Jason Hernandez, l’art religieux extraterrestre

Hitler est tatoué d’une licorne, Saint François d’Assise reçoit des transmissions des aliens sur son Mac et des sauterelles géantes menacent l’espèce humaine. Cela semble délirant et pourtant il s’agit des révélations de l’artiste américain Jason Hernandez.

Jason Hernandez, Day of the locust

Jason Hernandez est un artiste américain qui se forme à l’illustration au Art Center College of Design à Pasadena en Californie où il obtient sa licence des Beaux-Arts. Ce qui frappe dans sa production est le retour au Trecento, à la production artistique italienne de la fin du Moyen-Age. Ces fonds dorés et ces triptyques donnent cette impression d’un retour à une époque aux mœurs plus religieuses que métaphysiques. Mais c’est une ruse.

Jason Hernandez, The Summons

Day of the locust et The Summons reprennent chacun les codes des œuvres italiennes du XIVe siècle et la touche de Giotto. Mais cela s’arrête ainsi puisque Jason Hernandez mélange les époques et ose les anachronismes. Le polyptyque est plus actuel mais relève d’un film apocalyptique aux airs de nanar. Par quelle magie les sauterelles deviennent-elles géantes et tuent les gens à coup de laser sortis des yeux? Le suivant fait nager dans la confusion. Saint François d’Assise, connu pour avoir vécu les mêmes stigmates que le Christ semble avoir oublié toute cette histoire. Cette fois-ci il tente de communiquer avec les aliens à l’aide de son Mac et des paraboles. A la manière d’un prophète recevant les révélation d’un ange, le saint est missionné par les nouveaux esprits cachés au delà de la couche d’ozone.

Jason Hernandez, Auschwitz
Auschwitz est probablement la composition la plus complexe et la plus provocante. S’agit-il du corps du dictateur revenu de la mort ? Pourquoi choisir le nom d’un camp de concentration pour titre quand dans l’inconscient collective, ce site est lié à un génocide. Il y a clairement une volonté de ridiculiser la figure de l’Autrichien. Sa licorne tatouée au bassin, ses piercings aux tétons accentuent sa fragilité comme révèlent des secrets inattendus, celui d’un corps désirant traduire sa sensibilité artistique. Mais ses pattes de rapace lui confèrent un air diabolique. Il s’agit d’un fantôme qui a un nom mais qui se veut  dangereux à prononcer. Doit-on avoir peur ? Peut-être que le simple fait de regarder ses yeux bleus permettent de répondre à cette terrible question.

 

Jason Hernandez, The Apparition

The Apparition saura calmer les spectateurs. Ce panneau est un des exemples de l’intérêt que porte le peintre pour le monde extraterrestre. Après François d’Assise et les portraits d’astronautes visibles sur son site, The Apparition prête à rire sur le bouleversement d’échelle. Et si c’était nous les ovnis ? Le peintre va même plus loin en faisant d’un vaisseau spatial une apparition divine. Cette épiphanie est l’occasion de changer de registre, de donner une autre vision de la vie sur les autres planètes, toujours pour faire rire.

Derrière toute cette production artistique mise en avant par des figures de la religion chrétienne et des techniques du Moyen-Age, Jason Hernandez ne cherche pas uniquement à discuter de ces propres aspirations pour le voyage intersidéral. Non, il nous questionne sur notre relation avec l’univers. Pourquoi voulons-nous aller toujours plus loin, les dieux nous ont-ils caché une autre Terre Promise dans la galaxie? Avons-nous été créés par les extraterrestres? Libre à nous d’interpréter les images de Jason Hernandez.

jasonhernandezart.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *