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Spotlight, l’illumination journalistique

Sorti le 27 janvier, Spotlight met la lumière sur un petit groupe de journalistes d’investigation du Boston globe qui enquêtent sur un réseau de prêtres pédophiles protégés par l’Eglise.

Lorsque Marty Baron arrive à Boston pour prendre les rênes de la rédaction du Globe, quotidien local influent et proche de ses lecteurs, il décide de s’intéresser de plus près à une série de viols commis par des prêtres sur des enfants de la ville. Pour cela, il fait appel à la section d’investigation du journal : l’équipe de Spotlight, composée de quatre journalistes.

mark ruffalo spotlight
Mark Ruffalo joue Mike Rezendes, journaliste acharné, mais très touché par les victimes qu’il rencontre.

Après The Cobbler, Tom McCarthy signe un thriller journalistique poignant qui nous plonge dans le quotidien de journalistes d’investigation comme on n’en trouve plus aujourd’hui. Et le casting n’y est pas pour rien : Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, ainsi que l’excellent Stanley Tucci, excusez du peu. Des acteur engagés, immergés dans le monde de la presse, si bien que l’on a l’impression qu’ils ont fait cela toute leur vie. C’est d’ailleurs le deuxième film de Rachel McAdams en tant que journaliste, puisqu’elle avait tourné dans State of Play (Jeux de pouvoir, 2009) aux côtés de Russel Crowe et Ben Affleck. Loin de perdre son talent, l’actrice a l’air encore plus naturelle que dans sa première expérience.

Côté bande originale, Howard Shore nous plonge un peu plus dans le récit avec une ambiance intrigante et intense à la fois. Des thèmes comme « Investigative journalism » ou encore « Practise and policy » sont à écouter et à ré-écouter en boucle à chaque fois que vous avez besoin de vous concentrer.

Autre époque, ancien journalisme

Ce qui fait rêver par dessus tout, c’est ce journalisme d’investigation pur et dur que nous livre la team Spotlight. Une pratique de plus en plus rare aujourd’hui. A l’heure où les médias courent de plus en plus après l’instantané, délaissant la réflexion, le film nous rappelle la belle époque où les journalistes pouvaient prendre le temps de faire un travail long et approfondit. L’illustration ? Lorsque Michael Keaton présente Spotlight à Marty, il affirme que « choisir un sujet prend parfois des mois, puisqu’il arrive que nous [les spotlightiens] passions plus d’une année à travailler dessus. »

michael keaton spotlight
Robbie, leader de Spotlight. Boss impartial et juste, il est déterminé à aller jusqu’au bout de l’enquête pour dénoncer le système. Une belle réussite.

Et c’est peut-être là que réside l’astuce. Loin de rester assis dans un bureau à siroter du café, les protagonistes se bougent, parcourent des centaines de documents, se prennent (presque) autant de vents en essayant de trouver des témoins, et enchaînent sprint jusqu’à la rédaction et séances d’interview pour tenter de pénétrer la barrière hermétique mise en place par l’église pour protéger ses prêtres.

De cette enquête ressortiront plus de 600 articles, et la révélation de nombreux scandales à travers le monde. De la grande école. A voir absolument.

Matthias Somm

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