Trunkline au 1988 club à Rennes

Trunkline : notre premier shoot à Astropolis

Benjamin, plus connu sous l’alias de Madben et Yannick  Le Léannec ont décidé d’officialiser un duo (Trunkline) fin juillet 2015. Manque de bol, Astro c’était au début du même mois et ce sera donc pour cette édition 2016 que les acolytes vont faire péter un live rien qu’avec des machines qui risque de retourner la cour de Keroual près de Brest le samedi 2 juillet.

trunkline

Rencontrés sur Meetic  (ouais l’humour est également une de leur grande qualité), Benjamin Leclercq est originaire du ch’nord. A peine la majorité à la fin des années 90 il enchaîne déjà entre les soirées dans des hangars désaffectés en Belgique et Le Fuse (où les légendaires Jeff Mills & Dave Clarke y étaient résident à l’époque). Il suit son petit bout de chemin en organisant des soirées restées mémorables pour les teufeurs lillois il y a une dizaine d’année. Il décide en 2007 de commencer la production et depuis les choses ont eu l’air de lui sourire. Normal, quand on est aussi passionné que lui, on optimise ses chances de faire les bonnes rencontres au bon moment. Et pour le coup c’est lorsque ce dernier a eu besoin d’un pro des studios pour des remix ainsi que des mastering qu’il a fait la découverte de Yann, breton d’origine (ils sont vraiment partout !)

Lui est monté assez vite en région parisienne et n’a depuis cessé son amour du son. A la fois dj, producteur et ingénieur son, il a fait ses armes grâce à l’amour qu’il voue à la musique électronique. Pour tous les deux, l’un des tremplins de leur carrière solo a été la rencontre artistique avec le padre Laurent Garnier (et le coup de pousse qui s’en est suivi). Finalement après des collabs entre 2010 et 2014 (le déménagement de Benjamin sur Paris a facilité la chose, ils vivaient plutôt mal l’amour à distance), ils décident l’année dernière de sauter le pas.

Trunkline
Yann (à gauche en premier plan) et Benjamin (derrière à droite).

Ces gars-là ne font pas les choses à moitié puisqu’en plus d’être un duo, Trunkline est également un label à part entière. Le projet s’est créé plutôt naturellement avec une envie bien particulière de différencier leur carrière solo et celle du groupe. Fini le minitel, grâce à l’internet ils ont pu récolter des fonds  via un financement participatif pour donner naissance à ce qui paraissait fou il y a encore quelques mois. Les fondus de techno ont répondu présent et cela a permis de créer l’un des tracks les plus fous qui à peine terminé avait mis le feu durant le set de Laurent Garnier au Sucre à Lyon pour sa Boiler Room en août dernier.

Moultes djs renommés ont continué de les encourager. Ils ont pu se produire en dj set partout en France et même en terres voisines. L’autonomie de leur label a permis la sortie sur vinyle de leur EP. Ils confirmeront cependant qu’il s’agit plus d’un kiff personnel et d’un outil promotionnel qu’un réel apport financier (les vinyles coûtent très cher à presser, surtout à quelques centaines d’exemplaires). Allez, un petit son chacun qui leur ont mis une bonne claque ?

Derrick May  pour Benj :

Earthquake pour Yann et notamment cette version live :

Concernant la minute Madame Irma pour les prévisions des styles qui pourraient émerger dans les années à venir, ils nous rappellent que la mode, que ce soit dans la musique ou ailleurs, est un cycle. On constate aujourd’hui le retour d’une techno assez brute, mais le mélodique présent il y a encore peu reviendra sans doute très vite. Dans tous les cas, les genres se nourrissent les uns aux autres. Peut être peut-on même miser sur un retour éventuel de la transe ?

Transe ou pas, en tout cas Trunkline nous transporte clairement. Très loin. A tel point qu’ils aimeraient nous emmener jusqu’au Japon : « la culture y est vraiment différente, les gens ont tellement de pression au boulot que quand ils sortent ils se lâchent à fond ! », confirme Benjamin.

Pour ne citer que quelques noms des dernières sorties des copains frenchies on pourra citer Voiski, Zadig, Antigone, Roman Poncet ou encore l’album de Maxime Dangles.

Pour les plus curieux qui aiment chiner sur l’outil internet, retenez de l’interview ces mots clés essentiels à leurs influences les plus classiques : Detroit, R&S Records, Dance Mania et la mythique TR 909.

La boîte à rythme, symbole de la techno.
La boîte à rythme TR 909, symbole de la techno.

Enfin quand on leur a demandé de choisir entre Crispy Bacon (le tube de Laurent Garnier) et la Danse des canards ? Ils ont su ne pas tomber dans le piège et répondre « Crispy Canard ». Chapeau les mecs !

Actuellement enfermés en studio depuis plusieurs mois ils ont investi dans des machines analogiques en prévision d’un 100% live à Astropolis. Petite surprise, ils viennent également de terminer un second EP qui sortira à la rentrée. Stay tuned, comme disent les vrais.

Plus d’infos sur le site d'Astropolis et celui du groupe.

Benoît Le Guillou

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