coup de coeur mars Listen up feat Efflorescence Culturelle

Nouveaux coups de cœur à connaître absolument #24

En mars, le magazine des Internets « Listen Up » chroniquait les plus belles sorties de la pop française (Bleu Toucan les magnifiques, Rose Tiger découvert cette année dans les finalistes du Ricard Live Music). Ensemble nous dressons un bilan de ces dernières semaines, un mois de mars riche en sorties alléchantes. Notre top 10.

London O’Connor

London O'ConnorUn OVNI, et quel OVNI ! C’est aux Bains jeudi dernier que nous avons réalisé la puissance de l’album de London O’Connor. Pour une première parisienne, la fougue DIY du jeune américain a sublimé un premier effort surprenant de maturité. « O∆ » est une pépite indescriptible dans laquelle de multiples couches de synthé enivrantes dépeignent une pop adolescente et terriblement attachante. Écrit suite au décès d’un compagnon de route, cet album arrondit les triangles, cassent les ronds et brouillent les pistes. Difficilement étiquetables, les dix titres qui le composent sont autant d’invitations au voyage intérieur. Mais elles sont également dix raisons de penser que London O’connor n’a pas dit son dernier mot !

Nathan Fake

Nathan FakeAprès cinq ans d’absence, Nathan Fake revient sur le devant de la scène avec un quatrième album signé chez le grand label Ninja Tune, « Providence ». Cette nouvelle signature pourrait paraître anodine si cette dernière n’était pas accompagnée par un album plus travaillé et polymorphe que les précédents. Même si les sonorités toujours inquiétantes caractérisant ses compositions sont toujours présentes, des morceaux comme ‘Unen’, ‘Radio Spiritworld’ ou même ‘REMAIN’ aux influences plus Ambiant, diffèrent de l’esprit plus rock des précédents disques où le beat était quasi omniprésent. Autre grande nouveauté, les collaborations. En effet, pour « Providence », Nathan propose son premier titre avec voix, ‘RVK’, chanté par Raphaelle. Nathan Fake évolue certes, mais sans se désavouer. Ses nappes de synthés saturées et ses mélodies irréelles sont toujours présentes pour lier les morceaux de l’album le plus abouti de cet anglais encore trop méconnu.

François & the Atlas Moutains

François and the atlas mountains« Solide Mirage » a gardé toute la poésie du projet initial de François Marry. Le groupe se dote cependant de cette touche d’immanence qui confère à leurs textes un ancrage dans la réalité. Enregistré sous les projecteurs de Molenbeek, l’électro trouve une plus grande place au sein de cette dernière production, se fondant tantôt dans les langueurs océanes (‘Tendre est l’Âme’), tantôt comme support narratif. Influencé par l’ailleurs, cet album complet emprunte également aux sonorités orientales et mesure parfaitement la portée de ses textes (‘Grand Dérèglement’). On ne ressort de son écoute que charmé.

Joakim

JoakimAprès trois ans d’absence, Joakim, producteur parisien exilé à New-York et fondateur du label Tigersushi fait son grand retour avec « Samurai », son 6ème album qui confirme qu’il est un grand poète de la scène électronique actuelle. Il signe un manifeste iconoclaste qui mélange les genres, au service d’une musique enchanteresse et singulière. Cet album s’écoute comme une seule œuvre aux multiples facettes, le premier morceau faisant office d’introduction, plantant le décor d’un voyage contemplatif. Joakim nous emmène d’abord au bord de l’eau, en pleine nature japonaise, à travers des mélodies lentes et oniriques, puis le rythme s’accélère et nous transporte dans la frénésie new-yorkaise, au travers de sonorités plus froides, et expérimentales. La rencontre entre ces deux univers opposés produit des étincelles, grâce au talent du producteur, et des musiciens dont il s’est entouré pour réaliser ce disque, tel que le saxophoniste Will Epstein, qui subliment les rythmes électroniques.

TEMPLES

TEMPLESA la découverte du nouvel album de Temples, « Volcano », qui cherche l’éruption musicale et qui la trouve, pour rentrer dans ce top. Ces britanniques au devant de la scène psychédélique depuis ces 4 dernières années, nous avez déjà envoûtés avec Sun Structures. Premier album encensé par la critique et le monde de la musique, il fallait, à la bande des 4, rebondir de cet élan et garder cette nouvelle crédibilité sans tomber dans les clichés. Ils ont pris le temps, et le challenge fut relevé ! C’est toujours sous influences 60’s/70’s pop-psyché qu’on les retrouve, mais avec un son beaucoup plus en harmonie, féérique, mystérieux et même parfois sombre. On comprend très vite le nom de l’album « Volcano » tant les mélodies, les arrangements, les claviers, les riffs de guitares, les reverbes, se bousculent et s’entrechoquent pour une incandescence maîtrisée, c’est à la limite du trop sans jamais l’être. ‘Certainty’, premier titre dévoilé marque cette maturité musicale, rejoint par ‘Strange or Be Forgotten’ qui sonnent très dans la veine de leur premiers titres “psyché-cosmique”. ‘All Join In’ plus barré, ‘Born Into The Sunset’ et ‘(I Wanna Be Your) Mirror’ surement les titres de l’album les plus entraînants. Album fait pour la scène, c’est frénétique, c’est rock, c’est pop, c’est groovy, les titres restent très vite en tête et le tapotement du pied sur le sol vient très naturellement. Imaginez-vous regarder un volcan en éruption via un kaléidoscope, c’est beaucoup de choses qui vont s’ouvrir à vous, pour le reste on vous laisse écouter !

Cannibale

Cannibale

Alors que « Grave » le film de la française Julia Ducournau est tête d’affiche de la programmation de tous les bons cinémas français, toujours dans le même registre on a Cannibale. Aussi sanguinaire, la charcuterie bat des couteaux et des hachoirs de comptoir dans un rock garage exotique et persuasif. Depuis la sortie de leur premier album « No Mercy for Love », on raconte que les gars originaires de Normandie seraient devenus végétariens. Ahaha, non on rigole. Mais ce qui est vraiment drôle, c’est le passif des membres du groupe car avant, Cannibale c’était… Bow Low. Du rock indé à la psyché de cambrousse, il n’y qu’un pas. Clap de fin pour ce groupe qui aura vécu presque dix ans. Ce qui est sûr, c’est qu’avec Cannibale on ne risque pas de s’ennuyer non plus.

Dijah SB x Joel Garden

Dijah SB x Joel Garden

Gardez au moins l’un des deux noms bien précieusement dans un coin de mémoire : Joel Garden ou Dijah SB. Peu importe, soit l’un, soit l’autre mais bientôt vous saurez. Vous saurez que l’un deux se sera fait remarqué en plein battement de carrière, touché en plein vol par la critique, remarqué par les médias, et bientôt porté aux nues par ses pairs. Leur rencontre c’est Internet qui l’a provoquée. Ils se remarquent l’un et l’autre sur Soundcloud, deux mois plus tard ils postent un EP de collaboration « Joel Garden x Dijah SB » sur leur page mutuelle. Dijah Payne, 23 ans, Toronto, est remarquable de talent : c’est Aretha Franklin si elle s’était mise un jour à un disque de rap.

Franck Basly

Franck Basly

« La pochette représente une éclipse solaire, d’où le titre Disque Noir qui fait référence, par la même occasion, au disque vinyle. Il y a un côté sombre lumineux, tourmenté comme la simple condition humaine », raisonne Franck Basly l’auteur-compositeur de Pau. On se croirait à mi-chemin entre Feu! Chatterton et Daniel Darc. Entre spoken word et rock ténébreux. Son premier album solo « Disque Noir » est un bel hommage au vinyle qui pourtant n’a nul besoin d’être remercié : il a été ressuscité déjà il y a trois ans. Franck Basly est un joli coup de cœur à se mettre sous l’oreille car sa musique nous a déjà rendu addicts.

Bank Myna

Bank Myna

Le bank myna est un petit oiseau au make up prononcé : rouge à lèvres et far à paupière orange. On en trouve principalement en Asie du sud. Mais aussi dans quelques zoos européens, dont celui de Beauval. Le bank myna est une espèce rare ; comme rares sont les groupes de musique qui se nomment Bank Myna. Nous, on en connaît qu’un ! Il est français avec quelques gouttes de sang espagnol, et de son métissage culturel est né une fusion cosmique, un rock astral tout droit hérité du post-rock, au carrefour des influences entre la furie de Beach House et l’apocalypse annoncée par Sigur Rós. Il y a presque un an, le groupe – dont Paris est devenu le point de chute – sortait un premier EP « Lighthouse » suivi il y a deux semaines par un premier clip éponyme diffusé en avant-première sur Indiemusic. « Ce morceau, c’est d’abord l’histoire d’une prise de conscience, d’une réalité que l’on se prend en pleine face, dure et froide » déclarait à son propos Maud, la chanteuse.

Voxes

Voxes

A priori ils pensent que la musique psyché n’est pas cool, que la pop n’est pas dansante, que la musique cosmique n’est pas efficace. En allant chercher ces contradictions, ils en jouent aussi. Car pour le groupe parisien Voxes, ils nouent un pacte avec leur public : ils promettent que jamais leur pop ne sera chiante, et ils jurent que leur musique sera efficace. En effet le titre ‘Snake Charme’ donne la bougeotte, ‘Desert in Your Eyes’ est monotone mais pas vraiment chiante, ‘Snake Hypnotizer’ est de loin le meilleur titre de leur deuxième EP. On est touché mais pas complètement ensorcelé, on aurait presque envie d’y goûter une nouvelle fois en attendant un troisième disque. Ils en ont encore pas mal dans leur bidoche, et on se languit de rencontrer la relève des Jagwar Ma.

Lucile Moy avec Listen Up :
Mickaël Burlot
Emma Ferey
Maxime Glorieux
Julie Ihler
Jessic Laik

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