Sônge Gaïté Lyrique

Sônge : « Depuis que je fais de la musique je ne dors plus »

Les Trans, la une des Inrocks, Brighton, le Printemps de Bourges… Impossible d’arrêter Sônge, la Quimpéroise qui fait du bien à la musique. On est tombées raides dingues de son « R’n’B lunaire » et apparemment on n’est pas les seules puisque la jeune prodige ouvrait cette année la 20ème édition du Festival Panoramas. Pour ceux qui l’ont manquée, sachez que la liste n’est pas terminée et qu’elle sera notamment aux Vieilles Charrues cet été. En attendant, rencontre haute en couleurs.

Sônge
Crédit : Nicolas Martinez
Efflorescence Culturelle : Tu sors de scène, c’était comment ?

Sônge : C’était ouf, trop bien ! En fait, vu que j’ouvrais, le premier morceau il n’y avait pas beaucoup de monde et après claaaac !, les gens sont arrivés de plus en plus et ils étaient super chauds ! Il y en avait plein qui connaissaient les paroles par cœur et tout, ça fait beaucoup d’émotion, ça fait vraiment quelque chose !

Tu joues souvent devant  des grandes foules comme ça ?

Sônge : Euh… ça commence ! Mais c’est une de mes premières grosses, grosses scènes.

T’as tourné un peu en Angleterre aussi ?

J’ai fait une tournée à Londres. Je vais retourner en Angleterre en mai à Brighton pour le Great Escape, c’est un peu les Trans anglaises. Après là j’ai 12 concerts en trente jours. Ya Pano, le Printemps de Bourges, le festival Les Femmes s’en Mêlent et sa tournée, le festival des Vieilles Charrues et la tournée du Label Charrues, Cabourg Mon Amour, Days Off…

Pour les lecteurs qui ne te connaissent pas, Sônge c’est quoi ?

Je fais de la musique seule… Je compose, j’écris, je fais tout et puis je m’inspire pas mal… Sônge c’est un peu une référence aux contes, à la mythologie. C’est un peu une référence au fait que je ne dors pas aussi. Depuis que je fais de la musique je ne dors plus (rires), c’est embêtant !…

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer ?

Le déclic ? En fait j’ai perdu ma voix à un moment, j’ai eu des nodules aux cordes vocales. C’est con mais c’est là que je me suis rendue compte que je voulais chanter. Et après j’ai eu le choix entre faire une rééducation ou une opération au laser, j’ai choisi la rééducation et j’ai retrouvé ma voix. Et là je me suis dit « si je la retrouve, je la garde ! » Et j’ai foncé !

Photo de Une : la subjuguante Sônge à la Gaïté Lyrique (Paris) au festival féministe Les Femmes s'en mêlent. Photo de Loll Willems pour Longueur d'ondes.
Tu parles beaucoup de couleurs, tu pourrais nous en dire un peu plus ?

Ouais ! En fait j’ai un truc dans le cerveau, c’est une association très prononcée de deux sens : la vue et l’ouïe. Quand je commence une chanson, je démarre par une tournée d’accords, une progression harmonique qui va m’inspirer, j’ai alors plein de couleurs dans la tête. Et en fonction de ces couleurs là, je vais voir si je veux les contraster… Par exemple le mode de si qui s’appelle le mode locrien, quand tu touches les touches blanches du clavier du si au si, je le vois mauve rugueux, genre vraiment lugubre, torturé. Et ça, ça va m’inspirer pour la compo. Ou le mode fa, donc de fa à fa sur le piano en ne touchant que les touches blanches, je le vois argenté très très brillant, genre très mystérieux et très argenté. Les modes me donnent les couleurs et après c’est comme si je faisais un tableau.

Finalement tu fais plus de la peinture ou de la musique ?

Je me demande des fois (rires) ! J’ai l’impression qu’il n’y a pas de différence entre la musique et la peinture et qu’il n’y a pas de différence entre la musique et le cinéma ni avec la photo. Je crois que c’est juste une histoire de classification, que je ne comprends pas trop d’ailleurs. Pour moi, ça paraît plus logique de classer les choses par sentiment et couleur que par média. Avant dans mon ordi, j’avais un dossier vert gris bleu par exemple. Dans ce dossier il y avait des morceaux de Björk, des films de tel ou tel, des photos de machin… Si je rentre chez moi je me dis « je suis dans un mood vert gris bleu », je me dis pas « j’ai envie de voir des photos ou un film ». ça me paraissait plus logique de classer comme ça. C’est pareil pour le classement par genre, je trouve ça dommage aussi.

Et ça fait  quoi d’être une nana qui fait de la musique et du R’n’B ?

Je fais juste mon truc. Après il se trouve que je suis une fille mais ça n’intervient pas du tout dans ma démarche, c’est un truc qui vient vraiment bien après. Tous mes copains sont beatmakers, je me sens moi aussi beatmaker, je ne vois pas de différences.

Tu aimerais percer d’abord en France ou tu as une visée internationale ?

Je sais pas (rires). Je sais que les anglais aiment beaucoup ma musique, fin je sens que ça répond bien pendant les concerts. Je sens qu’il y a un truc… En fait tout m’intéresse, j’aimerais bien découvrir l’Angleterre mais en même temps je me rends compte qu’il y a des coins de chez moi que je ne connais pas du tout…

Propos recueillis par Adèle Urvoy et Anaïs Seznec

 

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