Yalta Club sort son deuxième album « Hybris » (et ça donne la pêche)

Le groupe d’électro pop parisien Yalta Club acte son retour avec la sortie d’Hybris, deuxième album d’une discographie qu’on espère encore très longue.

Hybris Yalta ClubSix mois après la sortie de l’EP « Midas », les six musiciens de Yalta Club sortaient le 13 janvier un deuxième album « Hybris ». Un disque pop et fédérateur, d’ailleurs plus riche en influences et en textures qu’à leurs débuts. L’écriture des textes a elle aussi évolué, depuis « Midas » ils sont nourris d’histoires personnelles, celles d’engagements sociaux et politiques que tiennent les différents membres du groupe. Nées en réaction à l’actualité ou pas, les chansons sont teintées du scepticisme qui hante la société moderne face au drame des réfugiés (qui eux ne cessent de traverser la Méditerranée à l’orée de l’hiver), face à la fracture émotionnelle qui parcourt la jeune génération à laquelle ils appartiennent. Avec l’aide de Florent Livet (producteur de Cassius, Phoenix et Bloc Party) sur les arrangements, ils ont pondu en un an un album qui tient la barre (du gouvernail).

Ils sont revenus en janvier avec leur album « Hybris » (autoproduit) qui veut dire en grec « démesure ». Là, deux sens s’imposent. La décadence, le groupe qui sort de sa zone de confort pour aller chercher des notes plus pop (ou plus électro) et une identité encore plus barrée. On les connaissait déjà attachés à la mythologie et à la peinture corporelle qu’elle soit dorée ou brunâtre, maintenant ils nous reviennent avec un disque avec des titres maîtrisés à l’image du clip d’Of Mice and Gods. Sur cet album, ils ont à nouveau travaillé avec Akatre, un studio de création parisien qui s’est mis à pied d’œuvre sur la couverture de l’album et les clips.

La petite surprise du MaMA festival

Notre histoire avec les Yalta Club remonte à l’année dernière. On les avait vu dans un bar dans le quartier du Moulin Rouge en off du festival très parisien, le MaMA event. Avant de se mettre à jouer, il y avait eu quelques problèmes de sono, ils avaient même été poussés à jouer en acoustique en formation réduite. On y avait croisé Corinna et Thomas qui nous confirmaient que lorsqu’on tape le nom du groupe sur Internet, on tombe bel et bien sur Yalta, une discothèque en Bulgarie.

Leur collaboration est pourtant géographiquement moins éloignée que le bout de l’Europe de l’Est. Corinna est allemande et le reste du groupe est tiraillé par des allers-retours entre Nantes et Paris. Pendant notre entrevue elle nous a expliqué qu’en Allemagne, elle aidait une association qui apporte son aide aux réfugiés. Quand elle est arrivée en France, elle a choisi de faire de même. Aujourd’hui, elle donne des cours à la Sorbonne entre deux réunions en studio ou sur scène à répéter pour la tournée que le groupe s’apprête à entamer en France, en Allemagne et en Suisse.

Comptines de tolérance

Si le groupe dit ne pas faire de musique engagée, il a tout cas des convictions que peu de musiciens actuels laissent transparaître dans leurs textes. « On n’est pas des personnes engagées dans le sens où nos chansons ne sont pas adressées à des gens en particulier, explique Thomas. On essaye juste de retransmettre notre ressenti. » En faisant fi de l’aspect politique des chansons, c’est ainsi que leur album prend la forme de belles comptines pop sincères et touchantes. Alors que « The Door » et « Exile » donnent le ton sur la tragédie des réfugiés politiques dans le monde, « Love » est dédié aux attentats français de janvier et novembre 2015.

Yalta Club en concert en France le 9 février à Nantes au Ferailleur, le 11 février à Lille à la Malterie, et le 26 avril au Divan du Monde pour leur release party.

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