Frøkedal

Frøkedal, l’artiste qui prolonge l’hiver

Frøkedal, une jeune chanteuse norvégienne sortait en début d’année son premier album. Une perle.

Frøkedal norvègeL’hiver vient à peine de s’achever que déjà le printemps promet son lot de surprises. Mais avec « Hold on Dreamer », le premier album de Frøkedal, on a bien envie de ne plus quitter la saison de la fraîcheur. Parce que son album fait déjà tout le boulot : il est gorgé de soleil.

Si son nom est plutôt évocateur, « Hold on Dreamer », le premier album solo de la chanteuse norvégienne Frøkedal relève plus d’une incitation au noctambulisme qu’à la consommation de champignons. Là-haut sur un fil tendu, la musicienne nous raconte des histoires : pas la sienne, non, celles des autres. « Surtout des histoires de personnes rencontrées », éclaire-t-elle. « Cet album, c’est bien sûr une incitation au rêve, paraphrase-t-elle. Mais ce titre a deux sens. « Hold on », ça veut aussi dire que tu dois attendre un peu. Que tu ne dois pas presser le pas. »

Celle qui jouait par le passé dans des groupes semble avoir trouvé sa voie. Toute seule. Elle se réapproprie son instrument préféré, sa voix, dans un premier album totalement maîtrisé. Et quand la pop rencontre la folk, c’est un peu une évidence. Comme la rencontre entre David et Goliath. Le premier domine avec sa qualité principale qu’est l’espièglerie tandis que le deuxième surplombe le combat par sa présence écrasante.

Lier pop et folk n’a fondamentalement rien de nouveau. Absolument pas. En revanche, ce qui interpelle, c’est le goût de Frøkedal pour la musique traditionnelle norvégienne.

hold on dreamer« Je suis fascinée par différents types de musiques traditionnelles, notamment la musique cajun en Louisiane [mélange de genres musicaux qui a notamment inspiré la musique country américaine]. La musique traditionnelle norvégienne, je l’ai découverte plus tôt. Le violon est toujours présent dans la partie instrumentale. La rythmique et la mélodie de cette musique sont vraiment différentes de ce que tu peux trouver dans la musique populaire. »

La Norvège, terre de découvertes

Il y a deux ans, on vous faisait découvrir le duo de musique féminin Elsa & Emilie lorsqu’elles sortaient leur premier album « Endless Optimism ». Elles deux aussi norvégiennes se situent à la tête d’une nouvelle génération de jeunes scandinaves qui se lancent à corps perdu à la conquête de la scène européenne. Alors qui retenir de ces musiciens norvégiens à la recherche de la reconnaissance du public ? Frøkedal à son tour nous dresse sa liste de découvertes : « Tu devrais checker le son d’André Bratten (electronica), The Megaphonic Thrift (alt.rock/pop), Todd Terje (electronica) Hanne Kolstø (pop, electronic), Kreg Viesselman (folk), Elephant9 (prog/rock/jazz), Coastal Town (folk rock) et Ost & Kjex (house) », nous dit-elle. Rien que ça.

Pendant des années, c’est un mélange d’influences qui éduquent l’artiste à la musique. De Vashti Bunyan à John Cale en passant par The Incredible String Band et The Balfa Brothers, l’écoute de la musique acoustique la mène à composer des mélodies avec le strict nécessaire : « l’habitude des musiciens en Norvège d’amener leur violon à chaque soirée m’a inspiré une musique minimale que je pourrais jouer n’importe où. »

Les dix titres de l’album laissent apparaître une qualité jusque là insoupçonnée chez la norvégienne : celle de la sorcellerie. Signée chez Propeller Recordings, la musicienne nous livre un opus avec des paroles soignées, ensemble format une harmonie des cuivres et des percussions.

Frøkedal, LP "Hold on Dreamer" sorti le 27 février chez Propeller Recordings.

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