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We Are Match, le groupe qui aimait la campagne

Dénichés, on peut le dire, grâce au concours tremplin des Inrocks Lab, le groupe normand a conçu, repassé, lissé son premier album Shores, sorti en octobre 2015. Il jouait à Solidays sous le chapiteau (trop petit pour eux) face à 5.000 personnes, vendredi 24 juin. On a rencontré ces gars au talent rock hors norme, passés pour des parisiens alors qu’ils sont des artistes ruraux dans l’âme.

On a lu que vous approchiez de la trentaine, la vieille vous guette. Tenez, quand on est zikos, ça change quelque chose quand on passe la trentaine ?

Paco (le chanteur) : Je sais pas. Je pense que ça change quand on a des enfants. C’est un peu comme tout le monde en fait.

Ça fait plus de 6 mois que vous êtes lauréats du Prix ADAMI. Qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Paco : Je t’avoue qu’on va vraiment s’en rendre compte cet été. C’est grâce à eux qu’on est à Solidays et qu’on va faire aussi d’autres dates en Europe. Après on va aller aux Sziget, au Paléo en Belgique au Brussels Summer Festival en août. Il y a une différence sur la taille des trucs quoi… rien que Solidays c’est stylé quand même.

C’est quoi votre plus grosse scène, d’ailleurs ?

Gwenaël (« fait un peu tout », qu’il nous a dit. « Les percussions surtout ») : Rock en Seine l’année dernière. On a joué dimanche aprèm sur la scène de la cascade si je me souviens bien. C’était un super souvenir l’album était pas encore sorti. On présentait les morceaux et on avait pas du tout la notion de comment aller marcher les morceaux. On les avait jamais joué avant. Et puis on s’est retrouvé devant cette foule… et c’était un moment incroyable et ça nous a donné beaucoup de force pour la suite de la tournée. Ça nous a vraiment fait du bien, c’était cool.

Pourquoi We Are Match au fait ? C’est pour coller à  l’Euro 2016 ?

Gwenaël : Ouais, exactement ! (rires)

Vous suivez le foot ?

Gwenaël : Un petit peu, surtout moi. On aime bien les légendes comme Cantona. Non alors pourquoi We Are Match ? En fait c’est une expression américaine qui dit « we are match made in even. » Et ça veut dire on va bien ensemble, on « fit » bien ensemble. Et ça collait parfaitement au projet… Parce que quand on joue ensemble, il y a cette chose assez inexpliquée et qui fonctionne tout de suite. C’est inné. Et on voulait symboliser ça dans notre nom.

Vous venez de Normandie. Aujourd’hui vous êtes à Paris parce que c’est plus pratique ?

Paco : Comme tout le monde on est sur Paris mais on a envie de se barrer. Pour composer, c’est pas une bonne ambiance. On est allés dans des studios parisiens et quand tu sors il y a plein de gens dehors, ça perturbe la concentration de l’artiste. Quand tu composes, tu as besoin d’être à l’aise et de pouvoir prendre le temps.

we are match solidays

Vous vous êtes rencontrés il y a un paquet de temps on dirait !

Gwenaël : Oui, très longtemps. Son grand frère me tapait dans la cour de l’école maternelle (rires).

Paco : On a tous grandi dans une même ville en Normandie où on s’ennuyait un peu. On a mis du temps à se décider à faire de la musique vraiment. Et puis on s’est retrouvés un mois à faire de la musique ensemble un après-midi mais sans grande conviction. On avait fait des enregistrements comme ça, vite fait. Et puis on a réécouté des trucs et on s’est dit « ah finalement c’est pas si mauvais que ça» Et là on se retrouve à jouer à Solidays trois ans plus tard, donc c’est plutôt cool.

« On s’est retrouvé tous ensemble dans une maison exilée pour composer Shores »

Vous faisiez quoi comme études ?

Gwenaël : Des études qui n’avaient rien à voir avec la musique.

Paco : Très très chiantes. Mais on les a faites et on les a eues donc on est contents.

Elles ne vous servent pas aujourd’hui ?

Paco : Je pense que n’importe quel chemin de vie est intéressant. Mais non, par rapport à ce qu’on fait là c’était une perte de temps.

Vous faisiez quoi plus exactement ?

Gwenaël : On le dira hors antenne ! (rires)

On ne vous a pas vu jouer le 21 juin, jour de la fête de la musique, on s’est inquiété un peu.

Paco : Non parce qu’avec Solidays on n’avait pas trop le droit.

Un petit contrat d’exclusivité, c’est ça ?

Gwenaël : Je crois, ouais.

« J’ai découvert que Dr Dre samplait du Charles Aznavour et j’ai trouvé ça hallucinant »

Que vous évoque Shores par rapport à vos anciens EP ?

Paco : On s’est retrouvé tous ensemble dans une maison exilée pour composer Shores. On a pris une maison en foret tous ensemble et on s’est dit : « Bon, qu’est-ce qu’on fait ? » On avait plein de chansons et, au bout d’un moment, Gwenaël est revenu, il était allé faire une nocturne du Louvre et il est tombé sur le radeau de la méduse. Et ça traîné depuis un moment mais ça s’est un peu concrétisé avec ça c’était l’idée de se dire « On est un peu peaumés comme beaucoup de gens de notre génération qui se cherche un peu sans vraiment savoir ce qu’elle a à faire dans ce monde. » Et nous on avait l’idée de rivage, de se dire « on va s’accrocher à des rivages, avoir des objectifs au loin et nager comme des cons et y aller… au moins essayer d’arriver quelque part. »

Et vous y êtes arrivés avec cet album ?

Paco : Ouais je pense… on a débarqué a quelques endroits quand même bien cool.

Gwenaël : Pour prendre l’album d’un point de vue général, il est quand même assez porteur d’espoir quand même. Le rivage il est ouvert à tous et nous on essaye a travers nos chansons que chacun trouve son propre rivage.

Vous savez nager ?

Paco : Oui ! (rires)

Concernant la suite, un prochain EP de prévu ou vous allez enquiller sur un album ?

Gwenaël : On va voir, on a pas mal de projets qui trottent dans notre tête. On a plein de choses sur le feu.

Paco : On va réfléchir à comment organiser la suite.

Vous avez quoi dans votre playlist en ce moment ?

Paco : Moi je réécoute beaucoup Little Dragon et Jai Paul toujours. C’est très très cool, c’est un Indien signé chez XL Recordings et qui sort des trucs complément à l’arrache sur toutes ses sorties… c’est vraiment la musique du futur.

Gwenaël : Moi ce matin j’écoutais The Expenders. C’est un un vieux reggaeman, avant Bob Marley. Et ça groove quoi, c’est cool. Après c’est des classiques, Tame Impala, Radiohead…

Vous n’écoutez pas que de la pop alors !

Paco : Justement c’est ce qu’on essaye de faire et c’est parfois compliqué. On écoute beaucoup de choses différentes et au final le but c’est de s’inspirer de musiques alternatives et d’arriver à les recaler sous une bannière pop. Et c’est ça qui est cool. Il y a plein d’artistes qui essayent de la faire, des mecs comme Pharrell Williams qui arrivent à écouter des trucs variés et à recaler ça à la fin sous une grosse bannière pop.

Gwenaël : J’ai découvert que Dr Dre samplait du Charles Aznavour et j’ai trouvé ça hallucinant. Donc il faut écouter de tout et après réussir à canaliser toutes ces idées là pour garder rien que le meilleur.

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