Qu’avons-nous écouté en 2015 ?

En 2015 plus que jamais, nous avons écouté de la musique. Le 13 novembre, funeste journée où le Bataclan s’est mué en théâtre sous les lumières des objectifs, nous a fait comprendre combien la musique est importante pour lutter contre l’« obscurantisme ».

L’obscurantisme, un mot repris en chœur par Fleur Pellerin, Ministre de la Culture et de la Communication, qui compte bien s’appliquer à l’évincer. En 2015, nous avons compris qu’écouter de la musique n’était pas plus un acte citoyen qu’une manière de se révolter. On s’est écouté. Et on a su qu’elle était simplement le concerto de notre âme, de notre propre peur, frustration et, quand on veut, de notre bonheur.

Comme chaque année, nous vous dressons nos orgies auditives, notre top des sorties musicales en 2015.

Imagine Dragons (Smoke + Mirrors)

ID_Smokeand mirrors_COVER_STD_v01Le second opus d’Imagine Dragons est un pari réussi qui a enchanté nos oreilles en début d’année dernière. Smoke + Mirrors est un nouveau petit bijou du groupe qui sait nous parler et nous couver dans son univers. Lors de son écoute, parfois les larmes nous viennent et d’autres fois ce sont des sourires. Smoke + Mirrors s’adresse directement à vous, c’est ce qui fait sa force à un tel point qu’il n’est plus qu’un simple album mais une partie de vous.

Empire (Original Soundtrack from Season 1)

Empire : Original Soundtrack Season 1Empire a eu l’impact d’une mini-révolution dans le monde des séries en 2015. Une des raisons de son succès réside dans une soundtrack aux résonances à la fois hip-hop et pop. La force de cette dernière résulte de l’alliance entre Timbaland et les acteurs/chanteurs de la série qui nous délivre des performances de haute qualité permettant ainsi aux chansons de prendre vie à l’intérieur tout comme à l’extérieur de la série. Entre découvertes musicales et artistes confirmés, de Jussie Smollett, Yazz à Courtney Love ou encore Mary J Blige, la pluralité musicale est au rendez-vous et ravi nos oreilles.

Kendrick Lamar (To Pimp A Butterfly)

Kendrick Lamar - To Pimp A ButterflyKendrick Lamar n’est plus à présenter. Celui qui bat le record de nominations des Grammy Awards 2016 avec 11 nominations pour To Pimp A Butterfly apparaît bien évidemment dans mon classement des meilleurs albums de l’année. Artiste engagé, son album l’est tout autant. Différentes influences du rap sont représentées dans cet album qui est un génie d’écriture. Kendrick se pose comme un activiste, défenseur des droits des Noirs, c’est alors que To Pimp A Butterfly prend tout son sens lorsqu’il allie paroles et images. Il s’agit là de bien plus qu’un album mais d’un projet qui s’inscrit définitivement dans l’Histoire.

Josef Salvat (Night Swim)

12476034_10205611802474196_1549510810_nProbablement LE coup de cœur de l’année. L’année de la consécration pour le jeune australien après sa reprise du tube de Rihanna : Diamonds. Avec des morceaux forts tels que Till I Found You, Shoot And Run ou encore l’incroyable Punchline, Josef Salvat démarre sur les chapeaux de roues avec ce premier album gouverné par la légèreté.

Rhodes (Wishes)

12477070_10205611802674201_774620884_oRhodes. Le nouvel ange de la scène pop-folk nous présentait en septembre dernier, son premier album, Wishes. Un opus troublant de maturité avec des mélodies lourdes de simplicité. Au programme: des titres saisissants d’émotion avec un bluffant duo avec Birdy, Let It All Go, un Somebody enivrant, ou encore un Loosing It aux frissons assurés. Wishes, un album touché par la grâce.

Vetusta Morla (La Deriva et 15151)

LA derivaProclamé comme le meilleur groupe indé espagnol de l’année 2015 par Los Premios de la música independiente a créé la surprise avec l’album La Deriva et sa version live 15151 comportant les titres de leurs différents albums précédents. Le voyage est effréné, légèrement sombre, perturbant et addictif. Bienheureux soit l’auditeur qui se laisse guider par la voix parfois éraillée de l’interprète Pucho. Fuego ou encore Tour de Francia sont des parfaites illustrations de cette addiction pop espagnole.

Vérité (Sentiment EP)

vérité Derrière ce nom ne se cache pas une Française mais une New-yorkaise de 25 ans. Elle a son actif que deux extended plays (EP). Son second EP Sentiment nous fait découvrir un univers pop-électro qui pourrait vous prendre par les sentiments. En dehors de ce mini-album, la jeune chanteuse livre une reprise de Sober de Childish Gambino à découvrir sans hésitation.

Asbjørn (Pseudo Visions)

12339207_10205733353508868_6735650393951052514_oEn Scandinavie, un jeune danois cherche à gagner sa place parmi les meilleurs nouveaux talents de l’année 2015. Son premier album Pseudo Visions est une sorte de confession rythmée et mélodique, celle d’un dark child épris d’une scandinavian love. C’est un savant mélange de mélancolie et de romantisme. Asbjørn est la révélation masculine pop-électro de l’Europe de l’Est.

Florence + The Machine (How Big, How Blue, How Beautiful)

florence + the machineAvec Florence Welch, le rock indé anglais féminin n’a jamais été aussi cool ! Pour How Big, How Blue, How Beautiful sorti en France à la fin du printemps 2015, la rouquine a fait appel à un certain Markus Dravs, prestidigitateur sur les dernières sorties d’Arcade Fire, Mumford & Sons et de Coldplay. Ce troisième album de Florence + The Machine signe un retour en grande pompe. L’album nous sort de nos habitudes d’écoute avec Florence : il est plus dans la retenue. Si ce n’est « Ship To Wreck » et « What Kind of Man », titres toniques, ce dernier opus nous ramène aux origines du projet avec des ballades à tire-larigot.

Tame Impala (Currents)

Currents Passés de l’ombre à la lumière en 2012 avec la sortie de Lonerism, leur deuxième album, nos australiens favoris revenaient au courant de l’été 2015 avec un troisième bébé nommé Currents, annoncé « moins rock et plus électro » par Jay Watson, un membre du groupe. Son leader, Kevin Parker, donne sa voix à un album gargantuesque tendant vers une pop symphonique. Un nouvel opus qui exploite le savoir-faire de Tame Impala. On espère les voir tourner dans des festivals français cette année… Affaire à suivre.

Les Gordon (Atlas)

Les-Gordon-AtlasEn sortant en décembre 2015 son EP Atlas, le Rennais Marc Mifune faisait l’honneur à nos oreilles de nous dépayser. Avec ses six titres, l’opus nous raconte l’histoire qu’est celle de l’univers. On accueille avec ferveur un chill out savamment mêlé à un r’n’b dithyrambique. On lâche prise. Les Gordon, c’est le petit français en plus de notre classement et il mérite bien plus que les honneurs de la rédaction. Allez, parions ! 2016 sera son année. L’année de la persévérance et du décollage.

Drake (If You’re Reading This It’s Too Late)

Comment évoquer 2015 sans parler de Drake ? Le rappeur a enchaîné les succès durant ces derniers mois, le propulsant à la tête des artistes les plus téléchargés de l’année. If You’re Reading This It’s Too Late. Cette mixtape sortie un beau jour de février prit de court la planète entière qui découvre alors 17 titres dont 4 collaborations. Les productions efficaces, tantôt sombres (10 Bands), tantôt tranquilles (Jungle) et le talent de Drake ont immédiatement propulsé l’album disque de platine, avant même que la version physique ne soit sortie…

Alina Baraz & Galimatias (Urban Flora)

Urban Flora est juste une caresse. Fermez les yeux, le vent souffle doucement et vous entendez la pluie tomber sur la surface de l’océan. Tout à coup, la voix d’ange d’Alina Baraz semble vous appeler. Vous êtes alors propulsé au fond de l’eau, dans les productions moelleuses et aquatiques du producteur danois Galimatias. Les deux artistes étaient faits pour se rencontrer et ne se quittent plus en matière de collaboration. Dans leur cas j’aime croire en quelque chose de plus qu’une simple amitié.

SiroJ (Sad Edits 2)

SiroJ a grandi à Assen aux Pays-Bas dans une famille plutôt aisée. Il commencé à prendre des leçons de piano et à étudier la musique classique dès l’âge de 7 ans. Plus tard il découvre le hip-hop et compose pour d’autres artistes. Aujourd’hui producteur, il nous propose en 2015 le deuxième opus de ses fameux Sad Edits. Le principe est simple ; Siroj sample des chanteur et rappeurs pour faire des versions orchestrales/R&B de leurs morceaux, insufflant à chaque fois une émotion rendant le tout cohérent. À écouter absolument et disponible en téléchargement gratuit !

Shlohmo (Dark Red)

Le producteur californien n’a jamais été aussi sombre et violent. Avec Dark Red, Shlohmo a réussi à étendre toujours plus son univers si particulier. Sans jamais négliger l’émotion, l’artiste n’hésite pas à utiliser des sonorités sales et abîmées. La musique obtenue est alors un paradoxe alliant le côté synthétique de ses boucles sans fin ainsi que la tristesse et la mélancolie de ses harmonies chantées par des voix lointaines et asexuées. Shlohmo construit ses tracks de manière linéaire ; la répétition s’enrichit sans jamais devenir ennuyeuse et il difficile de ne pas se laisser absorber par cette incroyable spirale.

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