Jacques par Titouan Massé

Les premières fois de Jacques

Donnez-lui une pelle et un seau, il vous en fera un morceau. Une identité forte et une démarche originale, le Strasbourgeois jongle entre objets loufoques et loopers pour créer une techno transversale. Jacques s’est confié sur ses premières fois à Panoramas

Jacques par Titouan Massé
Jacques sur la scène du festival Panoramas par le photographe Titouan Massé.
Efflorescence Culturelle : Ton premier souvenir musical, ce serait quoi ?

Jacques : Piccolo et saxo. C’était un vinyle avec une histoire qui se passe dans la forêt. Chaque instrument correspondait à un personnage. J’aime bien ça parce que c’est un peu ça la musique finalement. Sinon j’aimais bien Michel Fugain… Et Super Papa !!! C’est Vincent Malone qui fait un disque qui s’appelle Super Papa. Sinon un peu plus tard au CE1 avec mon pote Tony on apprenait IAM par cœur. Y avait aussi MC Solar. Après j’ai écouté du rock, de la funk et ensuite de l’électro. Aujourd’hui  j’écoute un peu de tout et de la merde. Genre j’écoute la radio quoi, j’aime bien écouter le top 50 aussi.

C’est quoi ton top 1 dans le top 50 ?

Récemment y avait quand même The Weekend et Daft Punk qui étaient dans le top 50 donc évidemment je vais dire eux mais sinon Ed Sheeran. A un moment donné il y avait une chanson de Selena Gomez qui était trop bien. Et j’aime bien Jul, Maître Gim’s, PNL et Frissons aussi. A chaque fois que Booba revient c’est stylé aussi !

 

Ton premier groupe c’était quoi ?

Mon premier groupe s’appelait The Rural Serial Killers, j’étais guitariste et chanteur. C’était à Strasbourg entre 2005 et 2010. Après le premier groupe, que j’ai fait découvrir à mes potes, c’était Franz Ferdinand, ensuite AC/DC, ensuite White Stripes. Tout ça c’était mes sons à moi, c’était mon identité.

Jacques
Jacques a la tête d’un croque-mort mais c’est sa musique intérieure, sa techno impériale, qui réveille les morts.
Ton premier instrument ?

Le piano… Quand j’avais 8 ans, j’ai pris des cours de piano à Wangenbourg. J’ai fait un peu de conservatoire et ça m’a blasé de ouf. Je trouvais les gens insuportables, rien que leur façon de parler, je trouvais qu’ils se la pétaient de ouf. Du coup j’ai arrêté la musique pendant quelques années. Et après j’ai repris le piano et la guitare quand j’ai commencé à être un peu amoureux des filles.

Ton premier concert ?

Chez Julia dans son garage à La Meinau, à côté de Strasbourg. On avait guitare, batterie, chant, on faisait des reprises de Kyo, de Téléphone, de Dionysos, et on faisait des compos à nous aussi. Y avait 20 personnes, c’était cool, c’était ouf…

Ton premier titre ?

Je me rappelle qu’avec Tony, mon grand pote avec qui on avait le groupe, on avait une chanson qui s’appelait Sandy. C’était une histoire d’amour où on se rend compte que c’est un chien qui se fait renverser. A l’époque on écoutait les Wriggles et on essayait de faire des chansons comme ça. On était plutôt en mode blague. Ça c’était notre premier titre.

Ta première coupe de cheveux ?

J’en ai eu plein mais la première c’était chauve, bébé. Et après quand ça a commencé à pousser c’était court, après j’ai eu les cheveux en mode coupe au bol puis je me suis rasé la tête, en mode comme à l’armée… l’été comme ça, mes darons ont considéré que c’était marrant qu’on se rase donc ils nous ont rasés mon frère et moi. Mon délire avec la coupe de cheveux ne date pas d’hier. Quand j’étais au CE1, je me faisais des crêtes, des couleurs. Quand j’étais au collège je me faisais full fixation, full gel, je me mettais en mode Nicolas Sirkis, un œil caché par les cheveux, on se foutait de ma gueule mais je m’en battais les couilles. Après j’ai eu l’inverse : tout en arrière avec un bandeau en mode tennis man transpiration alors qu’en fait c’était du gel. Après j’ai eu les cheveux longs. Après j’ai eu les cheveux plus courts et après je me suis rasé la tête. Je suis passé par plein de phases.

La première chose magnifique qui t’a marquée ?

Jacques : Je me rappelle pas d’une relation magnifique avec l’esthétique. Je me rappelle d’une fois où j’ai vraiment stoné, où je me disais « waou, c’est plutôt dingue, c’est magnifique ». C’était tout en même temps, c’était un instant où tu réalises que tout est magnifique. Et après y a des musiques : quand j’ai découvert Pink Floyd, je me suis rendu compte comment on pouvait foutre haut le niveau en terme de composition de musique. Y a des belles musiques qui t’embarquent, voilà.

Ta première rencontre musicale marquante ?

Quand  j’ai rencontré Arthur et Cyp, des potes qui faisaient le conservatoire à Strasbourg. Je me suis dit : « putain mais eux ils ont une conception de la musique ! » Cyprien avait fait une vidéo à l’époque où il faisait de la techno avec une canette. Je pense que ça m’a marqué. Après il m’avait invité dans son groupe qui s’appelait Liquid Bâton. C’est un groupe où on faisait de la musique avec toute sorte de bruits. Arthur c’est un batteur de porc, il est trop fort. Je suis plus influencé par des gars comme ça que des gars que je ne connais pas. Ça va plus profondément quand tu connais la personne.

Ton premier échec ?

Plein, tout le temps. Des trucs de meufs au lycée… Des clips et des chansons que j’ai jamais finis… Le gros échec ce serait l’échec de mon groupe The Rural Serial Killers, on a arrêté parce que l’agencement humain ne permettait pas un bon groupe, y avait pas la constellation des talents.

Ta recette pour composer un bon morceau, c’est quoi ?

S’ennuyer beaucoup et essayer de s’amuser. Faire de la musique purement parce qu’on s’ennuie trop, par quête sincère de l’amusement. Sans aucune réflexion en mode « à quoi ça sert ? Où est-ce que ça va m’emmener ? » Et puis après, accepter qu’on choisit pas la musique qu’on fait. Tu fais pas de la musique pour te positionner socialement ou te  positionner dans un style Peut-être que la recette c’est de créer du malaise pour pouvoir en sortir en toute beauté.

La première fois où tu t’es dit : « je lance Jacques » ? Le déclic ?

Ça n’existe pas. Le déclic c’est quand la volonté d’attendre un déclic s’estompe, qu’il n’en reste plus une miette. Et ben Boum : déclic ! Ça c’est trop des trucs de raconteurs d’histoires.

T’es pas un raconteur d’histoires ?

Ben non, moi je m’appelle Jacques.

Propos recueillis par :
Anaïs Seznec
et Adèle Urvoy

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