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Thomas Delecroix, la techno version 4.0

La musique 4.0, vous connaissez ? Nous non plus, en tout cas pas avant d’avoir vu et écouté Thomas Delecroix, gourou français des platines. Ça s’en va et ça revient comme une techno populaire.

Thomas Delecroix sortait hier lundi 26 juin son troisième EP nommé « Exorcism ».

Sa musique techno pulse, loin des genres qu’Efflorescence Culturelle a l’habitude de chroniquer. Le son du producteur parisien oscille entre 130 et 135 bpm (le même rythme que « Hot N Cold » de Katy Perry ou « I Gotta Feeling » des Black Eyed Peas pour vous faire une idée). A l’image de ces deux chansons, le rythme qu’a choisi Thomas Delecroix pour sa musique laisse place à énormément de possibilités de création : élaboration et répétition de samples, sonorités distordues et acidifiées sur un temps indéfini… Côté influence, Thomas Delecroix se sent plus proche « des producteurs d’Europe de l’Est plutôt que ceux de Berlin ou d’Angleterre » confiait-il en interview magazine Pwfm.

« Ma musique ? De la techno parisienne qui se nourrit de l’élégance de la capitale avec la noirceur des catacombes sur laquelle elle est construite »

Sa musique 4.0, c’est en fait une musique qui monte en grade, une musique tactile, un son 3D. En live, c’est comme ça qu’il fonctionne : architecturalement, ses installations sonores interagissent les unes avec les autres. Elles sont inspirées de l’artiste-poète Kenneth Goldsmith qui a travaillé sur la réutilisation de matériaux usagés. En février 2015, il inaugurait pour la première fois cette forme d’expérimentation sonores au vernissage de l’exposition « Plan M » à la galerie parisienne Jed Voras.

Voyage en planète inconnue

Thomas Delecroix écoute beaucoup de musique, il lit beaucoup (de la poésie, Rimbaud surtout) et s’intéresse à la genèse des projets qui le prend aux tripes. Depuis son premier disque « Sliders » sorti en automne 2015, il a pris l’habitude de créer des histoires hors-temps à lire sur les faces A et B de ses vinyles. Sa première histoire se déroule dans l’espace : il nous invite à voyager dans une mine située en sous-sol de l’exoplanète Kepler 331d. Pour se rendre dans cette exoplanète inconnue dont seul Thomas a le secret, il faut quitter la Terre, entrer dans une fusée, décoller et entrer dans un labyrinthe de couloirs spatiaux. Si vous vous imaginez déjà le truc, vous entrerez dans l’ambiance immédiatement :

Sur son second disque sorti fin 2016,  on voyage au centre de la Terre, une épopée homérique intraterrestre dans un noyau de Terre nommé « l’Agartha »… On s’amuserait presque à imaginer les détails du voyage avec Thomas Delecroix. « D’ailleurs le rappeur Vald que j’adore a sorti un album de ce nom quelques mois après mon EP », disait-il à Pwfm.

Les sorcières de minuit
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Thomas Delecroix en plein set en octobre 2016. Crédit photo : Julie Montel.

Même traitement réservé à « Exorcism », sa troisième et dernière sortie de juin :

« Un jour, je suis tombé sur un film italien qui se passe dans les années 1970 à 1980 basé sur l’histoire d’un ingénieur son anglais qui vient travailler sur les bruitages sur une bande-son d’un film dans un studio italien »

Les frissons de l’angoisse de Dario Argento, peut-être ?

« Après avoir commencé de façon calme, l’histoire vire progressivement au film d’horreur : manipulations mentales, sorcières, meurtres… On est mis face à une tension psychologique intense qu’on n’aurait pas anticipé »

Le DJ poursuit son explication retranscrite par Pwfm :

« A un certain moment, il y a une scène dans laquelle deux femmes enregistrent une voix off dans le studio. C’est là que le film switche dans le dark puisque les interprètes des sorcières ont l’air d’être possédées, ce qui terrifie l’ingé son anglais. J’ai été tellement fasciné par cette scène de distorsion auditive et scénariste que je me suis dis que j’allais m’en inspirer pour créer un morceau, qui pourrait servir à exorciser le public quand il est joué par le DJ »

Parce qu’il en connaît un paquet sur la musique, Thomas Delecroix (ne le confondez pas avec Joris Delacroix, le producteur de musiques électroniques de Montpellier) a décidé d’ouvrir un rayon, un vrai, cette fois, en fondant son label Rive Droite records. Avec l’avènement de la techno industrielle à Paris dans les années 2010, Thomas Delecroix s’enfonce dans ses projets en cours avec le collectif Newtrack, il tourne alors dans des salles réputées par les faiseurs de techno : le Batofar, le Rex Club, il joue même l’année dernière avec le grand Laurent Garnier aux Halles de la Villette.

Fort de ces expériences, il décide en 2012 de créer une structure pour promouvoir les artistes locaux. Rive droite records naît alors en 2012. Vous voulez rejoindre ce talent fou et vous maîtrisez déjà l’anglais ? C’est apprécié. D’ailleurs, n’hésitez pas à déposer vs démos dans la boîte mail du label.

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