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Les Malheurs de Sophie, heureuse nostalgie

Que celui ou celle qui n’a pas versé au moins une larme devant Les Malheurs de Sophie sur Midi les Zouzous me jette la première télécommande. Adaptés des récits de la Comtesse de Ségur, les aventures de la petite fille la plus espiègle et attachante de notre enfance étaient très populaires à l’époque, mais semblaient être tombées dans l’oubli. Heureusement pour nous, Christophe Honoré les a remis au goût du jour.

Caroline Grand dans le rôle de la malicieuse Sophie de Réan

Sophie de Réan est ce qu’on appellerait aujourd’hui une sale gamine. Menteuse, malicieuse, un peu lâche, mais surtout pleine d’imagination (surtout lorsqu’elle est accompagnée de son cousin Paul), elle arrive toujours à trouver de nouvelles idées de bêtises et à faire tourner en bourrique sa pauvre maman. Alors qu’elle grandit dans ce foyer aimant, son enfance est violemment brisée par la disparition en mer de sa mère, et le mauvais remariage de son défunt père . Obligée de vivre sous la coupe de l’abominable marâtre Fichini, elle trouve un soutien chez ses voisins De Fleurville, et les parfaites petites Madeleine et Camille…

Rafraîchissement à Fleurville

Même si les histoires des Petites Filles Modèles ont pris un sacré coup de vieux, il est difficile de s’y replonger sans ressentir de la nostalgie et de la tendresse. Christophe Honoré l’a bien compris et a actualisé l’histoire grâce à une réalisation innovante, tout en gardant une trame et un univers très fidèle à celui de la Comtesse de Ségur. Les costumes et les décors (tous somptueux), ainsi que les différentes péripéties de notre chère Sophie sont comme nous les avions imaginé, enfants. Mais le réalisateur s’autorise quelques modernisations, comme la rupture du quatrième mur qui ajoute des passages pleins d’humour, un soupçon de dessins animés (au moins, on est sûr qu’aucun animal n’a été maltraité à cause des bêtises de notre héroïne !) et l’incontournable touche musicale qui caractérise tous ses longs-métrages. Et ça ne fait pas de mal !

malheur de sophie 2

Un casting au féminin

L’histoire de base des Malheurs de Sophie datant de la deuxième moitié XIXe siècle, il est clair qu’on aura du mal à ne pas tiquer devant certains passages très (trop) vieux jeu. Sexisme, mépris des différentes classes sociales… Les Malheurs de Sophie a ses défauts, et Christophe Honoré a su en jouer. Cherchez les hommes, vous n’en verrez pas beaucoup ! Et si ils sont présents, ils sont rapidement éclipsés par ce casting, composé de femmes de caractères et de petites filles indomptables. Caroline Grant, l’interprète de Sophie, crève littéralement l’écran. Elle maîtrise parfaitement l’art d’être insupportable tout en entrant directement dans nos coeurs. Gol­shifteh Farahani, ainsi qu’Anaïs Demoustier en Mme de Fleurville nous charment d’emblée, et donnent du relief à leurs personnages. Sous les traits de Gol­shifteh Farahani, Mme de Réan montre ses failles et sa relation compliquée avec sa fille et son mari mettent en perspective l’enfance de l’héroïne. Les interprètes des petites filles modèles, Célèste Carrale et Justine Morin arrivent à donner un ton plus humain, car moins parfait aux Camille et Madeleine qui rendraient jalouse la plus irréprochable des petites filles. Grandiloquente, révoltante, impertinente, et surtout hilarante, Muriel Robin incarne quant à elle le rôle de Mme Fichini avec un talent qui nous avait manqué. Petit bonus : ce séduisant casting est d’ailleurs bien mis en valeur lors du générique, qui fait terminer le film sur une note qui mettra tous les spectateurs de très bonne humeur.

Vous êtes donc attendus dès que possible à Fleurville (ou dans la salle obscur la plus proche) pour un retour en enfance comme on les aime.

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