Tim Dup par Hugo Pillard

Tim Dup : « J’aimerais bien être une orque »

Son EP « Vers les ourses polaires », sorti à la rentrée dernière, a bercé notre automne. Un temps caché en studio et attelé à la préparation de son premier album, Tim Dup est désormais sur les routes, avec en bonus un passage remarqué au Printemps de Bourges. Mais qui est ce jeune homme aux yeux clairs, à la voix singulière et dont les textes sonnent juste ?

Tim Dup par Diane Sagnier
L’auteur compositeur et interprète Tim Dup (à 22 ans), vu par la photographe Diane Sagnier.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer sérieusement dans la musique et d’envoyer tes démos à des salles de spectacle ?

Au début c’était plus des bars et des cafés que des salles de spectacle. J’avais envie de chanter des chansons devant des gens et pas devant mon armoire ou mon bureau. J’avais envie de raconter des histoires à des regards, à des visages.

Est-ce qu’il y a quelque chose que tu appréhendais pour l’EP et qui ne te fait plus peur pour l’album ?

Je crois qu’avec du recul, j’appréhendais moins de choses pour l’EP. J’appréhendais la première définition que je donnais de ce que j’étais en tant qu’artiste, de ma musique etc. On est dans un pays où les étiquettes sont difficilement « enlevables » donc quand tu proposes quelque chose, ça reste souvent dans les esprits pour la suite. L’EP, il y a du monde qui l’a découvert mais assez peu au regard vraisemblablement de ce qu’est une exposition d’album où là t’essayes de toucher plus de gens. Et puis un album c’est vraiment différent : un EP, quatre titres, c’est très court. Un album c’est une dizaine de titres donc tu racontes pas du tout la même histoire, tu donnes beaucoup plus de choses, j’appréhende un peu ça… Donner autant. Mais en même temps c’est kiffant.

Qu’est-ce qu’un bon concert pour toi ?

Je pense que c’est être bien accueilli là où on va. Généralement ça conditionne pas mal de choses si les gens sont bienveillants, sont cools. J’ai fait des concerts où il n’y avait personne, où les salles étaient de petits cafés concerts et en fait parfois c’est les meilleurs. Il y a une grosse intimité et une belle proximité avec le public. Il y a moins de gens, ils sont plus près… Tu donnes presque plus quoi. Quand tu fais des concerts devant beaucoup plus de monde, je l’ai fait quelques fois en première partie, tu ne vois pas les gens du fond, la relation n’est pas la même, tu forces un peu plus les traits j’imagine. Mais globalement les conditions sont déjà là : quand tu fais un concert c’est que c’est cool.

Si tu étais un animal tu serais quoi ?

Hmm une orque. C’est mon animal préféré donc souvent on associe ça à ça. Après je pense que ce n’est pas forcément à moi de juger l’animal que je serais mais plus aux personnes qui m’entourent. Mais moi j’aimerais bien être un orque parce que ça vit longtemps, c’est majestueux, ça vit dans les océans, en société, en famille, en clan. Il y a un truc comme ça, presque humain, c’est très intelligent comme animal. C’est magnifique et j’aime bien le paradoxe : c’est un animal qui peut être hyper violent et en même temps, quand tu le vois, ça incarne presque quelque chose de spirituel. D’ailleurs je crois que c’est une divinité dans plusieurs religions, non ?

Et si tu étais une fleur ?

Pour ne pas redire cerisier du Japon euh… j’aime bien… le jasmin. Parce que j’adore le thé au jasmin (se marre). C’est joli quoi.

Quel genre de tapis serais-tu ?

Un tapis ? Hmm un tapis d’orient. Un petit tapis perse genre qui fait deux fois la table (ndlr : environ 1 mètre), un tapis volant perse. Avec de grandes broderies !

Quel est ton coup de cœur musical actuel ?

Le dernier album de d’Alicia Keys, Here. Ouais. Gros coup de cœur. Je trouve qu’il est classe, intelligent, bien produit, engagé et il est très simple : piano, boite à rythmes. Il est soul, R’n’B, hip hop, il est chansons il est… ouais.

Quelle est la chanson un peu honteuse mais que tu aimes bien quand même ?

Je n’ai pas trop de honte mais Les sunlight des tropiques de Gilbert Montagné. Grand classique : tu mets ça en soirée et tout le monde se met à danser. On se fout tous de la gueule de Gilbert Montagné mais il en a fait des sacrées.

Que ferais-tu si tu n’étais pas chanteur ?

J’aurais bien aimé être pilote de ligne mais je n’étais pas assez doué pour ça. Le fait d’amener des gens d’un point A à un point B et te dire que tu contribues un peu à les faire voyager ou en tout cas à leur faire vivre des histoires… Être au dessus des nuages avec juste un tapis blanc, l’azur tout autour et le soleil qui tape contre la vitre. Sensationnel !

Tim Dup sera bientôt au festival des Nuits Botaniques de Bruxelles, aux Nuits de Fourvière et aux Francofolies. L’occasion d’entendre des exclusivités présentes sur le prochain album qui promet d’être riche en surprises. Et notre petit scoop : des enfants ont été invités à y mettre de la voix.

Propos recueillis par Anaïs Seznec

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