City Kay Trans Musicales

City Kay : « J’aime bien dire que la démocratie ça n’existe pas en musique mais en fait si »

   Ils ont joué à domicile mais l’enjeu était tout aussi grand pour City Kay. Le groupe rennais marie le reggae et l’électro avec une grande finesse. Et le résultat est épatant, le public des Trans Musicales pourra vous le confirmer ! A la veille de monter sur la scène du Parc Expo, Jay le chanteur, et Yoann le guitariste ont répondu à nos questions.

City Kay Rennes
Enjaillement total avec City Kay sur scène aux Transmusicales. Photo : Morgane Lebruman.
Efflorescence Culturelle : Comment est né le groupe ?

Jay : Je passais devant Sainte-Anne à Rennes quand j’ai vu Yoann sortir du métro. Je m’étais dis deux jours avant que je voulais me lancer dans le projet City Kay. J’avais déjà ça en tête depuis un moment donc je suis allé le voir pour lui proposer de monter un groupe de reggae.

Yoann : J’étais ok pour du reggae mais du bon reggae alors. On a lancé le projet et les premiers temps, on a plus causé et écouté du son ensemble que jouer. D’ailleurs il nous manquait un batteur à cette époque là. Donc en cherchant un batteur, on se posait dans nos salons respectifs et on écoutait de la musique.

Jay : On partageait nos goûts de manière très concrète, très appliquée. Le groupe existait déjà même si on ne jouait pas.

Et pourquoi City Kay ?

Jay : Ça vient d’une onomatopée, ça fait le rythme du reggae : CI-TY-KAY. La caractéristique du reggae c’est cette goutte qui tombe sur le troisième temps, tout s’articule autour de ça. Sinon City parce qu’on voulait donner une petite touche urbaine. Et Kay en fait on a vu après coup que ça voulait dire brume en gaélique. Donc littéralement c’est la brume de la ville ou la brume de la cité. On aime bien l’image que ça fait. Ça représente bien l’idée de l’onirique dans le bitume.

Vous avez déjà sorti 1 EP et 3 albums…

Yoann : Il y a eu un premier EP et un album qui a suivi immédiatement. Ensuite il y a un album qui est sorti après notre tournée en Afrique : « City Kay and Friends ». C’est un album avec plein de collaborations et c’est un album de voyages, il y a 15 chanteurs et chanteuses invités. Donc c’est un projet un peu annexe qui pourra peut-être se refaire à l’avenir d’ailleurs. Et « DayStar » c’est notre quatrième album du coup.

Vous travaillez à 6, ce n’est pas compliqué ? Il y a quelqu’un qui « domine » ?

Jay : C’est assez démocratique. J’aime bien dire que la démocratie ça n’existe pas en musique mais en fait si. C’est un projet que j’ai monté en contre-courant de tous les autres projets que j’avais à ce moment là. Tous les trucs qui n’allaient pas, je me suis dit j’en veux pas, genre la guerre des égos par exemple. Donc on s’est communiqué un peu cette philosophie là entre nous.

Yoann : Mais après on n’a pas tous une part égale d’investissement sur les morceaux. Chacun d’entre eux est un peu plus le bébé de quelqu’un. Le dernier album lui a été un peu le bébé de Maël qui est aux claviers. C’est lui qui a donné la couleur à l’album et ça c’est aussi grâce au fait qu’on lui ait fait confiance. On donne tous notre avis mais c’est important qu’il y ait une personne qui porte la base. Si tout le monde a son truc à dire sur tous les sujets, on ne peut pas s’en sortir.

Vous mélangez reggae et électro, deux mondes complètement différents en général dans l’esprit des gens. Comment vous faites pour allier ça ?

Jay : A la base, l’électro c’est juste un véhicule pour un son. L’électronique c’est forcément de l’électro de quelque chose, un genre préexistant quoi. Et le reggae c’est une musique mère de pas mal de musiques qu’on écoute aujourd’hui. Sans qu’on sache trop c’est une des dernières musiques traditionnelles et on pourrait presque dire que le reggae est le parent de l’électro. Faire du reggae et de l’électro c’est comme faire une réunion de famille où tu réunis le grand-père et le petit fils, donc ça va forcément ensemble.

Yoann : Et puis même au niveau du fond, de la musique. Il y a plein de similitudes musicales que tu peux retrouver dans l’électro et dans le reggae donc quand tu matches le truc de façon subtile ça marche. C’est pas du tout des styles aux antipodes.

Vous parlez souvent de partage. Comment vous le traduisez dans votre musique ?

Jay : C’est déjà le partage entre nous. On est obligés de se faire confiance parce que notre musique est entre les mains des autres aussi.

Yoann : Avec le public tu as forcément un partage, et si tu ne l’as pas c’est un mauvais concert. Et puis faire de la musique c’est forcément une invitation au partage. On ne va pas faire de la musique juste pour nous. C’est forcément pour que les gens écoutent, pour partager avec d’autres artistes.

Jay : On évite d’être trop putassiers, d’envoyer un truc, genre : « vas-y, prends ça dans ta gueule ! ». On ne veut pas imposer un truc, on veut que la musique te gagne. Et puis avec les attentats, je pense qu’il y a une petite saveur particulière à être aux Trans. Les gens ont envie de venir bouger aux concerts, comme si les terroristes avaient réussi à faire l’inverse de ce qu’ils voulaient faire en fait.

La tournée en Afrique australe a été un grand moment pour City Kay. Vous êtes partis 40 jours et 40 nuits, c’était une traversée du désert ?

Yoann : (rires) ce serait marrant de voir ça comme ça !

Jay : C’était un parcours initiatique, on n’avait encore jamais tourné ensemble de manière intense. C’était une super expérience à ce niveau là. Il y a des musiques, des textes qui ont pris tout leur sens là-bas. Ça engendre autre chose, ici on ne se rend pas compte de la chance qu’on a mais les concerts sont un peu les derniers endroits de liberté.

Vous en avez ramené quoi ? Votre façon de travailler, votre musique ont changé ?

Yoann : Évidemment ! Un truc aussi marquant ça fait changer des choses. On a produit nous-mêmes l’album qui en a découlé, c’était la première fois. On a fait tout ça dans notre petit home studio et du coup ça nous a ouverts sur plein de choses niveau production. Je pense que ça nous a aussi beaucoup servi pour l’album « DayStar » qui est sorti cette année.

Quel est le prochain but après les Trans ?

Yoann : Tout groupe du Grand Ouest, même au-delà de Rennes, a quand même pour objectif de réussir à jouer aux Trans. C’est une sorte de consécration qui ouvre sur autre chose. Le but c’est que ça ouvre justement sur des belles opportunités pour l’international je pense notamment. De pouvoir jouer en dehors de nos frontières ça nous ferait bien kiffer.

Propos recueillis par Adèle Urvoy

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