Festival Premiers Plans : Nos coups de cœur

Le festival Premiers Plans qui a clôturé sa 26ème édition le week-end dernier, fut une bonne occasion de découvrir le jeune cinéma de demain. Le but du festival est de récompenser les premiers films, mais aussi de les faire connaître et de permettre aux spectateurs de découvrir des films plus « hors-circuit ».

La sélection films d’école programmait 22 films et nous avons eu l’occasion de voir une partie d’entre eux. Ces courts-métrages venus de toute l’Europe ont souvent enchanté leur public et nos yeux par leur intelligence et poésie.

Festival Premier plan 2016

Nous avons décidé de vous présenter nos 4 gros coups de cœur :

« Les Amours Vertes » Marine Atlan

« Les Amours Vertes » de Marine Atlan

Ce film de fin d’études nous a enchanté dès ses premiers plans. Une petite fille, Camille nous attrape au cœur et aux yeux dès les premières répliques. On se trouve projeté dans l’énergie un groupe de filles d’une dizaine d’années à peine, cherchant à retrouver le propriétaire d’un chien. La scène anodine donne pourtant bien le ton pour la suite. Les répliques sont rapides, fluides, familières, le rythme des plans est rapide, on ne sait pas trop où donner de la tête, mais après tout c’est comme ça d’être un enfant. On a le sentiment d’avoir 10 ans à nouveau et de se trouver avec elles. La réalisatrice a un regard très doux mais à aucun moment condescendant sur les jeunes filles. Elles ne sont pas là pour décorer ou nous distraire, mais pour vivre, et le spectateur a le sentiment d’être observateur de leur monde, mais avec un regard d’enfant aussi.

On dit souvent le qu’un film réaliste n’est pas forcément réel, et un film réel n’est pas forcément réaliste. Ici il s’agit de réel et réaliste, mais aussi de poésie et sincérité. La protagoniste de l’histoire est jouée par une actrice, Camille Lerebourg, qui porte le film de bout en bout. Sans jamais chercher à charmer le spectateur avec des trucs superficiels, elle nous accroche et emporte dans son monde naïf où les limites sont floues et les situations cocasses.

Les personnages qui orbitent autour de la petite fille existent autour de vous, c’est le groupe de majorettes qui peuple depuis toujours vos fêtes municipales, ce garçon que vous croisez à pied depuis toujours sur son chemin du retour, ces camarades qui vous accompagnent dans votre quotidien.

Les dialogues fins, les personnages francs et l’intrigue amoureuse très piquante nous a tant plus que nous souhaiterions le revoir, encore et encore.

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Camille Lerebourg, charismatique dans le film de Marine Atlan.
« Fernweh » Ena Sendijarevic

« Fernweh » Ena Sendijarevic

Une fois de plus un film mettant en scène une jeune fille nous accroche. Cette fois c’est au Pays-Bas que Ena Sendijarevic nous fait rencontrer une jeune fille rebelle aux grands yeux. La protagoniste, An, jouée par Shona Smitrentrer entre dans une famille d’accueil. La jeune actrice a une présence très calme mais néanmoins marquante devant la caméra. Sa façon de bouger énergique et son visage impassible, où il se passe pourtant tellement de choses, nous entraîne dans le film. L’ambiance froide du début, se réchauffe une fois que la jeune fille entre dans sa nouvelle famille d’accueil. Après le choc de la rencontre, le petit frère fait entrevoir à la jeune fille un monde plus doux par sa gentillesse et son humour. Dés le début il est évident que An ne se fera pas à ce nouveau milieu, mais le film traite avec douceur de la difficulté d’un environnement instable, surtout à un âge si jeune. Ce qui nous restera dans la tête, ce sont les grands yeux calmes de l’actrice principale. Charismatique elle nous donne envie de la suivre dans son histoire des heures encore tant sa jeune présence est pleine.

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Shona Smit nous fait entrer dans une vie ballottée qui nous retient jusqu’au bout.
« Hotaru » William Laboury

« Hotaru » William Laboury

Ce film là vient comme « Les Amours Vertes » de la Fémis. Monté à partir d’images « trouvés », le film de science fiction nous entraîne dans un monde imaginaire hypnotique qui séduit même les plus réticents au genre. D’ailleurs les amateurs de grands espaces interstellaires ne trouveront pas ici leur bonheur. Il s’agit ici plus d’amour, d’un film sur le choix, le sacrifice et la valeur d’une vie face à la connaissance. L’intrigue ? Une jeune fille envoyé dans l’espace pour l’éternité, le savoir de l’humanité dans la tête. Endormie pour toujours, elle se trouve confiné dans un espace funéraire pour lequel elle a sacrifié une vie. En faisant le choix de donner son cerveau, mais surtout son expérience personnelle à la science, la jeune femme conscience d’être en vie, est amenée par le temps à questionner ce choix.

Tout en faisant référence à des films comme 2001 : L’Odyssée de l’Espace, le réalisateur nous amène dans un monde claustrophobe aux souvenirs grandioses pratiquement impérissables. Comme dans beaucoup de films prenant place à l’échelle des galaxies, il s’agit d’un huit-clos dans un espace infini. Mais contrairement à l’habitude, ici l’espace vient de la terre, de l’esprit de Martha, et l’enfermement est corporel, c’est celui de la jeune fille.

L’univers visuel du film aussi très présent. Le réalisateur avait comme consigne de ne pas tourner lui même mais d’utiliser des images trouvées, pourtant on garde dans l’esprit des images d’un monde, le notre, vu par l’esprit confus de Martha.

Horatu est avant d’être une histoire d’amour chimérique, un film qui donne un appétit féroce de vivre et nous encourage à nous questionner sur nos choix.

« Tombés du nid » Loïc Espuche

« Tombés du nid » Loïc Espuche

Tombés du nid a gagné le prix du public et nous ne sommes pas surpris. Et pour cause à la projection les spectateurs étaient plus que réceptifs au film animé, l’hilarité générale et l’euphorie était au rendez-vous. La façon de parler familière des personnages a sans grande surprise séduit à l’instant les très nombreux lycéens qui étaient dans la salle, mais en réalité les autres générations étaient tout aussi accrochés par le film léger.

Son histoire simple nous montre deux jeunes hommes qui se rendent à une soirée. Dans le but de séduire, ils se mettent en scène avec leur portables avec de jeunes canetons croisés sur leur chemin. Bien sur les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu et les jeunes hommes se trouvent empêtrés dans une situation des plus cocasses.

Le film à l’allure détendue fut accueillie comme une bouffe d’air frais dans la sélection. L’humour franc et efficace des dialogues et de la mise en scène jouait sur un rythme parfait ; rien n’a pu refroidir le plaisir de ce visionnage, le court-métrage étant parfaitement équilibré.

Le court-métrage de 4 minutes bénéficie d’acteurs vocaux efficaces, les intonations de Théo Costa Marini et Noé Mercier vous trotterons encore dans la tête des jours durant. L’intrigue nous donne un cliché vif de notre temps, et si la forme est en dessins animés, l’histoire est celle de vous et moi. La séduction, sujet inépuisable et éternel, est le moteur des actions des jeunes hommes, maladroits et spontanés pour notre plus grand plaisir. Si il s’agit bien d’un film animé, cela n’a empêché à aucun moment les spectateurs de la salle de se prendre au jeu du film.

Fabio et Dimitri comprennent l’utilité des canards dans le processus de séduction 2.0 .

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