Lucille Crew

Rencontre avec Lucille Crew, la découverte MaMA 2016

_dsc4921

Au lendemain de leur show au Backstage By the Mill, nous avons retrouvé Lucille Crew. Alors qu’on les attend devant l’Elysée Montmartre, le QG du MaMA, on aperçoit au loin 5 des 9 membres du groupe, décontractés et souriants. On se dirige ensemble vers un petit café typiquement parisien. Sur le chemin, ils nous racontent leur journée de promo, leur visite de Beaubourg et leur session shopping. Puis, une fois installés au chaud, ils se prêtent volontiers au jeu de l’interview. Influences, façon de composer et actu, on saura tout ! 

On vous a vu hier sur la scène du Backstage of the Mill. On a adoré votre prestation. C’était comment pour vous ?

Izzy : C’est toujours fun pour nous d’être sur scène. On s’amuse tous ensemble, on kiffe notre musique. Le public n’était pas nombreux, mais c’était très sympa et il a fini par danser. 

Gal de Paz : Les gens se sont ouverts.

C’était votre première fois à Paris ? 

Izzy : Oui en tant que groupe c’était notre premier show.

_dsc5008  _dsc4913

Pourquoi vous appelez-vous Lucille Crew ? Qui est cette Lucille ?

Izzy : C’est un nom qui représente toute notre inspiration du blues au jazz, de la funk à la soul… Ce prénom est associé à l’histoire de la musique afro-américaine. Lucille, c’est la guitare de BB King, c’est le titre d’une chanson de Little Richard, c’est le nom de la femme de Louis Armstrong. Donc ça collait bien. On peut dire que Lucille c’est notre mère spirituelle. Notre « inspirational Mama ».

Vous venez de différents endroits du monde. Certains membres du groupe ont des origines argentines, américaines, et vous vivez en Israël.  Vous êtes un mélange de styles, mais quelles sont vos principales influences ?

Izzy : Principalement le hip-hop, la funk et la soul. Mais on en a beaucoup. Il y a aussi un peu d’ « épices » du Moyen-Orient c’est de là qu’on vient. Parmi les groupes qui nous ont influencés on peut citer The Roots, The Wailers, Gun’s and Roses… Plus récemment Kendrick. On vient de différents backgrounds, chacun a son style et c’est ce qui crée ce que vous avez entendu hier.

Rebel, on adore ton flow. D’où cela te vient-il ?

Rebel Sun : J’ai grandi avec les Mc’s dans mon quartier. C’est d’eux que je tiens mon style. A l’époque j’étais le plus jeune dans le groupe et j’étais très largement influencé par les plus vieux. C’est eux qui m’ont amené à la création. Ils m’ont embarqué en studio. Ils m’ont expliqué comment ça fonctionnait, les process d’écriture et de compo. Puis en grandissant, j’ai découvert Miles Davis, les Black Sabath, ou encore Nirvana, autant de compositeurs talentueux. Le fait d’écouter différents MC’s, bien évidemment permet de se frotter à différents styles. C’est essentiel, la compétition, se confronter aux autres, les battles… C’est ce que font les MC’s. Ils se challengent les uns les autres. C’est un art qui demande d’évoluer avec son temps, et particulièrement dans le hip-hop. La musique suit des effets de mode, mais il faut toujours rajouter quelque chose de nouveau : nouveau style, nouveau flow… C’est mon rôle en tant que MC, je suis entre la mélodie et la batterie.

Et toi, Gal de Paz, quelles sont tes références ? 

Gal de Paz : Toutes les grandes chanteuses, Billie Holiday, Janis Joplin, Aretha Franklin. Mais aussi Led Zeppelin, les Pink Floyd, Joe Cocker, et encore plein d’autres. Ce sont des chanteurs entiers.  Ils vivent leur musique, ils s’y perdent. Ça ne sonne pas toujours parfait, ce n’est pas toujours propre mais ils sont vrais. Ils vivent le moment. L’émotion est là et c’est ce qui me plaît.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre manière de composer ?

Izzy : Nos compos peuvent démarrer d’un riff, ou d’un truc qu’on a à dire, mais la plupart du temps, on débute avec un beat. Beaucoup de _dsc4988gens disent qu’il faut d’abord une chanson ou une base de guitare sur laquelle tu construis.  Mais nous, on travaille ensemble une rythmique. Ça commence en studio, tous les membres ne sont pas là. On part d’une combinaison de 2 ou 3 idées. Ça donne la structure de base qu’on travaille ensemble avec Yossi  qui rajoute son point de vue de batteur. J’amène ça à Joe, qui adapte et trouve la bonne façon de faire sonner. Il y a des allers-retours, on adapte et ensuite on bosse ça tous ensemble en répétition, et chacun contribue à sa façon.

De quoi parlez-vous dans vos chansons ?

Izzy : Ça change, c’est à l’image de nos compos. Ça peut venir d’un des membre du groupe qui amène un texte qu’on travaille ensemble ensuite. Joe (aka Rebel Sun) se greffe à tout ça. Il a son propre flow donc il adapte les mots. Pour ce qui est des sujets, on a différentes sources d’inspiration. Globalement on parle de la vie au jour le jour. Une de nos chansons parle des conflits de la vie et la politique en fait partie, mais le reste n’est pas politique. La vie et toutes ses émotions, c’est surtout ça.

Pourtant quand on parle d’Israël, on pense immédiatement au contexte politique.

Izzy : Dans le fond tout le monde est pareil. Quand on fait de la musique ou même quand on réalise des films, l’objectif c’est de créer une zone commune, une zone d’échange. La musique connecte les gens. Une même chanson peut être écoutée à Tel Aviv ou à Paris ! Les gens sont les mêmes partout dans le monde. On travaille pour créer plus de lieux de partage. Quelqu’un peut aimer la même chanson d’un pays à l’autre. On cherche juste à donner aux gens un truc qui les rassemble et leur ressemble. 

Rebel Sun : C’est cliché d’être politique en tant que groupe venant d’Israël. Il y a tant d’autres choses bien plus grandes et belles dans le monde. On peut toucher l’humanité de façon bien plus profonde et différente que par la politique. Je n’écris pas des chansons pour les diplomates.

Vous avez été productifs ces dernières années avec plus de trois albums à votre actif. What’s next pour Lucille Crew ?

Izzy : On va sortir notre nouveau single fin novembre. L’album sortira en France d’ici avril, je pense. Donc on y travaille en ce moment. On a _dsc5157vraiment hâte ! Ça va vous faire sauter et bouger ! C’est vrai que tous les un an et demi on sort un album. On est nombreux dans le groupe alors ça génère beaucoup d’idées ! On est toujours en création. On cherche en permanence un nouveau son, une nouvelle frontière à faire tomber. On travaille aussi énormément les shows, pour qu’ils évoluent et qu’ils soient différents.

Et où allez vous tourner prochainement ?

Izzy : L’été dernier on a beaucoup tourné en Europe. On a joué en Russie, à Moscou, puis en Allemagne. Maintenant on est en France pour quelques dates. Notre boulot, c’est de faire que les gens aient envie de venir nous voir. Mais c’est pas toujours facile de faire tourner neuf personnes ! C’est beaucoup, alors, on va là ou les gens veulent bien de nous (rires). Bientôt on jouera en Angleterre. C’est une info en exclu ! Ça vient de tomber aujourd’hui. J’ai vécu là-bas, donc j’ai hâte d’y retourner.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *