MaMA festival 2016 : Notre live report des 3 jours

Cette année encore le MaMA aura régalé nos oreilles. Pour notre plus grand plaisir, découvertes, surprises et têtes d’affiches se seront côtoyées pendant 3 jours. Ségolène, la programmatrice du festival nous l’avait prédit, la 7ième année est un tournant. Le MaMA innove encore, avec cette année des soirées électro sponsorisées par les meilleurs labels. Les artistes sont toujours plus éclectiques et on apprécie toujours autant l’ambiance qui règne autour de ce festival. Au gré de leurs pérégrinations dans les dédales de Pigalle, nos deux envoyés spéciaux témoignent.

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Birdy Nam Nam font briller l’ombre.

Les festivités ont débuté avec l’excellent groove de Lucile Crew au Backstage by the Mill. Le groupe Israélien partage sa bonne humeur et présente un set énergisant. La section cuivre délivre une funk

Lucille Crew
Lucille Crew

punchy. Le groupe mêle Hip Hop, Soul et Rock. D’abord emmené par Rebel Sun et son flow de rap, c’est avec l’apparition de la chanteuse à la voix suave que le public accroche. Les voix sont en parfaite harmonie. Le groupe danse, saute et fédère l’assistance. On sent qu’on a affaire à de vraies bêtes de scène. Un véritable régal ! Lancés par ce savant mélange de styles, nous continuons vers la Cigale pour aller découvrir Biga Ranx. Alors que les lumières s’éteignent, les platines lancent une rythmique entraînante pour échauffer un public

Biga Ranx
Biga Ranx

en attente. Tout d’un coup une alarme retentit. Le rythme s’intensifie avec des beats de plus en plus puissants qui annoncent l’arrivée du jeune frenchy. Grand et élancé, le blondinet à la coupe au bol débarque sur scène vêtu d’une  chemise à fleur…. Une entrée des plus détonantes ! Accompagné de seulement deux musiciens, ils dégagent ensemble une énergie folle… C’est tout le public qui est bluffé par ce début de prestation. Alternant entre reggae et de raggamuffin, le flow de Biga Ranx est impressionnant. Mais il est déjà temps pour nous de retrouver The Legendary Tigerman au Divan du Monde. Le bluesman est équipé

The Legendary Tigerman
The Legendary Tigerman

d’une panoplie de pédales d’effets. Un équipement que le public aura tout loisir d’analyser pendant les balances, puisque le musicien et la régie se battent pour obtenir les bons réglages. Le démarrage est en dents de scie… Largement desservit par les soucis techniques, le musicien semble contrarié. Mais l’artiste dompte peu à peu la salle et nous fait pénétrer dans son univers Garage Rock accompagné de ses deux acolytes au saxo et à la batterie. Les morceaux qui suivent nous font oublier les débuts timides. Nous voilà embarqués dans une tornade rock qui réveille le public. La musique est sombre, saturée et intense.  Difficile de croire qu’on a affaire à un lisboète et non un cowboy. Mais Paulo Furtado a troqué le fado contre une Gibson pour nous délivrer un rock possédé sur fond de guitares rugueuses. Notre première soirée s’achèvera aux 3 Baudets, aux côtés de Jesse Mac Cormack.

Jesse Mac Cormack, les Trois Baudets
Jesse Mac Cormack, les Trois Baudets

On retrouve le québéquois et son groupe. Ce qui frappe tout de suite, c’est cette sensibilité dans les compositions. Il se dégage une ambiance grunge et folk à la fois. Entrecoupant chaque chanson par quelques anecdotes amusantes et sympathiques, il a l’art et la manière d’entraîner l’audience. La salle intimiste est parfaitement adaptée à l’ambiance et le public semble happé par cette bande d’outre atlantique. Changeant régulièrement d’instrument le groupe se moque des codes du rock et nous propose une formation originale, constituée de 3 basses ! On ne s’aperçoit même pas de l’absence des guitares. C’est un vrai régal instrumental et une très belle performance vocale. Les riffs planant s’associent parfaitement à la voix. On sent toute la subtilité des arrangements d’un songwritting nerveux et mélancolique.

Après l’échauffement du mercredi, la deuxième journée s’annonce encore plus palpitante. Un programme éclectique qui commence au Bus Palladium, avec les danoises de Lowly. Un peu de voix féminines nous fait le plus grand bien.

La voix de la chanteuse est tout à fait envoûtante. Les effets se mêlent au chant qui devient un véritable instrument. L’ambiance est au voyage. Sur cette musique introspective, les synthétiseurs donnent tout le relief et créent l’harmonie, rappelant parfois Bjiörk ou Christine and the Queens…. Puis changement de décor, et changement de style : on se la joue Underground au premier rang des Dizzy Brains à la Boule Noire. L’énergie du chanteur _dsc5556est incroyable. Mimiques, poses et attitude, l’iguane malgache a tout d’un grand ! Le groupe nous plonge dans une ambiance punk/rock dès les premiers riffs. Le public est conquis par ces jeunes hargneux qui jouent dans la pure tradition du rock’n’roll. Des rockers à l’ancienne, comme on les aime. On se demande ce que va donner la suite….Mais ça ne cesse de monter en pression. Il se libère dans la salle une énergie dingue… Les musiciens sont à la hauteur du

The Dizzy Brains
The Dizzy Brains

chanteur qui est quasi incontrôlable. Impossible de comprendre les paroles, mais on sent le cri de révolte. Madagascar est une île gangrenée par la  précarité, la violence, la corruption. Les Dizzy Brains portent le message de toute une génération. Entre chaque morceau, ils ne manquent pas de rendre hommage a leur pays et font part de leur engagement politique. « Mada c’est une prison pour les jeunes…. nous on en est sorti grâce au rock n’roll !!! ». On en ressort tout…étourdi ! Après cette bonne dose de distorsion, le changement est drastique. Nous nous dirigeons vers le Carmen, et c’est dans une ambiance cosy et feutrée qu’on retrouve Haute. Un duo impressionnant de fraîcheur. Si le premier titre laisse sceptique, les doutes s’effacent très rapidement et laissent place à la découverte. Ils ont l’air jeune, mais on oublie très vite leur âge. C’est un pur bijou R&B sur fonds de sonorités hip hop. On perçoit largement les influences de la scène US. Leur groove n’est pas sans rappeler Beyoncé et ses débuts avec les Destiny Childs. Mais aussi Brandy, Aaliyah et toutes ses chanteuses qu’Anna ne manque pas de citer en références. Ça détonne pour ce petit brin de femme au séduisant minois. Pour finir, ils jouent leur titre phare «Down» massivement playlisté par Nova et nous donne un bel aperçu de ce qu’est leur « pop futuristique ». La soirée touche à sa fin. En découvrant la prog MaMA 2016, on avait repéré The Academic, alors

The Academmic
The Academmic

c’est tout naturellement qu’on se dirige vers le Backstage by The Mill.  Malgré leurs frimousses juvéniles, les irlandais envoient un bon rock aux accents de Brit Pop. On pensent parfois aux Kooks, aux Stéreophonics ou encore aux Strokes. Ce quatuor composé d’une fratrie jouent déjà aux côtés des Strypes leurs aînés ou des Pixies. Une base rock des plus classiques et des compos efficaces. C’est avec énergie qu’ils propagent une power-pop revigorante. De quoi finir la soirée en beauté.

Pour la troisième journée, on pose nos valises à la Boule Noire, avec les prestations de Jelani Blackman et de Jake Isaac. Ce charismatique gaillard séduit immédiatement le public.

 Ses mélodies Folk entêtantes, ses ballades touchantes et sa voix sensuelle nous absorbent. C’est sur cette touche groovy que nous achevons notre périple festivalier. Cette année encore, le MaMA nous aura permis de découvrir quelques belles pépites de la scène musicale indé. C’est toujours frustrant de ne pas tous les voir. On oubliera pas de mentionner les excellentes performances de Gaspard RoyantBirdy Nam Nam, ou des Gordon…Mais comme dans un marathon, on a beau s’entraîner, on se dit toujours qu’on fera mieux la prochaine fois. Le rendez-vous est pris pour 2017 ! En attendant, on vous invite à checker le line up qui présente plusieurs des révélations des prochaines années et à écouter la playlist MaMA sur les sites de streaming.

Nabil Benoumhani

Magali Agnel

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