Fooljoy, l’interview fleuve (partie 1)

Fooljoy ou l’histoire de cinq amis réunis par une seule et même passion pour la musique. Le 20 mai dernier, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Junior, Léo, Marin et Mateo sur une place de la République ensoleillée où seul manquait, Arthur, le chanteur. 

Avec la sortie prochaine de leur EP, de dates de concert imminentes, les événements s’enchaînent pour ce groupe qui monte. Avec cet interview, nous vous invitons à découvrir Fooljoy.

« On s’est croisés du regard et puis (…) BAM on a créé un groupe de musique. »

Comment vous êtes vous connus ?

Junior : Ah Mateo, comment on s’est connus ?

Mateo : Bah en fait, on était au Collège Berthelot et on avait tous nos classeurs dans les mains et on marchait dans les couloirs parce qu’on était en retard en cours et là BAM on s’est rentrés dedans, nos classeurs sont tombés et après en les ramassant on s’est croisés du regard et puis après BAM on a créé un groupe de musique.

Junior : (rires)

Efflo’ : C’est dingue !

Mateo : C’est comme ça que ça c’est passé.

Avant de parler de l’EP, comment ça se passe avec les chansons, l’écriture ?

Junior : En vrai, il y a Mateo qui écrit, Marin qui écrit, il y a moi qui écris, il y a Léo qui commence à écrire aussi et il y a Arthur qui commence à écrire.

Mateo : Il est là genre tout le monde écrit, tout le monde il est gentil mais en vrai non.

Marin : C’est principalement nous trois ouais qui composons les morceaux pour l’instant.

Comment ça vous vient ?

Marin : Je pense surtout, enfin moi personnellement, avec des événements.

Mateo : Ouais moi aussi

Marin : Des événements qui se passent.

Mateo : Des fois, j’arrive à écrire plein de trucs et il y a des moments genre pendant deux mois c’est le vide total.

Marin : Pareil.

Mateo : C’est en fonction de ce qu’il se passe dans ta vie à vrai dire.

Junior : En vrai, pour moi c’est surtout les titres. Genre des fois quand j’ai des envies de titres ou de thèmes ou de trucs que j’ai envie de raconter ou de faire, c’est comme ça que ça me vient.

Et pour l’instru, ça se passe comment ?

Mateo : Ça c’est nous trois (NDLR : Junior, Marin et Mateo) et puis Léo qui commence.

Léo : (rires) Doucement.

Efflo’ : On a trouvé ça vachement cool, à l’écoute de l’EP, on a trouvé que la musique sonnait super bien, c’est le truc qui nous a le plus frappé.

Mateo : C’est gentil.

Léo : Merci.

« C’est une face de la jeunesse comme une autre la tristesse »

Sinon, vous écoutez quoi comme musique ?

Léo : Alors j’aime bien le « rauck », euh le rock.

Junior : (rires) Le « rauck »?!

Léo : (rires) Le rock, la soul

Mateo : Rihanna et tout ?

Léo : Hein ? Le jazz, un peu de rap aussi.

Mateo : Ouais mais donne des artistes.

Junior : Donne des artistes ! (rires) On l’a agressé là.

Léo : Il y a un compositeur que j’adore qui rassemble un peu toutes les musiques que j’aime. En fait, c’est un compositeur brésilien que j’aime bien qui s’appelle Ed Motta et,  dans toutes ses compositions il y a beaucoup d’arrangements jazz, à la fois un peu rock aussi soul et funk. Et, il mélange tout ça et ça condense tout ce qui est condensé là-dedans …

Mateo : « Ça condense tout ce qui est condensé là-dedans »  ?

(rires)

Léo : Voilà, quoi ! (rires)

Marin : Euh, bah moi aussi tout ce qui est David Guetta.

Junior : (rires) Principalement le dimanche matin.

Marin : Non, non, mais c’est plus les Beatles et les Beach Boys aussi pas mal.

Mateo : Tous les trucs en « Bea » en fait.

Marin : Exactement, tous les trucs en « Bea » sinon plus moderne, ce serait Tame Impala, je suis assez fan.

Marin : Et sinon Foxygen un peu, après il y en a plein d’autres mais ce serait un peu long à détailler.

Mateo : Moi, j’aime bien Prince et les Smiths.

Junior : Et Mac Demarco ?

Mateo : Non, pas trop.

Junior : Moi, en vrai, je me retrouve un peu dans tous leurs goûts musicaux genre …

Mateo : Ah oui, et le reggae aussi !

Mateo : Lovers rock, Peter Tosh.

Léo : Alton Ellis.

Mateo : Les Gladiators, tous les trucs des années 70, 80, 60.

Junior : Yellowman

Mateo : Ouais, ça c’est un peu moins bien.

(rires)

Marin : Les mecs qui sont pas d’accord.

Junior : On écoute aussi un peu de rap dans le groupe.

Mateo : En vrai, on écoute de tout.

Marin : Quel genre de rap ?

Junior : Non mais tu vas pas me piéger (rires). Allez, Kendrick Lamar, voilà !

Efflo’ : Personne n’a écouté le dernier album de Kendrick ?

(rires)

Junior : On l’a déjà saigné à blanc.

Efflo’ : On l’a toujours pas écouté nous.

En choeur : Oh làààà !

Junior : On va arrêter l’interview là, on va l’écouter et ensuite on va reprendre (rires).

Efflo : Les meilleurs titres de l’album, selon vous ?

Junior : Tous sauf GOD et LOVE ça passe vite fait mais GOD c’est vraiment chaud ! Ouais mais c’est vraiment pas mal ce qu’il a fait.

Quel est le dernier concert auquel vous avez assisté ?

Mateo : Moi, c’est Foxygen ! Ah non, non c’était pas ça

Junior : Il y avait un festival ! Nous, c’était de la techno à Rennes, il y avait de la house et du reggae aussi.

Mateo : Mais au niveau vrai concert, c’était au Trabendo avec Marin on est allé voir Foxygen.

Léo : The Big Idea, c’est le dernier concert et c’était un super set, super groupe.

Marin : Moi j’crois que j’ai vu du garage récemment à Rennes genre L.A. WITCH, The Madcaps, Kaviar Special.

Pour revenir sur l’EP, on a bien aimé Outdoor avec l’idée des samples, comment ça vous est venu ?

Junior : Au début, on avait mis la voix d’Arthur (ndlr : le chanteur) mais au final c’était de la merde et ça sonnait pas vraiment comme il fallait. Après, moi j’imaginais un espèce de truc comme l’intro de Kendrick avec une espèce de voix de noir américain avec l’accent, la façon de parler et tout, je trouvais ça marrant. En fait, Marin m’a dit « Regarde sur Youtube ce que tu peux trouver et envoie-moi ça ». Je suis tombé sur une vidéo d’un monsieur qui était complètement raide? il était parterre tellement il était bourré. On lui passait son téléphone mais il était bourré et il était en mode « Ouais, j’arrive » mais il arrivait pas à bouger tellement il était bourré. C’est marrant quoi parce ça s’entend dans sa voix qu’il était complètement raide quoi.

Efflo’ : Et comment tu tombes sur des trucs comme ça ?

Junior : Ah ouais mais j’ai cherché ! C’est une vidéo qui a même pas 100 vues, je suis allé au fin fond de Youtube.

Mateo : En vrai, ce morceau on l’aime bien mais on a galéré à le faire sonner.

Efflo’ : Il est grave bien, on trouve que c’est l’un des meilleurs de l’EP.

Pourquoi avoir choisi S/HE comme titre de l’EP ?

Junior : On était bourrés j’crois.

Marin : C’est vrai en plus, explique Mateo !

Mateo : à la base, on était tous les deux à la Mairie de Montreuil (ndlr : avec Junior)

Junior : Après une soirée, on était en mode after à Mairie (ndlr : Mairie de Montreuil)

Mateo : Et on était là, ça sonnerait trop bien « She ».

Junior : Du coup, on a trouvé.

Mateo : C’était juste trois lettres et on a trouvé ça rigolo. Mais après, on s’est dit que c’était un peu nul.

Junior : (rires)

Marin : Trop facile.

Mateo : On a trouvé que c’était un peu facile et donc du coup on a essayé de trouver un truc un peu plus poussé et en fait on s’est rendu compte que tous nos morceaux parlent vraiment de déception et de chagrin.

Junior : Déception familiale, amoureuse, alcool et tout

Mateo : Et en fait, tu vois c’est pas que des déceptions par rapport à « ouais, j’ai une copine et tout », c’est pas ça. Il y a un morceau qui parle de l’amitié, il y a un morceau qui parle de la relation mère/fils, etc. Du coup, on s’est dit que c’était pas « She » mais les deux, c’est elle et lui. L’idée c’est que le chagrin est universel.

Junior : Du coup, on a mis un shlash avant le S.

Marin : Après le S.

© Léa Bouton
Du coup, vous êtes jeunes, pourquoi faire un EP aussi triste ?

Junior : Parce qu’il fait beau, il fait soleil, on s’habille avec des chemises courtes et colorées mais d’un autre côté on dépasse le stade d’adolescent, on commence à arriver dans un stade plus adulte. On découvre plein de choses.

Mateo : On nous dit tout le temps que quand t’as vingt ans c’est le plus bel âge de la vie aussi. En vrai, c’est cool, t’es jeune, tu sors le week-end.

Junior : Il y a la fête, l’alcool, les amis mais ça, ça amène d’autres problèmes.

Mateo : C’est une face de la jeunesse comme une autre la tristesse, le chagrin. On aurait pu faire un truc joyeux mais on y arrive pas aussi.

Junior : En fait, c’est très compliqué de faire une chanson joyeuse sinon tu peux tomber très rapidement dans un truc ridicule.

Léo : Bah ouais, ça sonne faux.

Mateo : En fait ce qu’on a fait, c’est ce qu’on a réussi à faire en fait, tout simplement. Si on avait réussi à faire un truc plus joyeux…

Marin : Bah on l’aurait fait

Junior : Peut-être que c’était pas la période. Ça se trouve on fera un EP plus joyeux.

Marin : Ça dépend de nos humeurs. Ça dépend du moment où on écrit.

Mateo : Dans le groupe, la cohésion c’est plus cool qu’avant donc ça se trouve le prochain sera plus joyeux.

Marin : Ça dépend totalement

Efflo’ : De toute façon, pour la plupart des artistes c’est difficile d’écrire des textes joyeux.

Junior : Sans tomber dans le ridicule, c’est compliqué ouais. Si t’arrives bien à raconter un truc triste ou bien à raconter un truc joyeux, fais-le mais moi j’y arrive pas. Peut-être que Mateo et Marin y arriveront et que les prochains morceaux seront plus en mode « ouais on mange, on boit, on est contents », on sait pas, on verra.

Mateo : C’est des caprices un peu en fait. En vrai, si on connaissait le grand amour, on écrirait des chansons sur le grand amour. Là, on fait de la musique, on sait pas trop ce qu’on veut faire dans la vie à part en faire. On sait pas trop ce qu’on veut faire comme études.

Junior : On est un peu dans un endroit sans endroit, on est un peu perdu.

Marin : Je pense que c’est un peu pareil pour tout le monde de notre âge.

Mateo : Tout ça s’ajoute à plein de trucs et on a dû mal à écrire des textes qui sont gais.

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Prochaines dates  : 

Paris : 20 juin @L’International et 19 juillet @Supersonic 

Montreuil : 24 juin @Parc de Montreau 

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