Tom Peyton et ses painting dress

Tom Peyton est un jeune bordelais. Il propose des robes sur mesure dans la capitale de la Nouvelle Aquitaine. Mais son nom d’artiste implique une voie spécifique où ses painting dress ou robes peintures nous mènent on ne sait où.

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crédit photo: Christophe Naslain

Pour se définir il dénombre trois parties. La première est son métier de retoucheur pour des marques. La deuxième est celle de son entreprise, de ses robes sur-mesure et qui subvient à ses revenus. Enfin, la troisième partie concerne son statut d’artiste, celle qui le distingue de tous les fashion designers. Ainsi, cette dernière facette est parfaitement illustrée par les painting dress. Derrière cette appellation se cache deux séries de cinq robes en cours de production conçues par Tom Peyton et dessinées par ses amis Flambidesbois et Skrif’. C’est la robe dessinée par ce dernier qui au départ peut choquer. Ce tissu est habité de crânes démoniaques qui agissent à la manière des méduses, attention à ne pas être transformé en pierre.

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crédit photo: Alexandre Brendel Photography ; illustration: Skrif’

Flambidesbois propose des formes plus académiques, colorées et poétiques. Des corps se déforment et se reforment au gré des envies, épousant les lignes des mannequins. Tom Peyton lui laisse carte blanche de sorte que les couleurs, les corps contorsionnés se dressent avec beauté dans cette robe qui ne demande qu’à être caressée. Le créateur de robe recherche ce contact entre l’individu et la robe. Il regrette que l’art se limite à la vue, ses robes sont une forme artistique qui se veut plus perméable. Le toucher doit procurer une certaine magie, une relation particulière.

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Crédit photo: Klara Lassudrie-Duchêne ; illustration: Flambidesbois

Se démarquer est quasiment son mot d’ordre, presque sa philosophie. Modestement, il est difficile pour lui de reconnaître qu’il est un artiste. Tom Peyton cherche à se libérer de toute sorte d’étiquette. Ce qu’il souhaite est l’émancipation de tout formalisme, pour laisser sa créativité s’exprimer librement.

Ses painting dress font indéniablement partie de sa part artistique. Il refuse de les commercialiser pour les exposer, « ses robes n’ont pas de prix » résumera Flambidesbois. Le parti-pris est audacieux. Les robes finales, ces cinquièmes robes de chaque collaboration marqueront cet aboutissement recherché. Elles refléteront donc la perfection du mariage de la peinture/dessin et de la robe en papier puis de l’union du talent de Tom Peyton avec Flambidesbois et Skrif’.

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crédit photo: Klara Lassudrie Duchêne

A travers ses robes peintures, le Bordelais tente donc d’explorer le papier sous toutes ses formes, un processus qui cessera jusqu’au moment où l’envie lui vient de changer de découvrir une nouvelle matière. Il se fait remarquer avec le papier, notamment par la maison Dior avec une robe piquante (visible avec les deux autres robes ci-dessus). Cet intérêt prestigieux ne le pousse pas à se spécialiser dans des robes en papier. Peyton veut distinguer par son éclectisme, sa volonté est d’être libre et toujours créatif. Il reconnaît que le papier a des effets fabuleux mais tel un nomade, il veut explorer les secrets de chaque matière.

Formé par sa mamie mais aussi autodidacte, il refuse toute formation dans une école de mode pour éviter tout formalisme. Il a cependant des muses qu’il trouve dans le monde de la musique et du petit écran. Il confectionne une robe pour Lady Gaga en observant son style pendant trois mois d’études puis l’envoie à l’interprète de Perfect Illusion. Aucune nouvelle de la réception mais il se satisfait de son travail, comme n’importe quel artiste heureux d’honorer l’une de ses muses.

Lors du salon du mariage de Bordeaux de la fin du mois d’octobre 2016, Tom Peyton décide d’y participer et de proposer une robe de demoiselle d’honneur plutôt que de mariée. Il a un esprit très libre et décide donc de contourner le concours. Défi risqué, il choisit de confectionner une robe cocktail destinée aux demoiselles d’honneur. L’intérêt est double. Il veut s’adresser à celles qui sont laissées au second rôle lors des cérémonies. Il veut sublimer ces femmes car le sur-mesure permet de s’adresser à tous. Enfin, le Bordelais choisit de scénariser sa robe en proposant de la dédoubler. Ce que les visiteurs verront ne sera qu’une illusion. Inspirée par l’univers d’Hunger Games, la demoiselle d’honneur sera vêtue d’une robe dans une robe, tel un phœnix qui brûle pour révéler la flamme qui le rend merveilleux.

 

Peyton Bordeaux

Flambidesbois

Skrif’

 

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