Les contes argentiques d’Oleg Oprisco

Artiste ukrainien de 25 ans, Oleg Oprisco est un créateur dans un monde réaliste qu’il transforme en un conte magique. Ses photographies en format carré sont parsemées de petites scènes oniriques et parfois romantiques.

Oleg OpriscoOriginaire de Lviv, petite ville de l’ouest de l’Ukraine, c’est à l’âge de 16 ans qu’il commence à travailler dans le monde de la photographie. Il développe des portraits de mariage ou encore de baptême dans un laboratoire photo. Ce petit job qui l’occupe sept jours sur sept pendant sept mois lui permet de maîtriser et de découvrir les gammes chromatiques appréciées par les clients. Il s’installe à Kiev après ses études et officie en tant qu’assistant pour une célèbre agence de pub photo. Malheureusement cet emploi ne laisse place à aucune créativité. Sa façon de concevoir les supports pelliculés change en 2009 quand il se met à produire en format film.

Inlassablement inspiré par ce qui l’entoure, il considère que les grands maîtres des siècles passés doivent être jaloux de notre époque. Nos vies sont constamment en cours de changement, se rOleg Opriscoemplissant jour après jour de petits trésors métaphysiques et matérialistes. Pour lui, le talent ne représente que 5% de l’œuvre. Le reste est conçu par le dur travail, faisant de l’oisiveté sa pire ennemie. Cet esprit de créativité engendre chez Oprisco des rêves. Ces scènes oniriques sont bien réelles. Le photographe des beaux arts ne trafique rien, tout est véridique. C’est notre besoin de magie qui donne cette impression de conte fantastique. On découvre une princesse de petit âge qui souffle des bulles de savon devant son petit palais de verre. Puis une seconde princesse grande et élancée dans sa robe brodée dOleg Oprisco‘arabesques et de feuilles métalliques semble mélancolique, rêve probablement de liberté ou écoute le doux silence. Les couples d’amants sont parfois prisonniers de leur propre amour, et créateurs d’un tableau de magnificence. Le large et volumineux drapé noir du prince brun produit un sentiment de puissance et de merveille. Ce gigantisme joue aussi un rôle récurrent dans la composition des photographies, accentuant ce sentiment enchanteur. L’artiste ukrainien accorde beaucoup d’importance à la couleur. Sa palette chromatique (si on peut se permettre d’assimiler peinture et photographie) se lie à une trame automnale et parfois hivernale. Les fleurs imposent leur dominance sur l’être humain, sublimant ainsi les beautés ukrainiennes.

Oleg OpriscoOleg Oprisco est sans cesse félicité pour sa prouesse technique, ses œuvres sont qualifiées de surréalistes puisqu’il ne fait appel à aucune retouche, ni de filtre. La magie est bien réelle. Avec seulement son vieux Kiev 6C et son Kiev 88 il reprend ses idées transcrites sur papier et prépare la scène pendant 2 ou 3 jours. Les costumes et les décors sont faits main ou chinés dans les marchés aux puces. Ainsi, les héros d’Oprisco sont propres à son imagination, rendant l’artiste maître d’un univers que nous côtoyons mais que nous ne voyons qu’à travers ses petites œuvres carrées.

www.oprisco.com

 

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