Ska : Une ambiance atypique

Le Reggae Sun Ska, c’est un peu le festival de reggae en France : on s’attend à voir des dreadlocks, des jeunes, des grosses cigarettes… et quelques autres gros clichés. A l’occasion des vingt ans du festival, on est allé à la rencontre de festivaliers finalement pas si jeunes et pas tous si accro au reggae et aux dreads.

Ben, Guy-Emmanuel, Anaïs, Carine et Laura, cinq bretons en voyage dans le grand ouest

« On vient tous les cinq de Bretagne. On a fait la route pour le week-end pour la musique et les amis. Le reggae ne donne pas la même ambiance que les autres styles musicaux. Même les chanteurs qui se produisent au festival n’ont pas la même moralité qu’aux Vieilles Charrues ou ceux qui passent à la radio. C’est plus détendu ici, moins commercial. L’ambiance est top. Ici, il y a moins de jeunes de 17 ans, c’est une ambiance plus calme même si tout aussi festive. Il y a aussi moins de vol. Les gens sont plus ouverts d’esprit. C’est l’occasion de faire une vraie coupure avec le travail. Un week-end où on en profite à fond. Et c’est aussi le moment parfait pour retrouver sa copine ou ses potes. »

Solène (25 ans) et Adrien (27), venus pour la musique intergénérationnelle

« C’est la première fois qu’on vient mais on voulait le faire depuis longtemps. On vient de Vienne, au Sud de Lyon, on a prévu de rester quelques jours après le festival pour profiter de la région. Bordeaux, Arcachon, Cap Ferret, la Cité du Vin… il y a de quoi faire ! Il y a une grosse programmation cette année, UB40, Keny Arkana, Tryo… C’est un peu fou, on peut même fois des chanteurs qui font peu de concerts ou qui sont de la génération de nos parents, les Rolling Stones du reggae en quelques sortes. »

Eva, Victoria et Cléa (20 ans), celles qui n’écoutent pas de reggae

« On n’écoute pas trop de reggae normalement mais l’ambiance est super ici. C’est très différent des autres concerts et festivals. On dors dans nos lits, c’est confortable, on joue à domicile en quelque sorte ! On est de Pessac, c’est chez nous en fait. C’est la troisième que l’on vient. Cette année il y a Kalash qu’on adore. Et Panda Dub aussi mais c’était à 17 heures, un peu tôt. »

Bastien, Raphaël, Pierre et Vincent viennent pour l’ambiance

« On vient depuis si longtemps qu’on a même connu le changement de lieu du festival ! C’est la 20ième anniversaire de Reggae Sun Ska et l’ambiance ne change pas : c’est super ! Et c’est déjà sûr qu’on va revenir ! Tous les étés, on fait beaucoup de festival depuis plusieurs années mais ici c’est confortable et puis tout le monde est un peu posé et perché aussi, c’est top. »

Au Reggae Sun Ska, Carlos (51 ans) et Julia (43 ans) prônent le partage, la solidarité et l’amour

« On a une association partenaire de la fondation Abbé Pierre du côté de Perpignan. L’année dernière on a monté un projet pour aller voir un grand festival engagé en Espagne. Et cette année, quand on a vu qu’il y avait un partenariat avec l’Abbé Pierre ici aussi on s’est dit que ce serait bien de voir les propositions de Reggae Sun Ska. On est venu pour la musique mais aussi et surtout pour voir les démarches solidaires ici autour de la culture reggae. On pensait trouver plus d’artisanat, de peintre etc. La musique est super, mais pour le reste on est un peu déçu… il y a trop de gens et de jeunes alcoolisé pour un festival de reggae. Pour nous ça doit être basé sur le partage, l’amour et la collaboration. Je crois que ça s’oublie… »

Noa (17 ans), Hugo et Antoine (16 ans) bouillonnent depuis un an

« Noa a vu passer une publicité sur Facebook avec la programmation et ça avait l’air dingue. Elle nous a motivés ! Et ça va faire un an qu’on parle de venir ! On habite dans l’Ardèche et la Drôme, pour nous en bus c’est un peu loin mais je crois que ça vaut le coup. Il y a au moins un groupe top pour nous par jour, Keny Arkana, Tryo, la rue Kétanou, c’est fou quand même ! Et tout le monde est sympa, même au camping où on est très nombreux c’est super cool. »

Sophie (32 ans) et Mathilde (20 ans), le festival depuis (presque) leur lit

« La programmation est super et c’est très sympa, par contre je ne comprends pas comment le festival peut avoir 20 ans et autant de problème d’organisation. On a raté le début du concert de Keny Arkana car l’attente pour le camping, la pose des bracelets et l’entrée sur le site étaient trop longues ! Bon, le point positif c’est que ce n’est pas loin, c’est un endroit qu’on connaît c’est super confortable pour nous qui habitons sur Bordeaux ou à côté, on peut même dormir dans son lit ! »

Anita (28 ans) et Simon (25 ans), les habitués

« On commence à être des habitués c’est la 5ème fois pour Simon et la 3ème pour moi. C’est le seul festival qu’il reste, je trouve, où les gens sont sympas. Personne n’est là pour la bagarre. On est tous copains, c’est familial ! Et puis il y a pas trop de policiers, et c’est cool car c’est lourd d’en voir partout comme à Garorock. On fuit le camping officiel où il y a trop de monde et où ils sont tous en plein soleil. On fait du camping sauvage un peu plus loin au calme. C’est bien de se reposer le cerveau en dehors des concerts ! Ce qui est génial c’est qu’on est très différents niveau musique mais que l’on se retrouve bien ici tous les deux. C’est éclectique, cette année il y avait du rap et de la variété française par exemple et pas seulement du reggae. Et puis… j’avais parié, il y a trois ans, que si Ky-Mani Marley venait je me ferais tatouer sur la fesse. Alors… »

Propos recueillis par Anne-Flore Roulette

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