Francesca Blanchard

Francesca Blanchard, l’americana mystique

Attablée autour d’un thé froid, elle d’un café géant, je fais la rencontre de Francesca Blanchard, cette french-born mais américaine de cœur, établie dans le Vermont, venue nous parler de son premier album paru aujourd’hui.

Tu as cette double identité franco-américaine. J’imagine que c’est un plus pour conquérir le monde ?

J’ai déménagé à l’âge de 10 ans aux États-Unis. Aujourd’hui, j’en ai 24. Je me sens vraiment américaine et quand je veux chanter en français, c’est pour garder la française qui reste en moi. La fille que j’ai laissée quand je suis partie.

Tu chantes depuis toujours ?

J’ai une famille qui apprécie la musique et l’art. Je chante depuis que je suis toute petite parce que la maison est toujours remplie de musique et j’ai commencé à écrire des chansons sur la guitare à 14 ans. Quand elle m’attendait, ma mère m’a dit qu’elle mettait des enceintes sur son ventre et elle se mettait à écouter des compositeurs de musique classique comme Vivaldi et Mozart.

D’ailleurs, tu as des frères et sœurs ?

J’ai un petit frère adopté du Guatemala, une petite sœur d’Éthiopie et une demi-sœur qui est ma grande sœur qui habite à Aix-en-Provence.

Et ils écoutent la même chose que toi ?

Mon frère c’est plutôt Eminem. Il est vraiment dans le rap. Il me fait découvrir des beats, des morceaux plutôt intéressants. Ma sœur c’est plutôt tous les trucs pop à la radio. On écoute pas du tout la même chose.

Tu écoutes quoi alors ?

J’écoute beaucoup « Skin » le nouvel album de Flume, Lucius de l’indie pop, l’indie folk aussi de Margaret Glaspy. Sinon j’adore Lou Douillon, The Staves et Joseph, une découverte musicale. C’est trois sœurs qui font de l’indie folk aussi et c’est génial. Il faut les écouter.

Francesca Blanchard

Tu as fini tes études à la Boston University School of Theatre, une école réputée. Qu’est-ce que le théâtre t’inspire ?

J’adore faire du théâtre. J’adore entrer dans une histoire, m’exprimer à un public et partager cette expérience. Quand je suis sur scène, c’est pas Francesca qui s’exprime, c’est le personnage : c’est l’écrivain, c’est le metteur en scène. C’est pareil sur scène devant un micro et ma guitare, c’est pas moi, c’est les chansons et c’est ma voix. Mais c’est pas moi. Je joue un personnage à ce moment-là.

Tu n’exclues pas d’y revenir ?

Non j’aimerais beaucoup y revenir si une occasion se présente, mais pour l’instant c’est la musique. Je me suis dit que j’ai bien consacré quatre ans d’études pour le théâtre, maintenant je mets quatre ans dans la musique. On verra où ça me mènera.

Prochain rendez-vous aux États-Unis : devant les urnes lors des prochaines élections. Tu iras voter ?

On a Bernie Sanders qui vient du Vermont. C’est un révolutionnaire et je pense que c’est un homme honnête. Donald Trump et Bernie Sanders, c’est vraiment les deux côtés opposés des États-Unis. Je suis pas fière d’être américaine quand j’observe et même quand je dis que Trump est réellement dans la course pour devenir président. On l’a pas vu venir. C’est un peu une blague d’ailleurs sa candidature, un peu comme Kanye West qui souhaite être président en 2020. C’est triste parce que si Donald Trump y arrive, Kanye y arrivera sans difficultés.

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Deux Visions, par Francesca Blanchard, sortie le 20 mai 2016(autoproduit). En concert le 4 juin au 59 Rivoli à Paris.

L’artiste achèvera sa tournée européenne le 11 juin. Elle retourne en Amérique cet été pour jouer sur les scènes américaines. Une folk-star qui n’a qu’une semaine de vacances cet été, c’est « à l’américaine ! » Bonne route, Francesca.

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