#Trans2015 : l’orgasme auditif pendant deux jours

Il commence à faire froid, la nuit tombe plus vite : une atmosphère idéale pour que la nostalgie des festivals s‘installe. Pas question de se laisser abattre, c’est sans se poser de questions que plus de 60 000 amoureux de cette ambiance si propre à ces rassemblements festifs ont marqué d’une croix rouge sur leur calendrier le week-end du 2 au 6 décembre : direction les Trans Musicales à Rennes.

1622664_199275673745609_3734781669090028763_nIls étaient tous là en ce début décembre à Rennes, personne ne manquait à l’appel, certains se sont même vus refuser l’entrée. Une nouvelle fois, les Trans Musicales affichaient complet, ce qui n’étonne plus personne. L’expérience et l’extraordinaire flair de Jean-Louis Brossard ont rempli d’étoiles les yeux de milliers de curieux. Les yeux ou plutôt les oreilles…

Si certains en profitaient depuis le mercredi, beaucoup sont arrivés sur les rotules vendredi soir, la semaine de boulot dans les pattes. Que tout le monde se rassure, il n’a pas fallu grand chose pour recharger les batteries. Tout ça est dû à l’énergie folle délivrée par la vieille alto d’Organic Bananas. Le duo a servi une musique traditionnelle relevée à l’electro pour un retour vers le futur. Leur hyperactivité a raisonné dans tout le Liberté et personne n’était déçu.

Organic Bananas 2La suite, tout le monde la connaît. Chacun va et vient de hall en hall dans le Parc Expo, programme à la main à la recherche de la perle qui fera vibrer. Vendredi soir les festivaliers les ont justement ressenties ces vibrations qui chatouillent les oreilles, glissent dans les tympans pour finalement faire hérisser tous les poils jusqu’au dernier.

Parmi les belles découvertes de cette seconde soirée au Parc expo, les super papys de Grand Cannon. Ils ont envahi le Hall 8 armés de leurs bacs à ordures, leurs chaînes et leur joie de vivre communicative. Personne ne les rivalisera, ils maîtrisent à merveille l’art de taper sur une poubelle et sont la preuve vivante que la musique n’a pas d’âge.

Grand Cannon 10Dans un tout autre registre mais pas moins explosif, Vintage Trouble a invité le public dans leur univers déluré des années 70. Ces américains n’en sont pas pour autant démodés, bien au contraire ! La seule question reste de savoir si la foule a davantage aimé leur musique ou la superbe veste à carreaux du chanteur. S’ils ont été de réels coups de cœur, ils ne sont pas les seuls à nous avoir conquis. La voix pleine de tendresse de Son Little, la mélancolie de Dramls, la patate de Mawibi ou encore les platines de GME ont aussi secoué les festivaliers du Parc Expo.

Vintage Trouble 4La possible gommette rouge de la soirée pourrait être attribuée à Worakls qui promettait un super live après la première écoute. On le gardera finalement pour les dimanche après-midis dans le canapé.

Lenparrot 2Le samedi aussi il y avait du génie. Et ça commençait par Lenparrot à l’Etage. Un Etage qui était difficile d’accès tellement il y avait du monde venu écouter le nantais servir ses beats minimalistes. A la sortie, le public ne formait plus qu’une vague de mélancolie, douce et tendre. C’était trop court.

LenparrotL’heure était venue pour nous de reprendre notre balade inachevée de la veille au Parc Expo. Après un long moment de déambulation entre chaque hall, il nous était impossible de quitter la joyeuse fête animée par Steve’n’Seagulls dans un Hall 3 plein à craquer. De quoi faire encore plus transpirer les corps gesticulant anarchiquement sur les reprises des Finlandais. Des succès de groupes de métal version folk-blues, des renards sur la tête et surtout beaucoup de folie : ils ont trouvé la recette miracle. C’est donc à contrecœur qu’il a fallu les quitter pour être sûres de ne pas rater une miette du reggae-blues de City Kay. Les six rennais ont laissé plané une atmosphère psychédélique des plus appréciables dans le Hall 8 totalement sous le charme.

Une fois remises de nos émotions, le bal des découvertes a repris. On a flirté avec la techno de Vandal -très convoité ce soir là-, on a aimé Okmalumkoolkat malgré son nom imprononçable, on s’est laissées séduire par le message d’amour délivré par le voodo-rock de The Brother Moves On pour finalement être séduites par les percus psychées de Khun Narin’s Electric Phin Band. On est tout de même reparties amères de ne pas avoir vu Jacques dont on a eu que des supers échos.

12347710_199261350413708_6150006739848309094_nAux Trans on est bichonnés, on le sait déjà. Nouveauté cette année, les organisateurs ne se sont pas privés d’inviter un chef étoilé pour le plus grand plaisir des papilles de leurs festivaliers adorés. Bienveillants qu’ils sont, ils ont aussi opté pour le paiement cashless. Hyper simple d’utilisation, il te permet de sauter dans tous les sens sans avoir peur de semer tes pièces partout. Tu tends le bras et ta bière est à toi : y’a pas plus simple ! On l’avait déjà vu aux Vieilles Charrues mais cette fois-ci, c’était encore mieux : quelques jours après la fin du festival, tu étais déjà remboursé de ce que tu n’avais pas dépensé.

Au-delà de l’orgasme auditif qui nous habite tout le week-end, c’est tous ces petits plus qui font qu’on reviendra l’année prochaine. On a déjà hâte de trouver à nouveau ce mélange explosif de saveurs des quatre coins du monde sans fausse note.

Photos : Morgane Lebruman.

Adèle Urvoy

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