Alan Corbel Charrues

Alan Corbel, la folk bretonne qu’on aimerait apprivoiser

  Alan Corbel était bien présent aux Vieilles Charrues cette année. Avec l’appui du Label Charrues, il a pu jouer sur la scène Grall qui accueillait le même jour Lilly Wood & The Prick et Odesza.

Alan Corbel
Avec sa folk grisonnante, Alan Corbel nous fait passer par tous les états et annonce avoir trouvé une énergie live supplémentaire. Crédits photos : Caroline Guillaume.

Soutien ou pas du festival d’ailleurs, l’artiste breton n’a pas attendu Carhaix pour sortir son premier album Dead Men Chronicles en 2012. Il sortira en septembre That City, son prochain EP. Rencontre.

Salut Alan ! Alors, comment tu l’a senti le concert aujourd’hui ?

Déjà la chaleur… c’était un super moment. On prépare cette date qui est importante depuis un paquet de temps. En fait, j’ai appris que je venais aux Charrues en décembre dernier, après avoir joué en off aux Transmusicales. Je présentais des nouveaux titres dans un bar qui est assez fréquenté.

C’est là-bas qu’on t’a repéré ?

On s’est retrouvé avec beaucoup de monde parce qu’on y a eu un passif avec un EP et un album. Finalement les gens ont du se dire : « il y a Alan Corbel dans un bar, il a fait zéro pub… on va aller voir. » Grâce à ça, les programmateurs des Vieilles Charrues sont passés. Parce que, mine de rien, des gens comme Jean-Jacques (le programmateur) suivent discrètement les projets en sous-marin. Ils essaient d’être présents au bon moment. Ils sont venus nous chercher en fin de concert pour le Label Charrues. C’est une période de travail, une visibilité, une petite tournée, des résidences.

Tu es content de la réception de ta performance par le public des Vieilles Charrues ?

Il ne faut pas se leurrer, sur un festival comme les Vieilles Charrues les gens viennent pour Jaine, Louane, Nekfeu… Il y a quelques personnes qui viennent pour Alan Corbel, mais il y a un moment où il a beaucoup de gens qui passent devant et qui s’arrêtent. Donc je pense qu’on n’est pas pris tout de suite dans le truc. C’est de plus de en plus kiffant de voir des gens qui chantent les paroles de mes chansons. Plein de gens s’arrêtent et découvrent. Tout l’intérêt des Vieilles Charrues c’est que les gens découvrent en passant. J’aime me promener dans le festival et parler aux gens, avoir leurs impressions sans avoir à les solliciter.

Tu as sorti ton premier album avec Bertrand Belin sur le label Cinqà7, le prochain le sera aussi ?

Pas le prochain, non. Aujourd’hui je suis parti sur un projet d’autoproduction. Il y a un EP digital qui va sortir à la rentrée grâce au Label Charrues. J’ai un nouveau tourneur et pour l’album j’ai cette manière de travailler très liée à l’humain. Quand je dois rentrer avec quelqu’un en studio il faut qu’il y ait quelque chose d’affectif. Je veux pouvoir aller boire un coup avec le mec avant d’aller enregistrer en studio.

Les gens te voient ? Ils te reconnaissent ?

De toute façon ils t’arrêtent d’eux-mêmes. Il y a ceux qui te connaissent déjà et puis plein de gens qui te disent qu’ils viennent de te découvrir. Ça suffit pour être content parce que tu sais que tu en as converti 300 de plus.

A noter : Alan Corbel assurera la première partie du groupe Cocoon le 28 octobre à l'Echonova de Saint-Avé

Tu as toujours cette même envie, toi ; conquérant, en arrivant sur la scène ?

C’est quelque chose que j’ai l’impression de découvrir aujourd’hui alors que ça fait peut-être 10 ans que je fais de la scène. Je suis en train de découvrir un nouveau plaisir. En étant moins replié dans ma chanson, je trouve plus de plaisir sur scène. A partir du moment où on arrive à se libérer un peu de ça et à prendre du plaisir, c’est hyper communicatif. Pour moi c’est une nouvelle façon d’aborder le live. Après j’ai 35 ans, c’est peut-être une histoire d’âge.

Tu étais timide en début de carrière ?

J’étais extrêmement timide, très réservé. Et j’étais dans quelque chose de très introspectif. Là les gens me parlent du trac et tout et puis je me dis : « 10 ans que je fais de la musique, autant de temps que j’attends ça et je joue aujourd’hui sur une grosse scène comme les Vieilles Charrues. » Il y a un moment le trac, oui 5 minutes, mais surtout l’envie de s’éclater, et c’est quelque chose d’assez neuf que je découvre.

En tant que breton, quel conseil pour les gens qui auraient envie de se poser dans un lieu dans la région, en dehors des sentiers battus ?

Je leur conseillerais de boire un apéritif quand le soleil se couche à Sainte-Marine, c’est dans le Finistère Sud. Il y a des petits bistrots au bord de l’eau… il y a la baie, les bateaux, c’est sublime !

Propos recueillis par :
Caroline Guillaume
Lucile Moy

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