Av.i promo

Av.i, musique cosmopolite

En jonglant entre plusieurs genres musicaux, Julien Avellino (alias Av.i) revisite la musique cosmopolite, ce bon mélange qui allie soul, hip-hop et électro.

Quel est le point commun entre un morceau de tissu et un label de musique ? C’est Tealer, créateur de casquettes hip-hop et de paillassons stylés. Un jour en 2013, quand ils en ont eu assez de tailler des shorts à leurs clients, ils se lancent dans le commerce d’oreilles. Tealer records naît dans la même continuité que la marque de fringues : dénicher des talents underground qu’ils soient hip-hop ou électro. Bref, il faut frapper d’un gros coup déjà pour éveiller l’intérêt du jeune label parisien. Le premier mois, ils signent avec UN*DEUX, un gars derrière ses platines à mi-chemin entre deep house et hip-hop.

Mais leur gros coup, leur vraie découverte qui est arrivée à titiller nos oreilles sensibles, c’est Av.i alias Julien Avellino qui dégaine ses belles influences hip-hop, soul et électro. Montant de l’acquisition ? Secret professionnel. Toutefois si l’on en juge à l’originalité des samples créés, en mars 2016, dans son premier opus « The Strongest of the Strange » (« Les plus forts des étranges »), les flûtes traversières et les trompettes ont donné rendez-vous au swing. Complètement dansant.

Les gens bizarres « sont leurs propres tableaux, leurs propres livres, leur propre musique, leur propre œuvre », disait Charles Bukowski dans son poème publié en 1990 au titre emprunté par Av.i sur son premier disque. « Les plus forts des étranges » est en fait une ode à l’éclectisme tant poétique que musical, né de personnes rencontrées dans la rue, né de rêveries et d’inconscience.

Av.i en concert live
En 2014, le blog Dealer de Musique (devenu depuis ultra-célèbre sur YouTube) organisait sa soirée Overdose #1 au Divan du Monde où Av.i était invité sur un DJ set.

Ses petites rêveries, Av.i les doit à Guy Ritchie, le réalisateur de Snatch avec Brad Pitt qui « joue » le gitan. « Voilà d’où vient le nom Avi, un mafieux new-yorkais dans le film. » Adolescent, il découvre la pratique de la musique en faisant l’acquisition de sa première guitare. A 23 ans, il se met aux platines. Né à Reims, l’artiste parle d’une créativité folle sur la scène locale : « A l’époque les musiciens de The Shoes et Yuksek étaient non seulement connus de fou dans la ville et dans le pays mais ils commençaient à tourner à l’étranger. » Aujourd’hui, le calme est revenu.

Le 16 décembre, Av.i sortait dans la même écurie « The Movie », son deuxième EP. « Drunk Sunset » quatrième titre aux milliers d’écoutes, est troublant de ressemblances avec « Biafra », un morceau du producteur belge Royal Audio Force. Depuis ses débuts, le Rémois ne cache plus ses influences, assurément cosmopolites et multi-culturelles. Un peu de Parov Stelar dans les trompettes et les saxophones, du Gramatik avec les samples, et même du Bon Entendeur par les quelques insertions verbales qui traînent ici et là surtout dans le premier opus (« Sweet Alchemy »).

Mais il y a des artistes que Julien Avellino ne compte jamais pouvoir atteindre : Flume, qui fait des hit en seulement trois accords, Skrillex « l’un des meilleurs producteurs du monde », Wax Tailor « un très bon beatmaker. » Pour verser dans son registre, l’artiste se dégage un objectif auquel il tient : « J’essaye de dépasser mes limites. » Pour lui, une musique c’est une histoire racontée, une suite d’émotions. Et, pour le moment, il se refuse à tout clip pour son dernier disque. Amoureux de la perfection (qui n’existe pourtant pas), Av.i ne veut pas se faire écouter sans convaincre. C’est quitte ou double.

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