Steve and seagulls

Steve’n’Seagulls : « On doit s’amuser avec la musique, c’est une sorte de respect pour elle »

  Des tracteurs dans leurs clips, des looks à la David Crockett sur scène, on n’arrête plus les cinq finlandais déjantés de Steve’n’Seagulls. Ils sont un des coups de cœur du public des Trans à qui ils ont retourné la tête avec leurs reprises blue grass de grands classiques de métal. Efflorescence Culturelle a rencontré Remmel et Pukki Kaalinen juste avant qu’ils montent sur scène.
steve'n'seagulls au festival transmusicales rennes
Le groupe Steve’n’Seagulls toujours barré sans jamais être barjo a conquis progressivement le public des Trans. Photo : Thomas Bregardis.
Efflorescence Culturelle : Dans vos clips, vous portez des tenues peu communes. Pourquoi ce genre de vêtements ?

Remmel : C’est des vêtements qu’on a trouvés dans nos armoires.

Pukki Kaalinen : C’est juste des vieux vêtements. On ne les porte plus mais on pourrait.

Pourquoi Steve’n’Seagulls ? Aucun de vous ne s’appelle Steve…

Remmel : L’amie d’un de nous est venue un jour avec une idée de nom. C’était Steve’n’Seagulls. On a trouvé ça hilarant, on l’a adopté !

Pukki Kaalinen  : On ne sait pas où elle est allée chercher ça par contre…

Comment choisissez-vous les chansons que vous reprenez ?

Remmel : Eh bien, nous écoutons tous ou presque tous du heavy métal ou du hard rock. Il y a beaucoup de heavy métal en Finlande. Certaines chansons sont celles que nous connaissons depuis notre jeunesse, d’autres que nous avons connu plus tard. On en a essayé plusieurs qui n’ont pas fonctionné. Il faut qu’il y ai quelque chose de particulier dans ces chansons : des bons riffs et des bons chœurs, des bonnes mélodies… On doit s’amuser avec la musique, c’est une sorte de respect pour la musique…

Pukki Kaalinen : Oui, parce que c’est quelque chose qu’on veut pouvoir jouer avec nos instruments, quelque chose qui pourrait fonctionner avec n’importe quel style.

C’est parfois dangereux de chanter des chansons d’un autre groupe. Vos reprises sont toujours des succès ?

Pukki Kaalinen : Non (rires) ! Ça ne l’est pas. Nous avons essayé différentes choses et parfois ça n’a pas fonctionné. Parfois nos arrangements ne se répondent pas. On a essayé des chansons de pas mal d’artistes ou groupes de différents pays malgré tout.

Remmel : Vous ne savez pas comment ça va se passer quand vous commencez à jouer une chanson, devant une foule d’heavy metal ou dans une boite de nuit par exemple. Je pense que 99% des retours sont très bons. Il y a quand même une vieille dame en Finlande qui ne nous aime pas. On le prend bien, c’est ok (rires) ! Mais les fans de heavy métal nous apprécient, nous avons un bon public dans les festivals de heavy metal.

Vous choisissez toujours des chansons de heavy metal ? Vous n’avez jamais essayé d’autres genres de musique ?

Pukki Kaalinen : Oh oui on l’a fait ! On a repris Lady Gaga, on a repris « Take On Me » de A-Ha aussi, c’est de la pop. On a repris pas mal de chansons pop finlandaises finalement.

Il y a beaucoup de groupes comme vous en Finlande ?

Remmel : Oui il y en a ! Pas vraiment comme nous par contre, ils font du blue grass mais ne font pas des covers.

Pukki Kaalinen : Il y a bien un véritable groupe de blue grass qui fait des covers aussi. Mais ce n’est pas comme nous parce qu’on ne se considère pas comme un réel groupe de blue grass.

Remmel : Nous on mixe de la musique blue grass avec de la musique rock. Je ne sais pas comment le décrire… Mais c’est un truc cool au final !

Comment avez-vous choisi vos instruments ?

Remmel : C’est des instruments que l’on pratiquait d’avance. Mais on en essaye de nouveaux aussi. Par exemple quand on a fait notre premier album, j’ai essayé d’apprendre la mandoline alors qu’initialement je jouais de la guitare et je chantais depuis longtemps mais c’est tout ! Je crois que c’est notre accordéoniste qui est celui qui est le plus touche à tout. De mon point de vue, c’est ça qui est bien. Si tu découvres un instrument original, et que tu as envie d’essayer, alors t’hésites pas ! Tu le prends, tu commences à l’apprendre et après tu vas voir les gars : « Alors, vous en pensez quoi ?! ». C’est cool !

Que faisiez-vous avant de jouer de la musique ?

Pukki Kaalinen : La dernière fois que j’ai eu un vrai job remonte à mes 20 ans. Je conduisais un tracteur.

Remmel : Moi j’ai étudié l’éducation à l’université. Puis j’ai travaillé dans un magasin de disques, dans une usine, j’ai enseigné un peu aussi. J’ai joué dans différents groupes, j’ai joué seul aussi… J’ai fait différentes choses.

Où allez-vous piocher vos inspirations ?

Remmel : je ne sais pas si on peut parler pour le groupe parce qu’on a tous des influences individuelles. J’aime tout écouter à la base. Si la musique est bonne, alors la musique est bonne !

Pukki Kaalinen : Écouter de la musique est toujours inspirant si c’est de la bonne musique. Bref, une bonne musique est une bonne musique (rires) !

Y a-t-il un leader dans le groupe ?

Remmel : Non je pense que c’est une démocratie. Mais ce n’est pas pour autant que c’est facile, c’est compliqué parfois. Nous avons nos propres opinions. Il y a parfois des petits désaccords quand on enregistre par exemple mais je pense que c’est supposé arriver ! Mais non, il n’y a pas de leader.

Vous êtes venus ici en tracteur ?

Remmel (rires) : Malheureusement non. Mais si on avait eu plus de temps, nous serions surement venus comme ça.

Propos recueillis par Adèle Urvoy

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