ambiance Vieilles Charrues

Vieilles Charrues : « On ne vient pas pour la programmation »

Les Vieilles Charrues réservent à chaque édition leurs lots d’artistes, de bénévoles, mais aussi et surtout de festivaliers. Cette année encore, ils n’ont pas manqué l’occasion de rappeler que Carhaix accueillait le plus grand festival français. Ils étaient 280 000 à fourmiller de scène en scène. Par leur déguisement, leur histoire ou leur fonction sur le site, tous, à leur échelle, auront marqué l’édition 2017. Portraits.

Nicolas et Emilie Vieilles CharruesNicolas, 47 ans, et son amie, Émilie : « On ne vient pas pour la programmation »

« On arrive de Pau avec ma copine. Cela fait 5 ans qu’on ne loupe plus le Festival. Ce que j’aime, c’est l’ambiance, le partage. (Il nous tend sa galette complète !) Plus que la programmation, même. Finalement on la regarde peu. Ce qui est sympa, c’est de venir entre potes, rencontrer des gens. Cette année, j’ai bien aimé Clément Bazin et Møme. De vraies découvertes ! En tout cas pour nous, fini la galère du camping, par le réseau, j’ai réussi à dormir chez l’habitant. »

Philippine et Emmanuelle Vieilles Charrues

Philippine, 17 ans et sa maman Emmanuelle : « Vianney, c’était un peu mou »

« Nous venons depuis trois ans, et en grande partie pour la programmation. Cette année, on a pris le pass week-end, mais surtout pour la journée de dimanche, avec Macklemore et Dj Snake. Le samedi il y avait moins de places. On a vu Môme et Vianney. C’était un peu mou d’ailleurs. Sinon, on a découvert Colorado, et Naive New Beaters : le rythme et l’ambiance étaient vraiment cool ! Cette année c’est le thème hippie. On a essayé de le respecter, on s’est mis un petit collier de fleurs et du rouge à lèvres… (rires) »

Maréga Vieilles Charrues

Maréga, agent de sécurité : « Je reste planté 12 h sous le soleil »

« Cette année, il n’y a pas eu de problème particulier. Les autres éditions, j’avais souvent à gérer des échauffourées. Souvent causées à cause de l’alcool. En général, il suffit juste de faire descendre la pression, les moraliser. C’est mon 3e festival, mais j’arrive tout de même à profiter. Je n’ai pas regardé la programmation. On entend la musique de loin, mais je reste planté là avec la chaleur. Il faut faire avec. C’est notre boite de sécurité qui nous paye à boire et à manger, ça reste appréciable. On fait des journées de 12 heures, c’est dur. Mais sur une journée, je peux gagner 650 euros. Un peu plus lors des jours fériés, comme le 14 juillet. »

Isabelle Vieilles Charrues

Isabelle, bénévole : « Chaque année on me cherche pour une photo »

« Je suis bénévole à Moneiz depuis 6 ans. On y travaille 4 heures, et trois jours sur les quatre. Je viens essentiellement pour l’ambiance, plus que la programmation bien qu’il y ait toujours quelque chose qui m’intéresse. Chaque année je customise mon fauteuil, tous les gens s’arrêtent et discutent avec moi, ou prennent une photo. Il y en a même qui me cherchent chaque année ! Il m’a fallu une semaine complète pour le décorer, tout est fait main. Pour cette édition, j’ai pu assister au concert de Manu Chao depuis la scène. J’ai mes entrées… (rires) En général je choisis des concerts calmes, et j’y vais plus tôt pour éviter que les gens poussent. Mon meilleur souvenir ? (elle réfléchit longuement) Sincèrement je n’en ai pas. Je retiens vraiment l’ambiance. »

Yannick Vieilles Charrues

Yannick, 28 ans : « Pas de Justice mais Matmatah ! »

« Je suis de Bénodet. Je trouve que, cette année, le festival est très bien organisé. Il y a eu une évolution en deux ans sur l’hygiène et la sécurité. En fait, il y a plus de fouille, et dans le contexte actuel, c’est important. Pas de surprise côté programmation : elle est toujours bonne et variée, ça touche tous les genres. Mon plus grand regret ça reste le groupe Justice, que j’ai loupé parce que je travaillais ce jour-là… Mais c’est pas grave, au moins je verrais Matmatah ! C’est un vieux groupe breton, j’y retrouve ma culture mais aussi des chansons qui passent en boîte. »

Camille, Nolwenn et Caroline Vieilles Charrues

Camille, Nolwenn et Caroline (à peine la vingtaine) : « Macklemore, c’est l’homme de ma vie »

« On vient de Quimper, on est là depuis quatre jours mais celui qu’on veut absolument voir c’est Macklemore ! (Nolwenn rajoute plus bas : ‘Je lui donnerais mon cœur’) On l’a connu avec ses chansons « Can’t Hold Us » ou « Thrift shop ». En s’y intéressant vraiment, on a découvert des textes plus engagés, plus lents. Il dénonce le racisme et l’homophobie… ça change des chansons trop légères. Une chanson en particulier ? « White Privilege » où Macklemore parle des manifestations de Ferguson contre les violences policières à l’encontre des noirs aux États-Unis après la mort de Michael Brown en 2014, assassiné par un policier : ‘Blood in the streets, no justice, no peace No racist beliefs, no rest ’til we’re free…’»

Enora Le Nôtre
Loris Bavaro

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