A Rennes 2, les subventions manquent pour financer les films étudiants

A l’université de Rennes 2, au département Arts du spectacle, on fait des films. Hélas, les étudiants ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour les financer, faute de soutien de l’Université.
Alexia Merré-m-o-n-d-e
Une partie de l’équipe de tournage en plein casting.

Chaque année, le département Arts du spectacle de Rennes 2 voit naître des films d’études. Cette année Alexia Merré, étudiante de troisième année de licence, porte à bout de bras, « M.O.N.D.E. », un film qui lui est cher. Ce film fait dans le cadre du cursus universitaire donne l’occasion aux étudiants de s’investir dans un tournage et expérimenter de façon concrète le cinéma.

Le court métrage de cette étudiante dénonce les méfaits de l’industrie publicitaire à travers une narration futuriste. Le synopsis ? Dans la société de demain, une famille fait l’expérience de ce qu’est la publicité sous une toute nouvelle forme. Inspiré par la série Black Mirror, on peut imaginer un court métrage à l’atmosphère refroidi, aux effets visuels déconcertants. La réalisatrice Alexia Merré a déjà réalisé un excellent remake du film  Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro. Son perfectionnisme se ressent dans ses films, plutôt élaborés au niveau des décors.

« M.O.N.D.E » est ambitieux. Sur le plan humain il réunit un noyau de 17 étudiants de troisième année, mais en réalité plus d’une trentaines de personnes se sont investis dans ce projet. Chacun découvre sa fonction, certains plus à l’aise et expérimentés que d’autres. Mais tous se fédèrent autour d’une réalisatrice entière et entreprenante. Elle voit grand pour son film, et donne beaucoup aussi. Dans cette atmosphère de travail, des étudiants en fin de licence découvrent de façon plus concrète ce qui sera leur métier de demain. Charlène veut devenir accessoiriste, et avec le thème de ce nouveau film elle a le sentiment de voyager. « Je trouve l’univers futuriste enrichissant en terme de travail et de créativité pour le poste que j’occupe. »

moodbook du film d'Alexia Merré
Charlène Hery nous a partagé ses inspirations pour les accessoires.

Malheureusement à Rennes 2 le budget accordé aux étudiants pour les ateliers est maigre. Le film a besoin de 3 000 euros, et on cherche des donateurs. Alexia ne peut pas compter sur l’université. Rennes 2 donne 100 euros aux films des étudiants de licence. Films notés par leurs professeurs. Autant vous dire que pour réaliser une fiction, ce n’est rien du tout. Pourtant l’université investit dans ses étudiants, mais malheureusement de façon décalée. On note dans cette université une certaine disparité entre les attentes et les besoins des étudiants. Le campus de Villejean a en effet vu fleurir un bâtiment T (pour technologie on suppose), très guindé, très lumineux, très beau, très cher. Et surtout très vide. Ce bâtiment est fourré de plateaux en tous genres, de théâtre, de cinéma, pour les arts plastiques… Mais il est surtout fait de salles informatiques vides (et sans ordinateurs), qui servent à quelques professeurs malins qui les réutilisent en salle de réunion secrète.

Des plateaux de cinéma enviés par toute la Bretagne

« Des studios que tous les professionnels de Bretagne nous envie ! », entendent régulièrement les étudiants de la bouche de leurs professeurs. Les professionnels certes, les étudiants moins. C’est comme donner une formule 1 à un jeune permis. Oui, il va peut-être savoir l’allumer votre engin, mais jamais un conducteur peu expérimenté gagnera la course. Avec une régie qui donne sur plusieurs plateaux, des murs gris qui doivent servir de fond vert : « ne pas toucher, vous allez faire des traces ! », des plateaux de taille moyenne où on accède par de petits couloirs (très pratiques pour les gros décors), les étudiants peuvent dorénavant faire des films, quelques heures par jour, si ils ont bien réservé comme il faut. Oui, c’est bien. Les étudiants n’auront plus à utiliser le studio Bourdon, vous savez, celui où enregistrer du silence est casse tête parce que la VMC ne peut pas être éteinte.

cinéma Rennes 2
Les plateaux se l’université de Rennes 2 sont souvent fermés.

Les nouveaux plateaux n’ont pas ce problème, mais malgré ça les étudiants n’arrivent pas à s’approprier ces lieux. Peut-être est-ce par manque de communication ? Ou peut-être parce que on ne fait pas un film en fonction des lieux qu’on a. En général, c’est plutôt le film qui décide des lieux dont on a besoin. Alexia a besoin d’une grande maison pour filmer des scènes principales de « M.O.N.D.E ». Les plateaux existent, mais l’équipe de tournage est composée de 25 personnes, les plateaux sont trop petits pour accueillir ce monde, et puis ce n’est pas avec 100 euros que les étudiants peuvent recréer le décor d’une maison.

Pourtant « M.O.N.D.E ». est une véritable occasion pour les étudiants de Rennes 2 en cinéma de se faire la main, pour certains de mettre une première expérience sur leur CV. Dommage que l’université n’aide pas de façon approprié leurs futurs diplômés. Faute de quoi, Alexia persiste à aller au bout de ses rêves en finançant son film par crowdfunding. Et vous pouvez l’aider.

2 réflexions sur « A Rennes 2, les subventions manquent pour financer les films étudiants »

  1. Pour information le bâtiment T n’a pas coûté un rond à l’université et ne lui appartient d’ailleurs pas. Deuxièmement il reste le FSDIE , si la personne implique autant de personnes (une trentaine) et arrive à toucher des étudiants de Rennes2 elle peut y souscrire. Ça prend un peu de temps, il faut réaliser un budget à l’équilibre et avoir un numéro siret mais cela n’est qu’un moindre mal au vu de ma générosité du FSDIE. Après il y a également la maison des associations qui peut compléter ce fond. Le problème des étudiants qui ont des projets à monter c’est qu’il ne sont pas habitués à les monter justement. Chercher des financements fait partie du processus et c’est compliqué mais indispensable…
    Bon courage à elle en tout cas :)!

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