Valentin Marlin

Marlin, le diamant brut lillois

Marlin ? Les dénicheurs de musique l’encensent. Un remix apprécié et validé par Selah Sue, un très chouette EP sorti sur Record Record : l’avenir s’annonce fructueux pour le jeune DJ lillois de 19 ans.

Marlin Panoramas
Marlin de son prénom Valentin, est revenu pour la deuxième fois au festival Panoramas.
Salut toi, t’es arrivé comment à la musique ?

Marlin : J’en fais depuis tout petit. Mon papa joue de la guitare, ma mère adore la musique. Mes parents m’ont vraiment soutenu à fond. Ils m’ont inscrit au conservatoire où j’ai fait du piano classique. J’ai aussi appris la batterie là-bas, j’ai aussi fait de la guitare avec mon père.

Comment t’as fait le pont entre la musique « classique » et la musique électronique ?

Comme toutes les personnes de notre génération j’ai eu un ordinateur et, ado, j’ai commencé à faire des trucs dessus. J’ai toujours aimé beaucoup de musiques différentes. J’avais même eu mon groupe de rock où je faisais des démos. Pour ça, je me servais d’un logiciel. J’écoutais beaucoup Ed Banger, Justice, tout ça et j’ai commencé à vouloir faire pareil et en fait je me suis rendu compte que c’était l’outil que je préférais. C’est un outil hyper moderne. Tu peux faire ce que tu veux en t’exprimant comme tu veux. Pour moi c’est le truc le plus complet, c’est comme un Iphone : il y a tout dedans. On est arrivé à un niveau d’excellence inespéré.

Si tu devais t’adresser à un public, ça serait lequel ?

Je vise pas de public spécialement. Je pense que vu que je suis jeune, ça touche plus les jeunes. Je fais parfois écouter des trucs à mon père, il me fait « ouais ça fait des sons bizarres, ça me fait mal à la tête », c’est marrant. Après par exemple, j’ai fait un remix de Selah Sue, c’est assez funky et ça je pense ça peut plaire à toute tranche d’âge. Mais ouais, je vise pas un public en particulier, au contraire ! Je voudrais que ça réunisse les gens. Que quand je fais un truc bizarre, les gens qui n’aiment pas les trucs bizarres écoutent ça et quand je fais un truc un peu plus pop, je voudrais que les gens qui écoutent que des trucs perchés et qui n’aiment pas la pop écoutent ça.

Tu veux briser les frontières ?

Carrément ! C’est exactement ça. Mais je pense que c’est un peu pareil pour tous les producteurs de mon âge. On a grandi avec Youtube, on a écouté de tout. Par exemple Mura Masa a commencé en faisant des trucs perchés, et il a fait sa notoriété grâce à internet. Maintenant il fait des trucs hyper pop mais toujours dans son style. Enfin voilà c’est ça, c’est briser les frontières.

Tu t’inspires de certains artistes?

Bien sûr ! Pour les idées techniques, t’entends des trucs tu te dis « ah ouais j’aimerais bien faire ça », sans copier ! J’ai déjà cité Kaytranada mais la liste est assez longue, j’écoute beaucoup de musique. Et l’inspiration en mode « ce qui m’inspire dans la vie », je pense que ça peut être tout. Juste vivre, tu fais des trucs, t’es dans un état d’esprit…

Comment t’en es venu à faire ton remix en live avec Selah Sue ?

C’est un remix officiel mais l’idée est venue de moi. Ça faisait longtemps que j’écoutais et je savais que j’avais un contact dans son label. J’ai demandé comme ça, pour remixer, même si je suis « petit » et ils m’ont dit « ouais vas-y essaye. » Ils ont kiffé le remix et elle aussi alors il est sur la réédition de son album. Elle a fait un concert pour la réédition, elle m’a invité à jouer le remix avec son groupe et c’était trop cool !

Travailler avec quelqu’un ça te dirait ou pas ?

Grave. Des collabs avec des chanteurs, des chanteuses et des rappeurs aussi vu que j’aime bien le hip hop. Après je vais pas te dire des trucs connus avec lesquels je pourrais pas faire des trucs, au moins pas tout de suite. Mais j’espère rencontrer des gens qui font des trucs cools. J’ai rencontré un américain sur internet, Jared Samuel, c’est un rappeur. On a fait quelques sons. Il n’y a pas longtemps, j’ai fait un remix de Rihanna et il a posé dessus en plus. J’ai fait un son avec Le Marquis, avec d’autres potos aussi. Pour l’instant j’ai plutôt fait mes trucs en solitaire. C’est assez dur en fait de faire une collab, des fois on n’est pas d’accord et tout mais ouais ça m’intéresse.

Avant que tu rejoignes Record Record, est-ce que Point Point c’était un modèle pour toi ?

Ils font des compil Filet mignon et genre la première je l’ai saignée de fou ! Il y avait Tchami, DJ Snake… et à l’époque ils n’avaient pas encore Point Point mais le projet Alésia. J’écoutais depuis un moment donc ouais ça fait plaisir de travailler et de devenir pote avec des gens que t’écoutais tu vois, c’est cool.

Tu vas toujours voir des concerts ?

Ouais, carrément ! Darius, par exemple… mais là il y a des trucs que j’ai raté. J’ai vu récemment les Birdy Nam Nam, Sam Gellaitry, Troyboi… Si je pouvais tout voir j’irais tout voir.

C’est important pour toi de ne pas t’enfermer dans ta musique et d’aller voir ce qui se fait en live ?

C’est pas important, c’est normal. J’aime bien la musique donc quand je sors, je vais voir des concerts. Si t’aimes bien les chevaux tu vas voir des courses hippiques. C’est normal.

Tu ambitionnes comment ton projet pour la suite ?

Ça m’intéresse de produire pour d’autres gens, même des trucs un peu pop et tout, ça me ferait kiffer. Les prochains sons qui arrivent sont plus pop donc ouais, sans devenir mainstream j’aimerais bien faire plus des chansons que seulement de la musique électronique.

Tu ne te considères pas mainstream ?

Avec internet il n’y a plus vraiment de mainstream. Des chaînes sur YouTube comme Majestic Casual font plein de vues et ont un son assez indépendant – évidemment il y a la radio et tout. Je veux pas rentrer dans le schéma « faire de la musique pour en vendre. » Je pense que c’est ce que les gens font de la musique qui la rend mainstream ou pas. Après bien sûr il y a des artistes, ça se sent que c’est fait pour être vendu.

Et dans 10 ans, tu te vois où ?

Aucune idée mais j’espère que je ferai de la musique. J’ai eu mon bac l’année dernière, j’ai fait un an d’anglais et là cette année je la consacre à la musique. Mais dans tous les cas, même si je travaille au supermarché, je ferai de la musique le soir. C’est sûr, c’est mon truc.

Propos recueillis par Adèle Urvoy et Anaïs Seznec

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